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EHAD-UNITE de H. Goël / extrait N° 43 : Néron : un type caïnique à son paroxysme

By 28 septembre 2021LECTURE QUOTIDIENNE

Chapitre 14

 

Néron : un type caïnique à son paroxysme

 

 

Voici quelques extraits significatifs de la « Vie de Néron » de Suetone.

Il nous a été impossible d’extraire des textes tout ce qu’ils contiennent tant l’abjection était grande.

 

 

 

Néron homosexuel – briseur d’identité (la castration de Sporus), incestueux, incarnant parfaitement avec sa mère le couple Sémiramis – Nimrod.

 

 

« Il fit castrer Sporus, un jeune esclave, qu’il voulait à tout prix transformer en femme : pour respecter le rituel du mariage, au cours d’une cérémonie brillante, un cortège lui amena le garçon, avec dot et voile orangé, et il en fit cette plaisanterie, qu’on a conservée : « Le monde se serait mieux porté, si Domitius, le père avait eu une telle épouse ». Ce Sporus, paré des ornements des impératrices, véhiculé en litière, fit le tour des assemblées et des marchés de la Grèce, puis bientôt de Rome, du côté des Sigillaires, accompagné de Néron qui le couvrait de baisers. Qu’il eût voulu s’unir à sa mère et que les ennemis de celle-ci, craignant que cette femme violente et brutale ne se prévalût en outre de ce genre de faveur, l’en eussent détourné, personne n’en douta, surtout quand il adjoignit à ses concubines une entremetteuse dont la voix publique disait qu’elle ressemblait de façon frappante à Agrippine. Autrefois même, assure-t-on, quand il se faisait transporter en litière avec sa mère, sa débauche allait jusqu’au crime.

Certains témoignages m’ont fait découvrir qu’il avait acquis la ferme conviction que « la pudeur n’existe chez aucun humain, qu’aucune partie du corps n’est pure, mais que la plupart des gens cachent leur vice sous des dehors hypocrites ». C’était la raison pour laquelle l’aveu devant lui d’un acte obscène l’inclinait à pardonner également les autres fautes. »

 

 

Néron un homme hanté psychiquement par sa mère. Néron matricide. Agrippine une mère dominatrice.

 

(XXXIV) Sa mère ne cessait de soumettre ses faits et gestes à une critique impitoyable : au début, il la trouvait simplement importune et saisissait toutes les occasions de la rendre impopulaire, feignant d’avoir l’intention d’abdiquer et de se retirer à Rhodes ; ensuite il la priva de tout honneur et de tout pouvoir et lui retira sa garde militaire et ses Germains ; il finit par la bannir de son intimité, et l’exclut même du Palais ; il ne mit dès lors plus aucun frein à ses persécutions, payant des gens pour la harceler de procès quand elle séjournait à Rome ; quand elle prenait quelques vacances, ils passaient devant chez elle, par voie de mer et de terre, l’accablant d’injures et de railleries. Mais les menaces et l’emportement d’Agrippine finirent par l’effrayer, et il résolut de la faire périr ; il avait essayé par trois fois le poison, mais quand il s’aperçut qu’elle s’était prémunie par des antidotes, il fit alors agencer dans le plafond de la chambre à coucher des caissons qui, la nuit, si l’on détendait un mécanisme, devaient s’effondrer sur elle pendant qu’elle dormait. Certains complices ayant éventé le projet, il imagina de fabriquer un navire démontable dont le naufrage ou la chute de la cabine devaient la tuer : il simula alors une réconciliation et lui adressa une lettre fort aimable l’invitant à Baïes pour célébrer avec lui la cérémonie des Quinquatries ; il donna mission aux triérarques de faire comme si un abordage accidentel avait détruit la liburnique qui l’avait transportée ; il fit durer le repas et quand elle regagna Baules, pour remplacer l’embarcation endommagée, il lui offrit celle qui avait été trafiquée, l’accompagna gaiement, et au moment de la séparation, lui baisa même le sein. Le reste du temps, il veilla dans la plus grande agitation, attendant le résultat de son entreprise. Mais quand il découvrit que tout s’était passé différemment et qu’elle s’était sauvée à la nage, il s’affola et lorsque l’affranchi d’Agrippine, Agermus, vint lui annoncer tout joyeux qu’elle était saine et sauve, il s’arrangea sans qu’on le voie, pour jeter à côté de lui un poignard, donna l’ordre de l’arrêter et de l’enchaîner comme s’il avait été engagé pour l’assassiner, et fit tuer sa mère, en faisant croire qu’elle avait voulu éviter par une mort volontaire la découverte de son crime. On ajoute des faits encore plus atroces et ces témoignages ne manquent pas de fondements…

 

 

Agrippine mère influente

 

La mémoire de son père Domitius fut célébrée avec le plus grand faste. Sa mère reçut de lui la conduite de toutes les affaires tant privées que publiques. Et le premier jour de son règne, il donna même comme mot de passe au tribun commandant la garde « la meilleure des mères », et par la suite, quand il se montrait en public, il se fit souvent transporter dans la litière d’Agrippine.

 

Néron orphelin de son père véritable, Domitius

 

« A trois ans Néron perdit son père  »

 

L’entourage féminin dominant

 

« Il fut élevé chez sa tante Lepida »…

 

 

Néron homme débauché, violent, cruel, un homme « réactif », un homme des passions.

 

« (XXVI) Il fut effronté, débauché, voluptueux, cupide, cruel, mais, dans les premiers temps au moins, de façon insensible et secrète, et on pouvait en accuser les incertitudes d’un caractère encore jeune ; pourtant dès cette époque nul ne pouvait douter que ces vices appartinssent à la nature et non à l’âge. Dès la nuit tombée, il se coiffait d’un bonnet d’affranchi ou d’une perruque, entrait dans les tavernes, errait dans les rues, toujours prêt à s’amuser, mais non sans causer de sérieux dommages, car il se plaisait à frapper les gens qui revenaient d’un dîner en ville, à les blesser et à les plonger dans les égouts, à forcer aussi la porte des cabarets et à les mettre à sac ; il avait établi à domicile une cantine où l’on dépensait la valeur du butin qu’on avait pris et qu’on vendait aux enchères. Dans des bagarres de ce genre, il manqua souvent de perdre les yeux et la vie : ainsi un laticlavaire…, le roua de coups et le laissa pour mort. Aussi par la suite ne se risqua-t-il plus jamais à pareille heure sans une escorte de tribuns qui le suivait de loin, discrètement. Pendant la journée également il se faisait mener en chaise à porteurs au théâtre et, du haut du proscaenium, il donnait le signal d’altercations entre les pantomimes, puis y assistait en spectateur. Un jour qu’on en était venu aux mains et qu’on se battait à coups de pierre et de morceaux de bancs, il en bombarda lui-même le public et blessa grièvement un préteur à la tête.

 

(XXVII) Mais peu à peu ses vices s’épanouirent, il renonça aux mauvaises farces et à la clandestinité et, toute honte bue, passa brutalement à des actes plus graves, sans plus chercher à dissimuler. Il faisait durer les festins du milieu du jour jusqu’au milieu de la nuit, allant de temps en temps réparer ses forces dans un bain chaud ou, si c’était l’été, se rafraîchir avec de la neige ; plusieurs fois on le vit prendre ses repas en public, dans la naumachie qu’on fermait pour la circonstance, ou au Champ de Mars ou dans le Grand Cirque, et le personnel de service était composé des prostituées et des joueuses de flûte de la ville entière. Chaque fois qu’il descendait à Ostie sur le Tibre, ou longeait à bord d’un navire le golfe de Baïes, on disposait le long du rivage ou des rives, des auberges, vrais bouges où des dames jouaient le rôle de tenancières, l’invitant ici et là à aborder. Il imposait aussi à ses intimes des dîners dont un, où l’on porta mitre de soie, coûta trois millions de sesterces ; un autre avec couronne de roses fut encore plus ruineux.

 

(XXVIII) Outre les moeurs d’esclave qu’il faisait partager à des gens de naissance libre, outre ses débauches avec des femmes mariées, la Vestale Rubria subit ses violences. Peu s’en fallut qu’il ne convolât en justes noces avec l’affranchie Acté, en subornant des consulaires qui se tenaient prêts à jurer qu’elle était de race royale…

 

Agrippine et son fils Néron (crayon) Dessin indisponible ici, voir le livre en format papier

 

Remarquez le rapport de taille entre les personnages. Le doigt d’Agrippine. La symbolique est claire : Sémiramis – Nimrod, ainsi que la représentation classique de la déesse-mère avec enfant dont l’humanité fut prolifique dans bien des cultures. On la retrouve dans l’Eglise de Rome (Marie et l’enfant Jésus).

NB : Dans toute la statuaire ou la peinture « chrétienne », Marie est toujours représentée soit avec un Christ adulte mais mort entre ses bras, ou avec un Christ enfant. Jamais je n’ai vu une représentation de Marie en adoration devant un Christ ressuscité, par exemple.

 

Néron un homme vaniteux, tyranique, démissionnaire

 

« Si au début de son règne il faisait chaque jour manoeuvrer sur une table de jeu des quadriges d’ivoire pour se divertir, il quittait sa retraite pour assister d’abord à toutes les courses, même les moins importantes, cela d’abord en secret, ensuite publiquement, si bien que tout le monde savait que ces jours-là il ne manquerait en aucun cas de venir. Et il ne cachait pas qu’il voulait augmenter le nombre des palmes ; aussi faisait-il prolonger fort tard le spectacle en multipliant le nombre des départs, et les maîtres des factions finirent par refuser de présenter leurs équipes si la course ne durait pas la journée entière. Bientôt il voulut tenir lui-même les rênes et se donner plus souvent en spectacle et, après avoir fait ses premières armes dans ses jardins devant ses esclaves et la lie du peuple, il s’offrit aux yeux de tous dans le Grand Cirque, laissant à quelque affranchi le soin de jeter le mouchoir de l’endroit où se tiennent ordinairement les magistrats. Non content d’avoir donné à Rome la primeur de ses talents dans ces domaines artistiques, il se rendit en Achaïe, comme nous l’avons dit, et voici la raison principale de son voyage. Les cités où se donnaient habituellement les concours artistiques avaient pour usage de lui envoyer toutes les couronnes des citharèdes. Il les recevait avec tant de plaisir que les délégations qui les apportaient, étaient non seulement reçues les premières, mais aussi priées aux banquets donnés à ses intimes. Invité par certains des délégués à chanter pendant le repas, les louanges qu’on lui décerna fort généreusement lui firent dire qu’il n’y avait que les Grecs pour savoir écouter, qu’eux seuls étaient dignes de lui et de ses études.

 

(XXIII) De fait les manifestations, qui avaient lieu à des époques très différentes, furent sur son ordre concentrées sur une seule année, certaines furent même reprises, et il introduisit, contrairement à la pratique habituelle, un concours de musique. De plus, pour ne pas risquer, quand il était ainsi occupé, d’être distrait ou retenu, répondant à son affranchi Helius qui lui rappelait que les affaires de Rome requéraient sa présence, il lui écrivit : « Bien que pour le moment tes conseils et tes voeux soient de me voir revenir au plus tôt, tu dois plutôt souhaiter et me donner pour conseil de revenir digne de Néron ». Pendant son récital, il fut interdit de sortir du théâtre même en cas de force majeure. Aussi des femmes accouchèrent, dit-on, pendant les représentations et bien des spectateurs, lassés d’écouter et d’applaudir, et trouvant les portes des villes fermées, s’esquivèrent en sautant par-dessus les remparts ou, simulant la mort, se firent emporter par les services funèbres. On peut difficilement imaginer son agitation et son angoisse lors des concours, son désir de surpasser ses concurrents, sa peur de la décision du jury. Ses concurrents, il les traitait comme s’ils étaient de la même condition sociale que lui : il avait pour habitude de les épier, de leur tendre des pièges, de les diffamer secrètement ; quand il les trouvait sur son chemin, de les accabler de malédictions et même, s’ils avaient une supériorité technique, de les corrompre. Quant aux juges, il s’adressait à eux, avant de commencer, avec la plus grande déférence, disant qu’il avait fait tout son possible, pas que l’issue était dans les mains de la Fortune : eux, en tant que personnes sages et instruites, devaient exclure le hasard » ; et quand ils l’invitaient à faire ses preuves, il se retirait plus serein, tout en gardant au coeur  une certaine  inquiétude,  car il  voyait  dans le silence  ou la réserve  de certains juges les marques de la mauvaise humeur ou de la malveillance, et disait alors qu’ils lui étaient suspects.

 

 

Poppée, l’épouse de Néron (Crayon) dessin indisponible ici, voyez le livre en format papier

 

 

 

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