CREDI 24 JUILLET 2019

« Le port de Beyrouth est devenu le port du Hezbollah », accuse l’ambassadeur d’Israël à l’ONU

Après les accusations lancées en septembre dernier par le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, qui avait affirmé que le Hezbollah utilisait des sites proches de l’Aéroport international de Beyrouth comme « caches d’armes secrètes », c’était au tour, hier, de l’ambassadeur d’Israël à l’ONU, Danny Danon, de dénoncer des transferts d’armes de l’Iran au parti terroriste chiite libanais, via le port de Beyrouth cette fois…….Décryptage………

Lors d’une réunion du Conseil de sécurité consacrée à la situation au Moyen-Orient et à l’examen de la résolution 1701, le diplomate israélien a affirmé que le port de Beyrouth était devenu « le port du Hezbollah ».
« Le régime iranien transfère au Liban des armes via plusieurs canaux(…). Des infrastructures civiles, dont des aéroports, sont utilisées à cette fin », a déclaré M. Danon lors de son discours, avant d’exhiber une carte censée montrer les voies d’acheminement de ces armes.
Sur cette carte étaient représentés le port de Beyrouth, l’aéroport international de la capitale, le poste frontalier avec la Syrie de Masnaa, ainsi que l’aéroport international de Damas (photo ci-dessus).
« Des armes, du matériel à double usage ainsi que d’autres équipements sont acheminés au Liban de façon illégale », a-t-il martelé.
Selon le porte-parole de l’armée israélienne, Avichay Adraee, il s’agit de matériau brut utilisé par le Hezbollah pour la fabrication de missiles. Dans une déclaration diffusée sur Twitter, l’officier a précisé que l’Iran et le Hezbollah utilisent des « intermédiaires syriens qui achètent les matériaux auprès de sociétés étrangères et les transportent au Liban », a-t-il dit.
« Les entreprises syriennes sont utilisées comme couverture et dissimulent l’objectif final de l’utilisation de ces matériaux », a ajouté Adraee, soulignant qu’il s’agit d’informations nouvellement recueillies par les services de renseignements israéliens.
« En 2018 et 2019, Israël s’est rendu compte que l’Iran commençait à utiliser les canaux maritimes civils, dont le port de Beyrouth, à cette même fin (…) Le port de Beyrouth est devenu le port du Hezbollah », a poursuivi pour sa part l’ambassadeur israélien devant le Conseil de sécurité.
« Ces équipements à double usage visent à renforcer les capacités du Hezbollah », a-t-il encore affirmé.
« C’est ainsi que l’Iran réussit à transférer ces équipements, avec l’assentiment des autorités libanaises », a-t-il ajouté.

« Menace directe »

La représentante permanente du Liban à l’ONU, Amal Moudallali, a répondu aux accusations du diplomate israélien les qualifiant de « menace directe contre la paix et les infrastructures libanaises ».
Elle a accusé l’État hébreu de vouloir, avec ces déclarations, « détourner l’attention de la situation désastreuse des Palestiniens due à l’occupation israélienne ».
« Si l’État hébreu utilise ces déclarations pour préparer le terrain et la communauté internationale à une attaque des ports, aéroports et infrastructures civils libanais, comme il l’a fait en 2006, ce Conseil ne doit pas rester silencieux et doit prendre la responsabilité d’empêcher Israël de lancer une nouvelle guerre contre le Liban », a-t-elle ajouté.
« Une autre guerre est la dernière chose dont a besoin la région », a-t-elle martelé.
En septembre 2018, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, avait affirmé que le Hezbollah utilisait des sites proches de l’Aéroport international de Beyrouth comme « caches d’armes secrètes ».
Lors d’un discours devant l’Assemblée générale de l’ONU, il avait présenté une carte du sud de Beyrouth, montrant trois « sites secrets » présumés, dans lesquels le parti chiite transformerait des missiles de précision, sur ordre de l’Iran.
À la suite de ces déclarations, le ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil, avait initié une tournée avec des diplomates postés au Liban sur le site présumé, pour démentir les allégations israéliennes.
Quelques jours plus tard, le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, avait refusé de confirmer ou d’infirmer ces allégations pour ne pas « donner d’informations à l’ennemi », avait-il dit.
« Dans le cadre de notre stratégie militaire au sein de la résistance, nous avons opté pour la politique de l’ambiguïté constructive.
Nous n’avons pas voulu répondre, ni donner des informations gratuitement, afin de ne pas entrer dans le jeu de l’ennemi israélien », avait affirmé le numéro un du parti.

« Où finit Beyrouth,où commence Téhéran »

Hier, l’ambassadeur israélien aux Nations unies a également dénoncé, devant le Conseil de sécurité, le fait que « grâce aux armes et au financement de l’Iran, le Hezbollah s’est installé dans le théâtre d’opérations de la Force intérimaire des Nations unies, au Liban-Sud », en violation de la résolution 1701 des Nations unies.
« Chaque jour, le Hezbollah asseoit sa présence au Liban-Sud. Il devient de plus en plus difficile de savoir où finit Beyrouth et où commence Téhéran », a lancé M. Danon lors de son discours, déplorant que « certains ferment les yeux par choix sur la réalité du terrain », avant de s’en prendre directement à l’Iran.
« Le régime iranien met à mal la région, finance le terrorisme, entrave la liberté de navigation (dans le détroit d’Ormuz) et utilise ses alliés pour commettre des crimes dans le monde entier.
Nous avons le devoir de préserver l’ordre en affrontant les forces du chaos, le terrorisme, l’extrémisme et les idéologies qui sèment la haine », a martelé Danny Danon.
« L’objectif de l’Iran est d’exporter la révolution dans toute la région », a-t-il ajouté, soulignant par ailleurs que « l’Iran parle de ses pantins, à savoir le Hezbollah et le régime criminel du président syrien de Bachar el-Assad, comme faisant partie de l’axe de la résistance ».
Lundi, lors d’un point de presse à l’issue d’une réunion du Conseil de sécurité sur la résolution 1701, le coordinateur spécial des Nations unies au Liban, Jan Kubis, avait indiqué que l’un des sujets importants qui ont été soulevés lors de la réunion était « le maintien des armes par différents groupes armés, à leur tête le Hezbollah, une situation que plusieurs intervenants ont considérée comme inacceptable », a-t-il dit.
Il a indiqué que la question de la distanciation du Liban par rapport aux conflits régionaux a également fait l’objet de multiples échanges.

Source L’Orient le jour

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