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Arik, tu nous manques..

6     Sharon est mort mais Sharon c’était la vie, c’était un souffle indéfinissable comme l’est le souffle profond de toute âme, étincelle de vie plantée par Hashem. Mais chez toi le souffle venait de loin, Arik. Sharon, c’était le souffle indéfinissable exceptionnel qui demande le grand recul pour être saisi tel qu’en lui-même. Sharon, c’est comme les bibliothèques qu’il faut lire complètement avant de savoir. L’homme était riche, multiple. On l’a dit courageux, il l’était comme un lion, son courage était immense et pour nous Israéliens de longue durée ou jeunes immigrants il incarnait tout ce qu’il fallait de résolution à notre pays pour survivre et aller de l’avant face à tant de haines séculaires. Arik, c’était Samson!

On l’a dit cruel et responsable de Sabra et Chatila. D’irréductibles et inqualifiables journaleux et quenellistes d’Europe répandent encore ce mensonge, cette nausée. Jeunes immigrants en 2000, nous l’avons rencontré à Maalé-Efraim dans les territoires, là où nous avions choisi de faire notre Alyah. Service de sécurité minimal, l’homme en tenue simple, questions et réponses calmement énoncés sans couteau sanglant entre les dents parmi le  petit public présent au Matnas. Sharon n’avait pas le regard d’un tueur, d’un guerrier fou. Son regard était calme et doux, oui, doux comme l’est celui des gens de la terre et qui aiment la terre, ses odeurs, ses longs et riches silences. Il était de ces paysans  qui veulent défendre à tout prix leur terre. Notre jeune Isaac lui proposa sa petite main de gosse à serrer, le sourire d’Arik était bon. J’ai aimé cet homme et j’ai aimé Arik le Lion. Combien notre siècle manque de lions. Combien il regorge de chacals.

Non, Sharon n’était pas cruel, mais les idiots inutiles et autres salonnards (salopards) des studios moisis de l’Europe glauque, engoncés dans l’irréalité douillette de la perte de contact avec toute réalité autre que virtuelle à force d’être vide et vague, ignorent (décor mental idéal pour le retour des pires cauchemars, suivez mon regard) ce qu’est le B A BA  du « qu’est-ce et comment vivre? » au Moyen-Orient face à des mentalités moyenâgeuses animistes et islamiques savamment entretenues dans la haine crapuleuse  par un Mufti nazillon jusqu’à un Abou Mazen négationniste, en passant par un Arafat au faciès digne d’un Muppet-Show sorti de l’enfer.

La seule manière d’y survivre? Etre fort, très fort. Et le montrer aussi. Le mental musulman, du musulman lamda (pas tous), de l’homme de la rue, ou plutôt  de l’homme des sables et de l’errance, survivant au coeur d’un « éternel » maelstrom de rapines et meurtres, ne permet pas de cadeaux humanistes. Pas avant longtemps. Et c’est tellement vrai qu’il ne se trouve pas un seul Arabe israélien ayant goûté de « l’infâme brouet de la vie juive israélienne tant honnie », qui ne souhaite farouchement continuer d’en profiter tout en excluant définitivement et tout aussi farouchement de devenir « palestinien », un jour ou l’autre.

Celui qui vit ici, lorsqu’il y arrive, ne tarde pas à la comprendre, la réalité du « qu’est-ce que et comment vivre ici ? ». 

La saga Sharon, ce fut cela, oser ce que personne n’ose, vaincre là où personne ne semble y croire, MONTRER sa force, son courage pour s’imposer dans l’arène d’une lutte mortelle. Sharon, c’était Samson ! Combien l’énigme du doux dans le fort te convenait, Arik, et je songe à toi en relisant le chapitre 14 du livre des Juges. Spécialement le verset 14. Ce verset 14, c’était toi, Arik !

La foi qui est la mienne m’interdit la haine et le parti pris. Mais exprimer le vrai contre vents et marées est aussi en accord avec ma foi. Arik, je ne sais comment tu comparaîtras devant le Maître du monde auquel nous devons tous des comptes et cela ne me regarde pas. Le souffle mystérieux que te prêta un jour Hashem pour descendre dans cette ferme que tenait ton père en 1928 , il t’appartient seul d’en rendre compte. En ce qui nous concerne, le souffle si fort, si vivant de ta mémoire nous habite pour toujours car ici nous savons vivre en frères.

Arik, nous avons mal de toi. Tu nous manques déjà,… tant. Et pudeur ou pas, qu’importe, nous pleurons à l’intérieur au souvenir de ton sourire,… doux. Il paraît que tu as choisi d’être enterré près de Lilly sur ta terre et donc tu ne  reposeras pas parmi nos grands, non loin de chez moi au cimetière du Mont Herzl. Je ne vais jamais, je l’avoue à Herzl. J’irai sur ta tombe à la recherche de ton mystérieux et doux sourire. Tu as vécu comme un lion et en mourant tu viens de semer en silence, sois-en assuré, une semence  dans le coeur de bien des jeunes  Israéliens qui auront besoin d’être des lions dès demain car la lutte n’est pas terminée.

Shalom Arik !

Haïm Goël

 

 

 

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