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Albert Lévy: “Eloigner la plateforme de gaz ‘Leviathan’ des côtes d’Israël!” / LPH

Catastrophe écologique annoncée : La plateforme de gaz LEVIATHAN à moins de 10 kilomètres des côtes d’Israël!

Un rappel du contexte pour commencer : nous avons depuis 2013 une plateforme de gaz active, Tamar, située environ 23 km au large d’Ashkelon. Et un certain nombre d’autres plateformes, qui seront construites dans le futur, dont trois déjà autorisées: Tanin, Karich, et enfin Léviathan, la plus grande de toutes, laquelle sera en activité pendant 40 ans environ.

Sans entrer dans des détails techniques épuisants, il y a lieu de comprendre que le gaz directement extrait du puits n’est pas consommable tel quel. Le gaz est extrait par un tuyau qui le mène à la plateforme. Sur celle-ci on sépare le gaz de deux autres éléments, d’une part une eau ayant certaines caractéristiques et d’autre part un combustible liquide, appelée condensat. Ensuite, le gaz prêt à la consommation part au moyen d’un autre tuyau vers la côte d’Israël.  Ainsi, à l’issue du processus, on se retrouve avec trois éléments : le gaz, une certaine eau et le condensat.

Le condensat a une valeur économique et il se vend aux industries pétrochimiques. Sur le plan écologique, il faut porter une très grande attention au cheminement de ce produit car s’il se déversait en mer, ce serait un véritable désastre écologique. Car le condensat est très léger, se mélange à l’eau de mer au lieu de flotter et il contient des produits dangereux et cancérigènes comme le benzène et l’arsenic. La médecine a identifié ces produits comme très toxiques pour le foie, le système nerveux central, le système digestif, le système immunitaire, les poumons et les reins.

Passons maintenant à l’eau dérivée du processus de production du gaz. Là également, il faut faire preuve de la plus grande prudence car il s’agit d’eau contenant une concentration élevée de métaux lourds, particulièrement du mercure et du plomb. Ces métaux sont reconnus comme étant particulièrement toxiques pour les poissons et pour nous. Le mercure est notamment responsable de tremblements corporels (Parkinson) et de pertes de mémoire. Quant au plomb, il est entre autres préjudiciable au fonctionnement des reins.

L’un des plus graves problèmes soulevés par la planification et l’emplacement de la plateforme de gaz Léviathan telle que prévues aujourd’hui, est que le traitement du condensat et des eaux dérivées de la production de gaz, sera fait selon des techniques anciennes et très polluantes.

Explications:

Pour ce qui concerne le condensat, un tuyau dédié le transporterait depuis la plateforme jusqu’aux côtes d’Israël et continuerait au-delà sur terre jusqu’au lieu de stockage. Ceci est extrêmement dangereux. Tout d’abord, un accident peut arriver qui endommagerait le tuyau et ainsi le condensat se déverserait en mer. Ce genre d’accident s’est déjà produit quelques fois dans l’histoire des plateformes en mer. Il y a lieu ici de rappeler que la plateforme Léviathan va fonctionner pendant 40 ans.

Est-ce quelqu’un peut nous garantir que « Tout ira bien » (l’habituel « Ihyé Besseder », en hébreu) pendant 40 ans ?

De plus, n’oublions pas que nous sommes en guerre. En conséquence, en plus de l’hypothèse raisonnable de l’accident, un attentat terroriste ou un missile sur le tuyau de condensat sont des scénarios pouvant se produire à tout moment.

Selon le plan prévu, la plateforme Léviathan doit être construite à moins de 10 kilomètres des côtes d’Israël, en face de Hof Dor exactement. Cette proximité aura en cas d’accident/attentat qui déverserait le condensat en mer les conséquences suivantes :

1) Le condensat se mélangera à l’eau de mer et en raison de la proximité quasi-immédiate des côtes, nous ne pourrons rien faire d’efficace pour freiner cette pollution.
2) Les plages seront interdites à toute baignade ou autre sport aquatique.
3) Les poissons seront empoisonnés et nous ne pourrons pas manger de poisson ayant pour origine pratiquement toute la Méditerranée orientale.
4) Le plus grave : il faut savoir que déjà aujourd’hui, 70% de l’eau que nous consommons en Israël, oui, celle que nous buvons du robinet et avec laquelle nous nous douchons, vient de la mer par l’intermédiaire des centrales de désalinisation. Et ce pourcentage ne fera que croître dans le futur.

Et le processus de désalinisation ne peut pas séparer le condensat de l’eau de mer. Les centrales de désalinisation seront donc à l’arrêt et chaque ménage en Israël se verra affecter un quota d’eau quotidien limité…

Par ailleurs, un accident de déversement du condensat peut aussi très bien se produire après l’arrivée du tuyau en Israël, sur sa partie terrestre, entre le point d’arrivée et le lieu de stockage. Un accident/attentat de ce type risque de polluer de façon irréversible les nappes aquifères souterraines, qui sont une autre de nos sources d’eau importantes. De plus ce serait un danger grave pour les habitants de la région de l’accident. Car, rappelons-le, le condensat est très léger et émet des vapeurs toxiques.

Quelle est la bonne solution au problème du condensat ? Assez simple et radicale : au lieu de ce dangereux tuyau, des tankers viendront directement à la plateforme, y chargeront le condensat et le transporteront directement vers la destination où il aura été vendu. Et la plateforme doit être située loin des côtes, pour éviter les émanations de condensat. Il se trouve que le puits Léviathan est situé à 120 km des côtes d’Israël. C’est tout simplement là que la plateforme doit être située, juste au-dessus du puits. Cette solution est déjà pratiquée dans plusieurs endroits de par le monde, et ne pose aucun problème.

Les eaux usées dérivées de la production de gaz

En ce qui concerne les eaux usées, dérivées de la production de gaz, dans la planification actuellement prévue, sans qu’il se produise le moindre accident, dans le fonctionnement normal et quotidien de la plateforme, ces eaux toxiques seront tout simplement rejetées en mer. Et il s’agit d’une quantité importante : jusqu’à 800 mètres cubes par jour. Tous les jours pendant environ 40 ans et, répétons-le, à moins de 10 kilomètres des côtes d’Israël. Rappelons aussi qu’il s’agit d’eaux très toxiques, car comportant une concentration importante de métaux lourds, mercure et plomb entre autres, qui empoisonnent les poissons et les mangeurs de poissons ainsi que tous ceux qui pratiquent un sport en mer : natation, surf, etc…

Quelle est la solution à ce problème ?

Aujourd’hui, sur les plateformes de gaz modernes, construites selon une technologie désignée par l’acronyme FPSO (Floating Production Storage and Offloading), les eaux polluantes sont renvoyées par un tuyau de la plateforme au puits d’origine, sous terre, et en conséquence ne se déversent pas du tout en mer. Ce processus s’exécute sur la plateforme qui est flottante, pas fixée au sol, simplement rattachée par des câbles adéquats, et positionnée juste au-dessus du puits de gaz, soit dans le cas de Léviathan à 120 kms des côtes d’Israël, toujours dans les eaux territoriales économiques Israéliennes. Et pas à 10 kms des côtes d’Israël comme c’est actuellement prévu.

De plus, la proximité immédiate de la plateforme avec le puits de gaz supprime la nécessité d’utiliser de l’antigel pour le transport du gaz avant traitement, utilisation obligatoire si on transporte ce gaz sur une longue distance. Et l’antigel est également préjudiciable à notre santé, car il contient de l’éthylène glycol, du méthanol, de l’isopropanol ou une combinaison de plusieurs substances.
Autre avantage supplémentaire de la technologie FPSO : du fait que la plateforme est flottante, quand elle finit sa vie après 40 ans, on la déconnecte et elle part dans un autre endroit dans le monde dans lequel elle sera utilisée. Et nous ne resterons pas ici pour toujours avec une énorme plateforme fixée au fond de mer à seulement 10 kilomètres de nos côtes.

La pollution de l’air

L’éloignement de la plateforme Léviathan comporte un avantage significatif supplémentaire : une forte diminution de la pollution de l’air provenant des émanations de la plateforme. Avant même de rentrer plus avant dans ce sujet, il faut comprendre la gravité de la pollution de l’air dans le monde en général, et en Israël en particulier :

L’O.M.S. (Organisation Mondiale de la Santé), a publié tout récemment, le 2 mai 2018, un rapport très complet montrant que la pollution de l’air tue. Et elle tue beaucoup : pas moins de 7 millions de personnes sont mortes précocement en 2017 pour avoir respiré un air pollué par des particules ultrafines. Cela représente plus de morts que le Sida (1.1 million), la tuberculose (1.4 million), le diabète (1.6 million) et les accidents de la circulation (1.3 million).

L’O. M.S. estime que la pollution de l’air est le principal facteur des maladies non contagieuses et constitue la source de 70% des décès précoces dans le monde. Chez les adultes, la pollution de l’air est à l’origine de 29% des cancers du poumon, de 25% des AVC (accidents vasculaires cérébraux), 24% des arrêts cardiaques, et 43% des cas d’insuffisance respiratoire chronique. Toujours d’après le rapport de l’O. M.S., 91% de la population dans le monde respire tous les jours un air trop chargé en particules ultrafines polluées. La recommandation de l’O.M.S. est que ces particules ne dépassent pas 10 microgrammes par mètre cube.

Qu’en est-il d’Israël ?

C’est très désolant, mais la pollution de l’air en Israël dépasse de très loin la recommandation de l’O.M.S. Le taux de pollution de l’air en Israël est l’un des plus élevés parmi les pays de l’OCDE. Seulement trois pays parmi les 35 membres de l’OCDE sont pires qu’Israël pour le taux de particules ultrafines dans l’air dangereuses pour la santé : la Pologne, le Chili et le Mexique.
Encore plus inquiétant : De tous les pays du monde, Israël est l’un de ceux dont la qualité de l’air est moins bonne. Nous sommes après le Brésil, la Grèce, le Kenya, le Paraguay, l’Uruguay, le Monténégro et la Bulgarie. Pas très flatteur… Et toutes les régions d’Israël dépassent de plus de 200% le standard recommandé. On compte environ 2200 décès précoces par an en raison de la pollution de l’air.

Il est donc bien évident que nous devons férocement lutter contre tout facteur de pollution de l’air dans notre pays.

Quel rapport cela a-t-il avec la plateforme de gaz Léviathan ?

Comme précisé plus haut, cette plateforme n’est pas encore en opération mais nous en avons une autre, Tamar, située à 23 kms à l’ouest d’Ashkelon. On peut donc précisément mesurer ce que cette plateforme émet. Et c’est la plus importante source d’émissions polluantes du pays. Par comparaison aux raffineries de pétrole Israéliennes (« BAZAN », selon le sigle hébraïque), Tamar pollue plusieurs fois plus. Et il est certain que Léviathan polluera l’air de notre pays encore plus que Tamar, et ceci pour les deux raisons suivantes :

1) Comme souligné plus haut Léviathan sera à moins de 10 kms des côtes d’Israël, contre 23 kms pour Tamar.
-2) Léviathan produira beaucoup plus de gaz : plus de 500 CBM (milliards de mètres cubes), contre 285 CBM pour Tamar.

Ajoutons ici que les vents dominants en Israël viennent de l’ouest, donc de la mer, soit des plateformes et nous amènent en conséquence leurs émissions polluantes.

Il ne fait aucun doute, d’une part en raison de la proximité prévue de Léviathan, d’autre part en raison de la quantité de gaz qui y sera produite, que cette plateforme polluera plus que Tamar, qui pollue déjà plus que toute autre usine en Israël, y compris les raffineries de pétrole.

La bonne solution, là également, est l’éloignement de la plateforme Léviathan des côtes d’Israël, en la positionnant juste au-dessus du puits, soit à 120 kms. Ainsi, la dispersion de l’air pollué par les vents réduira considérablement la quantité d’air pollué qui arriverait en Israël.

Les sujets de la planification et de l’emplacement de Léviathan sont urgents car cette plateforme a déjà été autorisée et devrait commencer à être active à partir de fin 2019 environ. Il n’est pas trop tard pour changer la mauvaise décision qui a été prise, et il faut mieux tard que jamais. Mais plus tard la décision sera modifiée plus importante sera l’éventuelle indemnité à payer aux opérateurs de la plateforme an raison de la modification des plans. Cela vaudra la peine de payer une indemnité d’une part car la santé n’a pas de prix et d’autre part, comme cette indemnité sera amortie sur les 40 ans de vie de la plateforme, ce sera raisonnable. Mais toutes choses égales par ailleurs, l’indemnité sera plus faible si la bonne décision est prise plus tôt.

Pour finir, il y a lieu d’adresser deux questions qui sont souvent posées :

1) Si la date de mise en activité de Léviathan est retardée en raison du changement des plans, cela ne risque-t-il pas de mettre en danger l’indépendance énergétique d’Israël ?
Réponse :Non, car aujourd’hui, Tamar fournit déjà 95% des besoins d’Israël en gaz. Karich et Tanin commenceront à produire à partir de 2021 et amèneront une réserve supplémentaire de 15%.

2) Comment une décision aussi mauvaise a-t’-elle pu être prise pour Léviathan ?
Réponse : Entre nous, est-ce si surprenant que des fonctionnaires aient recommandé à nos politiques une si mauvaise décision ? Comme chacun sait, ce genre de choses arrive. Dans le cas de Léviathan, il s’avère que ceux qui poussé à la mauvaise décision prise ont eu des doutes injustifiés quant à la capacité de la technologie FPSO à traiter l’importante quantité de gaz prévue. Comme l’a prouvé l’expérience de nombreux autres sites dans le monde, cette crainte n’est pas fondée. Il y a eu aussi des doutes exprimés en matière de sécurité alors que précisément la solution FPSO qui comporte une plateforme flottante est au contraire plus sûre.

Il semble plus généralement qu’une technologie nouvelle ait un peu effrayé les fonctionnaires concernés car ils la connaissaient moins.

Aujourd’hui tous savent qu’une plateforme flottante basée sur la technologie FPSO est sans aucun doute la meilleure solution. C’est un fait que c’est la solution qui a été adoptée pour les plateformes Karich et Tanin, comme sur 98% des plateformes mises en service depuis 2010.
Il nous reste à faire changer la décision concernant Léviathan.

Pour finir de manière juive : Dans la Bible et dans d’autres sources juives, le Léviathan est un monstre marin à plusieurs têtes, et évoque des animaux révoltés contre le Créateur, que Celui-ci détruit.

Ne défions pas la colère divine : éloignons Léviathan de la Terre Sainte !

Albert Lévy

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