was successfully added to your cart.

Comment des Israéliens ont aidé le Hamas à se réarmer. Haim Goel: la honte et les larmes refoulées sont profondes…Mais l’info, c’est l’info !

By 4 mars 2015Etz Be Tzion

Le mouvement terroriste a mis en place un système lui permettant de recevoir du materiel acheté en Israël

Une honte. Une honte pour la sécurité au plus haut niveau. Le principal pays qui a aidé le Hamas à rebâtir sa force militaire dans la bande de Gaza après l’opération « Bordure protectrice » menée par Israël l’été dernier n’est ni la Turquie, ni l’Iran, ni le Qatar, ni l’Arabie saoudite.

Des dizaines d’Israéliens ont vendus, stockés et transportés du matériel destiné à l’industrie des roquettes du Hamas, à la reconstruction de ses tunnels, et aux systèmes de communications utilisés par la branche armée de l’organisation terroriste.

Il s’agit là d’un scandale révélé par les services du Shin Bet il y a environ deux mois. L’acte d’accusation qui a été déposé lundi contre trois Israéliens et cinq Palestiniens impliqués dans cette affaire n’est que la partie émergée de l’iceberg.

Il semble qu’un réseau d’environ 100 personnes, parmi lesquelles des citoyens israéliens juifs et arabes, ainsi que des commerçants palestiniens de Gaza, ont participé, sciemment ou non, à la mécanique secrète du réarmement du Hamas dans la bande de Gaza.

L’histoire a commencé il y a environ 18 mois. Au sein de son unité secrète d’approvisionnement, la branche armée du Hamas a mis en place une division chargée d’établir des liens commerciaux en Israël afin de faciliter la libre circulation des équipements nécessaires à la reconstruction de son infrastructure militaire.

Déjà à l’époque, la direction du Hamas avait compris que la contrebande via ses tunnels deviendrait impossible en raison des opérations de l’armée égyptienne dans le Sinaï, et qu’il fallait trouver une autre méthode.

Ce besoin s’est intensifié suite aux dégâts importants causés lors de la guerre contre Israël l’été dernier

La division du Hamas chargée d’approvisionner clandestinement l’industrie de guerre du mouvement islamiste, a alors pris contact avec un groupe de commerçants qui possédaient des entreprises dans la bande de Gaza et disposaient de permis les autorisant à commercer avec Israël.

Afin de rendre le suivi de ses activités plus difficile, le Hamas a créé des sociétés écrans dans la bande de Gaza qui utilisaient les permis commerciaux accordés par le Coordonnateur des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT), un organe qui dépend du ministère israélien de la Défense.

Au total, au cours de la dernière année et demie, ce réseau a réussi à faire rentrer 55.000 tonnes de fer dans la bande de Gaza, qui sont tombées directement dans les mains de l’aile militaire du Hamas.

L’acquisition de métaux en Israël n’a été que l’une des nombreuses activités dans lesquelles cette division secrète a été impliquée. Celle-ci a également acheté du matériel électronique, des systèmes de communication, des moteurs, des fibres de verre et encore d’autres équipements.

Les creuseurs de tunnels du Hamas ont, par exemple, demandé des machines pour les aider à sortir la terre du sol. La division en charge de l’approvisionnement a ainsi utilisé ses hommes d’affaires pour obtenir les permis nécessaires et acquérir les fameuses machines. Personne n’a empêché les machines de rentrer dans la bande de Gaza, et le Hamas a ainsi pu construire des tunnels avec l’aide directe d’Israël.

Le mouvement islamiste a investi des centaines de millions de dollars dans ce projet. Il apparaît clairement que l’organisation a surpayé les équipements achetés via Israël, pour corrompre divers intermédiaires impliqués dans ce trafic.

L’aile militaire du Hamas disposait même d’entrepôts en Israël où il a stocké le matériel acheté auprès de commerçants israéliens, et où il a préparé l’acheminement de ce matériel vers la bande de Gaza, qui a transité par le point de passage de Kerem Shalom.

Le Hamas était disposé à payer 1,5 millions de shekels par mois pour le stockage de ces achats.

D’énormes sommes d’argent ont également été dépensées pour l’acquisition de générateurs et d’autres équipements prétendument civile, mais qui la population gazaouie n’a jamais vu.

Tous ces équipements sont tombés directement dans les mains des activistes du Hamas. Une partie du matériel qui est entré à Gaza par Kerem Shalom a été déchargée directement dans les avant-postes et les installations du Hamas.

Il est arrivé que les contrôleurs des frontières du ministère de la Défense saisissent une du matériel qui rentrait dans Gaza, et le COGAT a même suspendu les permis de commercer des neuf marchands de l’enclave palestinienne. Mais ce n’était, paraît-il, qu’une goutte dans l’océan.

Le Hamas a réussi à surmonter ces obstacles en changeant simplement les noms des sociétés écrans et en créant des nouvelles.

Le Shin Bet parviendra peut-être maintenant à combler le vide immense qui a permis au Hamas de faire rentrer ces dangereux équipements et matériaux dans la bande de Gaza.

Mais il reste encore des questions difficiles auxquelles il faut répondre: Qui est responsable de cet échec massif et inconcevable? Qui était censé veiller à la traçabilité de ces équipements achetés en Israël, et transportés à Gaza? Qui sont les personnes qui ont reçu l’autorisation de commercer en Israël?

Le ministère israélien de la Défense a incité certains hommes d’affaires israéliens à ne pas commercer avec certaines personnes à Gaza. S’ils savaient quelque chose, pourquoi n’ont-ils pas agi plus tôt? Pourquoi ont-ils permis à ces entreprises de continuer à opérer?

En théorie, les réponses à toutes ces questions peuvent être trouvées quelque part dans la bureaucratie du ministère de la Défense, du COGAT, de l’armée israélienne et du Shin Bet.

En pratique, il semble que tout, dans cette affaire, soit simplement passé à travers les mailles du filet.

Alex Fishman est commentateur des affaires militaires israéliennes au Yediot Aharonot​.

Cet article est publié avec l’aimable accord de Yediot Aharonot. Vous pouvez trouver sa version originale ici.

 

Leave a Reply

Translate »