Skip to main content

BENEDICTION DU PERE, BENEDICTION DES PERES de Haïm Goël / Extait N°3 : Ce 24 mars 2001, un cher frère plus âgé que moi et moi-même devisons dans mon salon. L’objet de sa visite est sérieux. Il est question pour lui d’un mariage. La question est épineuse car ce projet ne rencontre pas l’unanimité auprès de tous les membres de sa famille. Je sais que le frère va me parler de son projet. Qu’y a-t-il d’illégitime dans un projet de mariage ? Rien en soi. Mais j’aimerais lui parler des conditions propres à la réussite d’un mariage, du déficit identitaire qui est sans doute le sien, comme celui de millions d’êtres, du fait plus que probable d’une mère sur-présente et d’un père absent dans la formation de son identité.

Chapitre 1

Ce 24 mars…

 

Ce 24 mars 2001, un cher frère plus agé que moi et moi-même devisons dans mon salon. L’objet de sa visite est sérieux. Il est question pour lui d’un mariage. La question est épineuse car ce projet ne rencontre pas l’unanimité auprès de tous les membres de sa famille. Je sais que le frère va me parler de son projet. Qu’y a-t-il d’illégitime dans un projet de mariage ? Rien en soi. Mais j’aimerais lui parler des conditions propres à la réussite d’un mariage, du déficit identitaire qui est sans doute le sien, comme celui de millions d’êtres, du fait plus que probable d’une mère sur-présente et d’un père absent dans la formation de son identité.

J’aimerais lui parler de son besoin probablement non identifié. Car comment être un époux réellement biblique au sens d’Ephésiens 5:25, etc. (« Maris, aimez vos femmes, comme Christ a aimé l’Eglise, et s’est livré lui-même pour elle »), si l’on n’est pas dégagé de la prison d’une personnalité forgée, non pas par le père et sa bénédiction, mais par les dérives sentimentales d’une mère frustrée elle-même de père et d’époux bibliques ?

J’aimerais lui parler de ces sujets qui le concernent comme ils concernent des millions d’hommes aujourd’hui, qui nous concernent quasiment tous. Un mariage est avant tout une relation et, si nos arrière-plans, nos conceptions, en matière relationnelle, l’héritage de nos pères, n’ont pas été purifiés dans tous les domaines relationnels, le mariage qui est la relation la plus étroite qui soit deviendra invariablement un petit ou un

énorme enfer.

Notre conversation va néanmoins dériver vers d’autres questions sérieuses elles aussi, semble-t-il, puisqu’elles vont occuper quasiment tout le reste de notre soirée. Je lui fais part de ma dernière prophétie et de son inspiration très nette : des centaines, voire des milliers de chrétiens, en quittant ou en ne quittant pas leurs structures d’oeuvres ou leurs églises, rejoignent actuellement un peu partout des groupes de prière suscités par le Saint-Esprit, en France.

Parallèlement à cela, nous évoquons les terribles ébranlements actuels dans tout le Corps de Christ en France. Ecroulements de structures, pasteurs en dépression, la frustration générale ressentie par le peuple de D.ieu, le ralentissement, voire l’extinction de mouvements divers (mouvement de Toronto, etc.)… Que nous arrive-t-il ? Une lame de fond, une crise (une nouvelle crise identitaire ?) est en train de traverser l’Eglise en France. Mais pour quelle raison ? Un changement de saison spirituelle pour l’Eglise ou une nation doit-il être vécu d’une façon aussi tragique ? Car les temps sont en train de changer, quelque chose de nouveau est vraiment en train de se préparer et l’actuel mouvement de prière pour la France, intra muros et extra muros, en est sans doute le signe majeur.

J’évoque avec le frère le souvenir de toutes les visites reçues au cours des dernières semaines ici au Refuge. Elles ont un immense point commun : la détresse, la frustration, un peuple qui cherche des bergers, tout un peuple qui cherche un père, des pères, et ne les trouve pas. Beaucoup n’identifient pas non plus ce besoin véritable. Ils ne connaissent que leurs souffrances, leurs impuissances, toutes sortes de prisons religieuses, psychiques ou psychologiques.

Je ne les ai pas identifiés comme étant nécessairement des rebelles, mais ils ont été, pour la plupart, désillusionnés et souvent abusés par des maîtres qui n’étaient pas des pères. Ils n’en sont pas devenus des fils et filles obéissants. Il est à propos de citer ici Luc 1/16, 17: « Il ramènera plusieurs des fils d’Israël au Seigneur, leur D.ieu; il marchera devant D.ieu avec l’esprit et la puissance d’Elie, pour ramener les coeurs des pères vers les enfants, et les rebelles à la sagesse des justes afin de préparer au Seigneur  un peuple bien disposé ». Le peuple de D.ieu en bien des endroits en France et en Europe (ainsi qu’aux U.S.A.) est un peuple irrité, au bord du gouffre, du découragement. N’est-il pas écrit: « Et vous pères, n’irritez pas vos enfants,… », Ephésiens 6/4 ?

Au moment où je rédige ces lignes (en mai 2001, au retour des Etats-Unis où j’ai exercé le ministère pendant un mois et demi), me reviennent en écho les paroles de Jim Goll au sujet des Français : « De pauvres gens, de pauvres gens,… ». Jim est prophète et le regard d’un étranger est souvent plus clair, plus juste. Jim Goll a bien vu la situation de la France chrétienne : de pauvres gens, frustrés, humiliés. Mais que ce peuple aujourd’hui, ce petit reste d’une nation héritière de tant de malédictions (et qu’on veuille ou non les voir ne change rien à l’affaire), cherche à tâtons un sens à sa vie chrétienne, démontre qu’en bien des lieux il a compris que « sa vie chrétienne » n’a plus aucun sens, que trop de pauvreté, de violence, de méchanceté, de querelles, ont vidé en bien des points le Corps de Christ et sa vie même de tout son sens. Alors encourageons-le, ce peuple, et gageons que, comme le dit la chanson, « the times are changing ».

Or nous avons désespérément besoin de pères et ce n’est pas un hasard si ce problème se fait sentir sur toute la surface du globe et dans l’Eglise aujourd’hui, alors que le véritable ministère apostolique est sur le point d’être restauré.

Le ministère apostolique authentique est un ministère-père (et certainement pas maître). Il l’est, attention, « comme l’ombre d’un grand rocher dans une terre altérée » (Esaïe 32:2 ter). Le ministère apostolique est celui qui requiert la mort à soi-même la plus violente, la plus totale. « Comme l’ombre d’un grand rocher dans une terre altérée ». Une ombre n’est rien. Le rocher, c’est Christ, et l’ombre ne bouge qu’avec le mouvement de la lumière (la lumière étant ici un type de l’oeuvre du Saint-Esprit dirigeant le ministère et mettant en valeur le rocher qui est Christ).

L’apôtre – ombre du rocher (Christ), ce n’est rien d’autre que toute la chair de l’homme brisée, (une ombre, ce n’est rien) pour laisser toute la place au Christ, au rocher. Ainsi devrait-il en

être d’un père biblique, d’un mari biblique, d’un employeur biblique. Notons encore que dans le désert c’est souvent à l’ombre des grands rochers que pousse la verdure, la vie.

Notons aussi qu’Esaïe 32, v. 1 et 2, donne les qualités du gouvernement biblique de la terre dans le Millenium et que ces qualités correspondent à celles des cinq ministères bien compris.

Leave a Reply

Translate »