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Bénédiction du Père, bénédiction des pères de H. Goël / Extrait N° 13 :   Cette section du livre a pour but de nous conduire à une réflexion. Elle ne prétend pas faire tout le tour des questions soulevées. Il n’y a donc ici aucune valeur absolue (seule la Bible a cette valeur) ou opinion définitive. Il y a simplement ouverture d’une piste de réflexion (à l’exclusion de l’exercice de réflexion proposé à la fin de ce chapitre).

Postface

Cette section du livre a pour but de nous conduire à une réflexion. Elle ne prétend pas faire tout le tour des questions soulevées. Il n’y a donc ici aucune valeur absolue (seule la Bible a cette valeur) ou opinion définitive. Il y a simplement ouverture d’une piste de réflexion (à l’exclusion de l’exercice de réflexion proposé à la fin de ce chapitre).

 

Prêchant le message de la bénédiction des pères aux Etats-Unis, j’ai réalisé chez la plupart des auditeurs un grand intérêt mêlé d’inquiétude, voire d’angoisse. Souvent mes frères et soeurs américains m’ont de manière flagrante donné l’impression qu’intuitivement (et plus), ils ressentent là un énorme besoin. Dans le même temps, je me suis rendu compte que l’onction qui accompagne généralement cette bénédiction ne descendait que peu, voire rarement.

Dans d’autres cas, une compréhension seulement intellectuelle du sujet met en place des attitudes et des stratégies qui se veulent justes et même bibliques. Mais ces mises en pratique se sont révélées le plus souvent charnelles, confuses. Il y a là un problème. Où est le problème ? Une certaine superficialité, l’orgueil, autre chose?

J’ai remarqué que, quelquefois et même souvent, cette bénédiction se mettait en place, développait toute sa puissance, bien plus facilement dans la vie de jeunes chrétiens, voire de païens sur le chemin de la conversion.

Qu’en est-il alors des autres, chrétiens de longue date le plus souvent, qui identifient très bien pourtant leur besoin d’un père terrestre plus réel et d’une paternité spirituelle, d’une relation plus authentique au Père céleste et semblent pourtant incapables de recevoir cette bénédiction ? De quoi sont-ils prisonniers, qu’est-ce qui les en empêche ? Un système et une pensée religieuse aux effets subtils mais de plus en plus flagrants à mes yeux. Le nom de « chrétiens » qu’ils portent véhicule en soi déjà un élément de réponse. « Chrétien » vient de « Christ », comme « messianique » vient de « Messie ». Un chrétien ou un messianique est donc en principe un disciple de Jésus-Christ mais il peut être aussi ( et en fait trop souvent) le membre d’une église et d’un univers dit chrétien ou messianique avec tous ses travers subtils. Et cela c’est un autre type d’appartenance… Que l’on se rassure immédiatement, il ne s’agit nullement pour moi de remettre en question l’oeuvre de la croix, le salut, la sanctification et le discipulat en Jésus-Christ, bien au contraire ! Voici les choses bien posées de ce point de vue.

Peu ou prou, pour toutes sortes de raisons historiques et par toutes sortes de réseaux d’influence, les chrétiens évangéliques (au sens dénominationnel large) américains, sont un peu nos grands frères et nous leur ressemblons finalement beaucoup plus en profondeur que nous ne nous différencions d’eux. Ce qui leur arrive doit nous interpeller car c’est un peu ce que nous vivons, même si cela leur arrive en plus fort, donc en plus repérable.

Pour essayer de comprendre la raison pour laquelle beaucoup de chrétiens ont certaines difficultés à vivre profondément et réellement cette bénédiction des pères, il faut les observer. Il me semble qu’en bien des lieux du christianisme américain par exemple, la personne qui est le plus nommée est : Jésus. Il ne doit probablement pas exister un seul Américain qui n’ait entendu parler de Jésus-Christ, et s’il en existe un, il représente l’exception qui confirme la règle. Mais la question à se poser courageusement est la suivante: de quel Jésus s’agit-il ?

Au-delà, dans bien des endroits et dans bien des domaines,
le monde de la culture, de la politique, etc., américain, est encore imprégné aujourd’hui de valeurs chrétiennes qui rattachent ne serait-ce que culturellement cet univers à la deuxième personne de la divinité : Jésus-Christ. L’Amérique a donc construit, au cours des générations passées, une relation à la divinité (tout à fait spirituelle en certains endroits et en certains temps, notons-le) mais aussi et surtout un concept religieux qui tourne presque exclusivement autour de Jésus, autour du Fils. Il en est à peu près de même en Europe dans les milieux évangéliques au sens large.

L’Eglise américaine est très souvent, religieusement parlant, une Eglise du Fils. La culture américaine, par capillarité, est une culture, (au moins symboliquement), du Fils mais aussi une culture de fils et filles sans pères. C’est aussi une culture de la démission des pères (nous vivons aussi en Europe une terrible démission des pères apparue spécialement dans la deuxième partie du vingtième siècle) Est-il besoin de souligner ici à nouveau le jeunisme de la société américaine tout entière ? Je ne me permettrai pas bien sûr un point de vue péjoratif ou critique, car j’ai pu apprécier les qualités de ce caractère « jeune », typiquement américain, dont nous, Européens, aurions à tirer certaines leçons d’humilité, en quelque occasion. Il n’en est pas moins vrai cependant que nos amis américains reconnaissent eux-mêmes les travers de cette mentalité jeune, voire adolescente. L’Eglise américaine, d’une manière générale, me semble-t-il, a connu dans son histoire, et connaît encore , le Fils. Le Saint-Esprit, quant à Lui, a été répandu en bien des milieux aujourd’hui, aux Etats-Unis. Nous connaissons tous cela.

Mais il y a gros à parier que bien d’authentiques dimensions de l’Esprit ne sont pas réellement accessibles, compréhensibles, du fait d’un manque. Je dirai même que ce manque a ouvert la porte à des contrefaçons en matière de manifestations de l’Esprit (sans Père, de l’Esprit au psychique, le pas est vite franchi). Ce manque, c’est donc celui du Père. En cela, nous chrétiens évangéliques, ne sommes pas très éloignés des catholiques chez qui pour beaucoup un « D.ieu Mère », Marie, (c’est-à-dire une certaine conception « babylonienne » de Marie, en fait, l’esprit hérité d’Eve en Genèse 4 v1 lorsqu’Eve s’écrie : « J’ai acquis un fils de par l’Eternel » au mépris de l’ordre divin : D.ieu, l’homme et la femme, en ce qui concerne le don d’identité) a allègrement au cours des siècles remplacé un D.ieu Père. (Mentalité catholique et disons-le tout de suite babylonienne dont nous sommes issus pour beaucoup en Europe et ailleurs dans le monde. J’y viendrai plus tard).

Laissez-moi vous poser une question. Sans que le Père le veuille et sans que le Saint-Esprit n’intervienne, un seul parmi vous aurait-il pu connaître Jésus ? Et je parle d’une connaissance en profondeur qui doit intervenir à la période de la conversion, qui laissera une marque profonde, ce qui n’a rien à voir avec beaucoup de conversions actuelles qui ne sont en réalité que des adhésions.

Plus tard, dans le développement d’une nature équilibrée de croyant sauvé, pouvons-nous imaginer connaître le Fils sans connaître le Père et l’Esprit ? Ou pourrions-nous imaginer connaître l’Esprit sans connaître le Père et le Fils, ou le Père sans connaître le Fils et l’Esprit ?

Spontanément, nous répondrons tous ici que non, cela n’est pas possible.* Nous réagirons intellectuellement de la sorte car on nous a appris qu’il y a un Père, un Fils et un Esprit. Et cependant, combien de chrétiens disent connaître le Fils ? Mais l’ont-ils vraiment connu alors qu’ils persévèrent dans certains cas délibérément dans une méconnaissance volontaire du Saint-Esprit? Jésus a toujours conçu et vécu son ministère en harmonie avec le Père et le Saint-Esprit. Les exemples bibliques abondent.

Beaucoup avoueront avec franchise avoir fait une expérience évidente avec Jésus mais n’avoir qu’une idée vague voire inexistante du Père. Ils vous diront avec perplexité qu’ils ne savent pas en réalité comment avoir une relation avec le Père. Cependant, Jésus lui-même nous a enseigné à adresser la prière au Père en Son nom. Jésus nous a laissé aussi une prière de grande

*Nous laissons volontiers ce genre d’erreurs aux Juifs et aux musulmans qui nient l’existence du Fils (pas celle de Jésus, mais de Jésus en tant que Fils). Mais de quoi s’agit-il pour nous qui avouons ne pas avoir de relations avec le Père ou le Saint-Esprit ?

envergure spirituelle souvent ignorée aujourd’hui. Est-ce un hasard ? Le « Notre Père ». Cette prière s’apparente d’une manière très surprenante au fameux « Kaddish » qui est encore récité aujourd’hui dans toutes les synagogues du monde. Ce « Notre Père » à la signification d’ailleurs bien incomprise par beaucoup de chrétiens mérite un commentaire approfondi que vous trouverez en fin d’ouvrage.

Quotidiennement, Jésus questionnait le Père. Ses prières et Ses enseignements parmi les plus profonds font référence au Père. De multiples signes dans la vie de Jésus indiquent clairement qu’Il est venu du Père et qu’Il est entièrement relié au Père.

La Bar Mitzva représente entre autres pour un adolescent juif l’entrée dans le monde des adultes par lecture publique d’un passage de la Torah, donc passer du monde des enfants à celui des hommes, des pères potentiels. C’est du moins le rituel pratiqué aujourd’hui dans les synagogues. A l’époque de sa Bar Mitzva accomplie à Jérusalem, ne l’oublions pas, Jésus aura des paroles hautement significatives à cette occasion (Luc 2:49 « Ne saviez-vous pas qu’il faut que je m’occupe des affaires de mon Père ? »).

Juste avant d’entamer Son ministère de trois ans, Jésus vint au Jourdain pour se faire baptiser par Johanan hamatbil (Jean le Baptiste). Une voix se fit entendre du ciel et déclara : « Tu es mon Fils bien-aimé, en toi j’ai mis mon affection » Marc 1:11. En Matthieu 3:16 et 17, nous lisons : « Dès que Jésus eut été baptisé, il sortit de l’eau. Et voici, les cieux s’ouvrirent, et il vit l’Esprit de D.ieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et une voix fit entendre des cieux ces paroles : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection. ».

            « Celui-ci est mon Fils bien-aimé ». A qui appartient cette voix sinon au Père qui identifie Son propre Fils aux yeux de tout Israël, via de nombreux témoins ? Il s’agit bien de la voix du Père qui établit le Fils dans Son identité et qui relâche ainsi Sa destinée de Messie.

Lorsqu’Il fut crucifié, Jésus adressa toutes ses prières au Père (Luc 23:34 « Père, pardonne- leur, car ils ne savent ce qu’ils font. »). Au moment d’expirer, Jésus s’écria d’une voix forte :

 

« Père, je remets mon Esprit entre tes mains » (Luc 23:46). Nous pourrions encore évoquer la prière de Jésus à Gethsémané (Luc 22:42).

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