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Bénédiction du Père, bénédiction des pères / Extrait N° 5 : Miskolc, une ville en Hongrie, non loin de la frontière ukrainienne. Mes amis Fekete de Budapest, responsables d’une mission hollandaise, m’ont piloté jusqu’à cet endroit. Nous visitons nombre de jeunes et nouvelles églises qui ont comme jailli de nulle part après la chute du régime communiste. Nous nous réunissons dans un vaste local qui appartenait au parti communiste jusque-là. La réunion draine un public nombreux. Plusieurs sont présents pour la première ou la deuxième fois. Le culte est de type charismatique, la soif de Dieu et l’enthousiasme sont grands et une onction puissante est répandue. Il n’y aura pas de message prêché ce jour-là, bien qu’ils m’aient invité pour cela, car à travers des paroles de connaissance, des malades sont discernés et, après prière, sont guéris. La joie est à son comble, car Dieu intervient à travers toutes sortes de manifestations glorieuses et miraculeuses. Les trois jeunes anciens responsables de l’assemblée vont eux aussi de gauche et de droite prier pour les uns et les autres. L’œuvre du Saint-Esprit est évidente partout. Nous avons eu plusieurs réunions semblables à celle-ci ailleurs en Hongrie. La Hongrie a soif, la Hongrie est ouverte pour l’œuvre du Saint-Esprit.

By 18 juillet 2021LECTURE QUOTIDIENNE
Chapitre 3

 

 

 

Miskolc

 

Miskolc, une ville en Hongrie, non loin de la frontière ukrainienne. Mes amis Fekete de Budapest, responsables d’une mission hollandaise, m’ont piloté jusqu’à cet endroit.

Nous visitons nombre de jeunes et nouvelles églises qui ont comme jailli de nulle part après la chute du régime communiste. Nous nous réunissons dans un vaste local qui appartenait au parti communiste jusque-là. La réunion draine un public nombreux. Plusieurs sont présents pour la première ou la deuxième fois. Le culte est de type charismatique, la soif de Dieu et l’enthousiasme sont grands et une onction puissante est répandue. Il n’y aura pas de message prêché ce jour-là, bien qu’ils m’aient invité pour cela, car à travers des paroles de connaissance, des malades sont discernés et, après prière, sont guéris. La joie est à son comble, car Dieu intervient à travers toutes sortes de manifestations glorieuses et miraculeuses. Les trois jeunes anciens responsables de l’assemblée vont eux aussi de gauche et de droite prier pour les uns et les autres. L’œuvre du Saint-Esprit est évidente partout. Nous avons eu plusieurs réunions semblables à celle-ci ailleurs en Hongrie. La Hongrie a soif, la Hongrie est ouverte pour l’œuvre du Saint-Esprit.

Si mes souvenirs sont exacts, plusieurs demanderont ce soir-là à Miskolc le Seigneur comme Sauveur. Mais alors que l’onction et la présence de Dieu vont croissant, cinq ou six des personnes qui sont venues là sans doute pour la première fois sont précipitées au sol, en proie aux puissances démoniaques qui les habitent. Je suis surpris encore aujourd’hui de la rapidité avec laquelle elles furent délivrées.

Beaucoup imaginent que l’autorité du serviteur de Dieu qui chasse les démons est l’élément majeur après le nom de Jésus pour obtenir un prompt résultat. À observer les gens de Miskolc en proie à des influences démoniaques, j’ai aujourd’hui la confirmation que l’élément prépondérant est l’état du cœur de ceux qui veulent être délivrés. Ces gens-là avaient soif de Jésus, une soif authentique, formidable. Leur délivrance survint en quelques courts instants, de manière tranchée, nette, avec un fruit lumineux.

À partir de ces délivrances, la soirée va prendre néanmoins une tournure très spéciale. Cela va représenter pour moi un rendez-vous divin, la découverte d’une nouvelle stratégie spirituelle et la rencontre avec quelque chose d’éminemment prophétique, dont la Bible fait écho en Malachie, chapitre 4, verset 5 et 6 :

« Voici, Je vous enverrai Elie, le prophète, avant que le jour de l’Eternel arrive, ce jour grand et redoutable. Il ramènera le cœur de pères à leurs enfants, et le cœur d’enfants à leurs pères, de peur que Je ne vienne frapper le pays d’interdit. »

Le personnage clé de ce moment très particulier s’appelle Élisabeth[1]. Lorsque je suis entré dans la salle, j’ai eu immédiatement le regard attiré vers cette jeune fille de vingt et un, vingt-deux ans. On pouvait à peine voir ses yeux dont les paupières étaient plissées, refermées. La peau de son visage avait un aspect étrange, boursouflé, de couleur jaunâtre, avec l’aspect du cuir. Il s’agissait d’une perception autant spirituelle que matérielle en ce qui concerne cette impression de cuir pour le visage.

Tout le comportement d’Élisabeth était étrange, et son regard était attaché à ma personne de façon étonnante. Je savais que des puissances démoniaques me guettaient avec crainte à travers ses yeux. Mais j’allais découvrir bientôt qu’Élisabeth aussi guettait quelque chose de primordial pour toute sa personne. Élisabeth, comme le dira un des pasteurs plus tard, « c’est le cas de l’assemblée ».

Élisabeth mène une vie particulièrement déréglée, dans le monde, et vient pourtant sans cesse aux réunions de l’assemblée. Plusieurs serviteurs de Dieu ont déjà prié pour elle, mais en vain. Comme toujours dans ces cas-là, il y a de la perplexité chez les enfants de Dieu autour de tels cas, car au fond nul n’a pu saisir le vrai besoin qui est bien plus important que sa délivrance et qui est cependant la clé pour une totale délivrance de la jeune fille.

Élisabeth fait partie du nombre de ces personnes qui se sont retrouvées au sol, agitées et tourmentées par des puissances démoniaques. Elle est rapidement délivrée, mais je ressens un malaise. Élisabeth est revenue à elle-même. Elle est en pleine possession de ses moyens et debout. Mais, alors que je m’apprête à quitter le local de la réunion, celle-ci s’étant prolongée bien au-delà de l’heure habituelle, la jeune fille se retrouve de nouveau au sol, habitée par les mêmes puissances démoniaques.

Qu’est-ce que cela signifie ? Ayant pris autorité sur ces démons, et leur ayant commandé le silence et le calme, j’aide cette jeune fille à se redresser. Que faire ? C’est alors que je ressens tout l’amour, toute la compassion d’un père pour son enfant descendre en moi d’une façon bouleversante. Élisabeth pourrait être ma fille. Et elle devient comme ma propre fille à cet instant. (Il me faut vous expliquer que ma femme et moi avons quatre fils et que mon rêve de père d’avoir un jour une fille n’a jamais été réalisé. Nous avons perdu notre cinquième enfant alors qu’il avait deux mois de gestation. Était-ce une fille ? Dieu a permis cette absence de fille, en creusant ainsi une place immense, un coffre au trésor dans mon cœur de père pour de nombreuses filles dont j’allais devenir père par la suite, aux quatre coins de la planète. Élisabeth de Miskolc allait devenir la première de celles-ci.)

Très lentement, mes bras et mes mains s’élèvent vers les épaules d’Élisabeth et, guidé par le Saint-Esprit, je lui pose cette question : « Élisabeth, qu’en est-il de ton père ? » L’expression éberluée devient indescriptible et dans un souffle, elle lâche : « Je n’ai pas de père. »

Par respect, je lui demande si elle accepte que je pose sur sa vie une bénédiction de père, ce qu’elle ne refuse pas. Le Saint-Esprit me fait alors comprendre pourquoi elle me regardait si longuement, dès mon entrée, avant la réunion. « Élisabeth, au nom de Jésus-Christ, je suis heureux de te bénir comme un père bénirait sa propre fille. Au nom de Jésus-Christ, je t’établis dans ton identité. J’ouvre les portes de ta destinée et je relâche sur toi tout mon héritage de père, comme je le ferais pour chacun de mes quatre fils. »

Un silence solennel mais néanmoins étonnamment paisible s’est installé autour d’Élisabeth qui nous regarde, ma femme et moi, complètement éberluée. Il n’y a pas de mots pour décrire la teneur et l’intensité de moments comme ceux-là. L’émotion est grande autour de nous. Car tous ont été témoins de la lente et constante descente d’Élisabeth vers la fange, jusque-là, et de ses terribles appels au secours qui occupaient son âme quelques instants auparavant encore.

Car, si Élisabeth avait été délivrée une première fois et s’était retrouvée quelques instants après livrée aux puissances démoniaques, c’est qu’elle avait rappelé ces puissances en elle. Et si Élisabeth avait rappelé ces puissances démoniaques, c’est bien parce que son âme était habitée d’un vide intolérable dont elle n’identifiait pourtant pas la cause : l’absence de père. Tout plutôt que ce vide atroce au fond de son âme, tout[2] !

« Que m’importe qui s’occupe de moi, voire même des démons, pourvu que l’on s’occupe de moi ! » Tel était le cri semi-inconscient que poussait son cœur, son âme. Tel est aussi le cri de centaines de milliers, voire de millions d’enfants, d’adolescents et d’adultes sur la surface de la terre. « Tout plutôt que ce vide atroce. » « Que m’importe qui s’occupe de moi, et même des démons, pourvu que l’on s’occupe de moi. »

Pères, où étiez-vous quand l’âme de vos enfants gémissait après vos mains pour les caresses et les bénédictions, guettant vos bouches, vos lèvres étrangement silencieuses ? Ces enfants conçus de vos corps, mais non conçus par vos cœurs et vos esprits. Père, où étiez-vous, au spectacle de tous ces corps déambulant dans les foules, ces âmes vides d’identité, veuves de destin ? Pères, où êtes-vous quand vos fils et vos filles poursuivent inlassablement, sans même plus sans rendre compte, le fantôme de votre présence dans les night-clubs de la drogue ou du sexe, quand vos fils et vos filles devenus adultes poursuivent les fantômes de votre absence dans les arcanes d’une dépression nerveuse ou aux portes de la folie et du crime ?

Nous avons quitté Élisabeth, ma femme et moi, avec une infinie douceur et une tendresse plus authentique que démonstrative. L’air était si doux ce soir-là à Miskolc…

Six mois plus tard… Nous sommes de retour à Miskolc, mon épouse et moi, pour y prêcher à nouveau. L’église a grandi et une fébrilité joyeuse nous accueille dans le même bâtiment où nous étions invités à prêcher un an auparavant (sans avoir eu d’ailleurs l’occasion d’y parler. Rappelez-vous).

Il y a des sourires partout autour de nous et une certaine complicité joyeuse qui nous concerne. Nous ne comprenons pas et nous nous asseyons au premier rang, là où l’on nous invite, en attendant le début du culte. Je remarque alors une jeune fille qui vient à notre rencontre de l’autre bout de la salle. Elle a l’air d’avoir vingt-deux, vingt-trois ans. Elle est grande, avec une belle allure. Il émane d’elle une réelle harmonie. La jeune fille est habillée avec une sobre mais réelle distinction. Une énergie contenue émane de toute sa démarche. « Ah ! Pensais-je, voilà la fille que j’aurais aimé avoir si Dieu me l’avait prêtée. Quelle classe ! Elle semble tellement bien dans sa peau, assurée. Et l’on devine une belle âme. Son visage rayonne de paix. »

« L’apparition » s’approche de nous et, avec une correction et une distinction toute slave décline en anglais : « Brother Haïm[3], do you recognize me ? » (« Frère Haïm, est-ce que vous me reconnaissez ? ») « Non, lui répondis-je, désolé. » Et les larmes de venir dans ses yeux : « Mais je suis votre fille, Élisabeth ! » Les trois pasteurs dans notre environnement rient gentiment, l’air de dire : « Eh oui ! » Ma stupéfaction est immense : « Élisabeth » me suis-je écrié !

Élisabeth était méconnaissable. Il y avait un gouffre, ou plutôt une passerelle de l’amour de Dieu qui s’était créée entre la jeune fille qui était une épave il y a quelques mois et la jeune fille distinguée que nous avions en face de nous. Toute la personnalité d’Élisabeth avait été transformée d’une façon telle qu’elle en était totalement méconnaissable.

Quel bouleversement ! Quelle superbe jeune fille saine et distinguée nous avions devant nous ! On aurait cru qu’elle sortait tout droit des meilleurs salons de la haute société de Budapest au siècle dernier, l’humilité en plus. Ajoutons bien sûr qu’Élisabeth était devenue une chrétienne authentique.

Nous avons discuté de cette transformation à ce point radicale avec Élisabeth et les pasteurs. Elle m’a ensuite confié ceci : « Le jour où vous avez prononcé ces paroles sur moi en me regardant droit dans les yeux, j’ai d’abord ressenti qu’elles étaient authentiques dans votre cœur. Vous étiez vraiment devenu un papa pour moi, et ensuite, quand vous avez prié, une puissance m’a traversée de la tête aux pieds, déposant en moi une paix qui a atteint les zones les plus profondes de mon être. À partir de ce jour, je n’ai plus fait la moindre bêtise. Et voilà…! »

Et voilà…! Seigneur, que Ta puissance est directe et sans détour, que la puissance de Ton amour et de Ta sagesse est hors limite !

Les pasteurs de Miskolc ont attesté que, depuis le jour où cette bénédiction paternelle a été posée sur Élisabeth, son comportement a changé radicalement.

Peu après, on m’a présenté, dans l’église du pasteur réformé Lajos Racz, toujours en Hongrie, une jeune femme fréquentant l’église mais ayant une vie complètement dissolue : night-clubs et prostitution, si j’ai bon souvenir. J’ai posé à cette jeune femme la même question que celle posée à Élisabeth concernant son père, j’ai obtenu la même réponse et posé la même bénédiction paternelle sur sa vie. J’ai vu, comme jamais auparavant sans doute, quelqu’un verser des torrents de larmes. Soulagement, réconfort, mais aussi repentance…

Des témoignages comme ceux-ci, je pourrais vous en aligner des dizaines et des dizaines aujourd’hui, et bien plus. J’en ai sélectionné trois ou quatre autres pour leur force. Les voici.

[1] Le nom véritable de la jeune fille a été volontairement escamoté de ce récit.

[2] Ce cri-là n’est pas rare ! Quelques personnes m’ont confessé avoir un jour fait appel au diable, écrasées par la solitude ou une détresse insupportable.

[3] Amis et intimes m’appellent Haïm. Spécialement en Israël. Note : L’H de Haïm est souligné. C’est une convention pour en indiquer la prononciation. Il s’agit de la représentation de la lettre  – en hébreu. Ce qui correspond d’un point de vue phonétique au CH aspiré en allemand.

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