Invasions des Alpes par les musulmans

PUBLIÉ PAR ABBÉ ALAIN ARBEZ LE 27 MAI 2020

Au Moyen-Age, les musulmans sont désignés par le terme de Sarrazins. Durant trois siècles, les incursions islamiques dans les régions alpines Savoie, Suisse, Italie, provoquent la dévastation : les massacres, le pillage, le rançonnage, la mise en esclavage, le contrôle des voies de circulation. Avec une prédilection de ces prédateurs féroces pour les églises, les monastères, les acquis économiques des villages, des places fortes, les trésors communautaires des lieux de culte.

Cette sombre période est peu décrite dans les médias, et pratiquement passée sous silence. Pourtant les travaux des historiens nous dévoilent à quel point, si peu de temps après la mort du prophète, les assaillants islamiques se sont lancés sans répit à l’assaut des foyers de civilisation de l’Occident chrétien, devenu le dar al harb, domaine de la guerre.

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En 711, les disciples de Mahomet, mort en 632, entrent en Espagne wisigothique et au nombre de plusieurs milliers, les Arabes conquièrent la péninsule où ils s’établissent pour longtemps. Et de là, traversant les Pyrénées, ils envahissent le Languedoc Roussillon appelé Septimanie. Ils dévastent les villes du sud, ravagent Bordeaux et Perpignan,  et emmènent en Espagne islamisée et au Maghreb un nombre considérable de femmes, d’enfants et de jeunes hommes en esclavage.

Narbonne vaincue en 720, tous ses habitants sont passés au fil de l’épée, y compris les réfugiés goths ayant fui l’Espagne en raison des exactions de l’occupant. Cette ville devient la place forte des musulmans à partir de laquelle ils vont lancer de nombreuses expéditions vers le nord, correspondant au Royaume de Burgondie. Incendiées et dépeuplées, ces régions sont ravagées autour de 730 : Mâcon, Châlon, Beaune, Autun… les Arabes s’en prennent également à l’actuelle Franche Comté et au Dauphiné.

Charles Martel, duc des Francs et maire du Palais, dirige alors la Francie, et apprenant que Abderrhaman ibn Abdallah al Ghafiqi, wali d’Al Andalous, dirige ses troupes vers Tours, la « ville sainte » de la Gaule, il organise l’armée franque pour contrer cette avancée qui vise à s’emparer de l’abbaye St Martin et de ses trésors de haute valeur culturelle, mais aussi à pénétrer plus avant en territoires francs. Les Arabes ravagent le Périgord, la Saintonge, le Poitou. Ils massacrent un nombre considérable de chrétiens, pillent et brûlent l’église de St Hilaire de Poitiers. Entre Tours et Poitiers, en 732, l’affrontement mémorable avec l’armée omeyyade a lieu, connu sous le nom de « bataille de Poitiers » (ou chez les Arabes « maarakat balat ash shuhada = bataille du pavé des martyrs »). Abderrahman, chef de guerre musulman est tué sur place.

Charles Martel (ou Karl Martell) acquiert ainsi une stature fondatrice dans le Moyen Age européen en stoppant l’avancée musulmane au cœur de la Francie. Mais il ne parvient pas à délivrer Narbonne ni à neutraliser la nuisance qui s’étend vers les Alpes à partir de cette place forte de l’islam.

Lorsque, en 792 le calife de Cordoue, Hescham, envisage de reprendre l’ensemble des territoires languedociens, c’est le petit fils de Charles, Charlemagne, qui met en œuvre la riposte avec succès pour imposer des limites à ces invasions récurrentes. Sans parvenir totalement à empêcher les hordes de pillards musulmans d’écumer durablement les villes et villages méditerranéens, faisant des dégâts considérables en vies humaines et en destructions d’édifices, églises et châteaux. (Les villages perchés et fortifiés en sont encore les traces historiques)

A partir des années 900, les Sarrazins remontent des côtes de Provence pour se diriger vers le nord par la vallée du Rhône en direction des régions alpines. Après avoir pris les villes de Toulon, Fréjus, et Grenoble, les Arabes parviennent en Savoie et dans le Piémont, ils sèment la désolation et la mort sur leur passage. En 939, la Maurienne est envahie, les Sarrazins parviennent au Grand St Bernard en Valais. Ils y installent un poste de contrôle qui va leur permettre de rançonner tous les voyageurs qui empruntent le col alpin pour aller à Rome. Les Sarrazins présents dans la région de montagne pillent Avenches et Neuchâtel, ils ravagent le monastère hospice de Bourg-St-Pierre et s’attaquent au siège épiscopal de Coire, puis à l’abbaye de St Maurice d’Agaune où ils pillent les pèlerins et s’emparent des antiques trésors liturgiques de la communauté.

Les Arabes commettent partout des massacres tout en s’emparant des biens des communautés chrétiennes. En 929, près de Suse, ils ravagent et incendient l’abbaye de la Novalaise, et décapitent 500 moines. (Au monastère de St Vincent de Vulturne, 900 moines ont été décapités par les sabres islamiques en une seule nuit, leur église livrée aux flammes) Les musulmans pillent également la prestigieuse abbaye de St Gall. On retrouve des traces de ces tragédies dans les chroniques anciennes, comme celle de Jean Rochex, moine cistercien, qui décrit les Sarrazins comme « hérétiques, cruels, barbares, idolâtres, qui, venant d’Arabie, dévastent des régions entières et font d’innombrables martyrs chez les chrétiens ».

Depuis le col alpin du Grand St Bernard, les Sarrazins contrôlent les allées et venues  des voyageurs et des pèlerins. Ils imposent des taxes et des rançons et se constituent un fructueux trésor de guerre.

L’abbé de Cluny, dénommé Mayeul, fait route en 972 en direction de Rome. C’est un personnage important, l’abbaye de Cluny étant le monastère le plus puissant et le plus rayonnant de l’époque. Les Sarrazins postés au col le font prisonnier, le prennent en otage et exigent pour le libérer une rançon de mille livres d’argent, une somme considérable. Un moine est envoyé à Cluny pour récolter le prix à payer : les clunysiens doivent alors fondre des calices d’or ancestraux, des œuvres d’art et des objets du culte de valeur pour rassembler les mille livres. Les chroniques décrivent le prisonnier Mayeul enchaîné, affamé et laissé sans soins en attendant le versement de sa rançon.

Devant ces nombreuses razzias alpines, le roi d’Italie Louis II le jeune et l’empereur germanique Otton III discutent des solutions à trouver. Mayeul de retour dans son abbaye, et apprécié pour ses qualités personnelles, sera sollicité pour devenir pape, ce qu’il refusera. C’est par la suite le pape Urbain II, lui aussi moine de Cluny comme Mayeul, qui lancera la première croisade afin de reprendre les terres chrétiennes spoliées, assurer la sécurité  et retrouver la mainmise sur les lieux saints.

En 973, le comte de Provence Guillaume 1er organise une guerre défensive de libération contre les envahisseurs sarrazins, il le fait « au nom de Mayeul ». Vers 975, l’étau musulman se desserre dans le Sud et les incursions prédatrices reculent. Toutefois, des hordes de pillards se replient vers la piraterie méditerranéenne des barbaresques, maghrébins qui se mettront par la suite au service de la Sublime Porte, après la prise de Constantinople en 1453. Leur occupation principale sera de rançonner les voyageurs et de fournir des esclaves au sultan, ainsi que des prises de guerre substantielles. Plus tard, face à ces exactions perpétrées depuis Alger et Tunis, et les accords toujours transgressés, les Français interviendront par la prise militaire d’Alger en 1830 où plusieurs dizaines de milliers de chrétiens prisonniers des bagnes islamiques seront libérés.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, pour Dreuz.info.

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