Bolton : Israël devrait agir maintenant pour sa sécurité avant les élections US

L’ex-conseiller a expliqué à une radio d’Israël que Trump est occupé par sa population, tandis que Kushner s’inquiète de l’annexion unilatérale par Israël

John Bolton, conseiller américain à la sécurité nationale, dévoile la stratégie de l'administration Trump pour l'Afrique à la Heritage Foundation à Washington, le 13 décembre 2018. (Cliff Owen/AP)

John Bolton, conseiller américain à la sécurité nationale, dévoile la stratégie de l’administration Trump pour l’Afrique à la Heritage Foundation à Washington, le 13 décembre 2018. (Cliff Owen/AP)

L’ancien conseiller américain pour la sécurité nationale, John Bolton, a déclaré lundi que toute personne concernée par le Moyen-Orient devrait s’inquiéter de voir le président américain Donald Trump remporter un second mandat, ajoutant que les prochains mois sont le moment idéal pour Israël d’agir dans son propre intérêt en matière de sécurité nationale.

M. Bolton a déclaré à la radio de l’armée israélienne qu’il pensait que la décision de M. Trump de se retirer de l’accord nucléaire historique en 2018 avait été prise pour ses électeurs, c’est pourquoi Israël devrait s’inquiéter de ce qui pourrait se passer lors d’un éventuel second mandat lorsqu’il ne cherchera plus à se faire réélire.

« [Trump] est beaucoup plus motivé par la politique intérieure américaine, c’est pourquoi s’il s’avère qu’il est réélu en novembre, nous ne savons pas ce qu’il va faire une fois libéré des contraintes électorales », a déclaré M. Bolton. « C’est pourquoi toute personne qui s’inquiète de ce qui se passe au Moyen-Orient devrait s’inquiéter de ce qui se passera lors d’un second mandat ».

Lorsqu’on lui a demandé si la réélection potentielle de Trump serait une bénédiction pour Israël ou mettrait le pays en danger, M. Bolton a répondu qu’il ne pensait pas que Trump ou le challenger démocrate Joe Biden seraient bons pour Israël.

Sur cette photo de dossier prise le 9 avril 2018, le président américain Donald Trump (à gauche) serre la main de John Bolton, conseiller à la sécurité nationale, lors d’une réunion avec de hauts responsables militaires à la Maison Blanche. (AFP Photo/Nicholas Kamm)

« Je pense que les prochains mois sont un moment optimal pour Israël pour agir dans ses propres intérêts de sécurité nationale », a déclaré M. Bolton, notant également qu’il pensait qu’il n’y avait « aucune chance » que M. Trump ne s’occupe d’autre chose que des élections américaines avant novembre.

Bolton a également été interrogé sur une série d’explosions inexpliquées sur des sites sensibles en Iran, et pour lesquelles certains ont spéculé qu’elles pourraient faire partie d’une campagne de sabotage organisée par Israël ou un autre ennemi de Téhéran.

« Je ne prétends pas avoir de connaissances particulières sur la façon dont ces différents événements se sont produits. Ils semblent clairement viser les programmes nucléaires et de missiles balistiques iraniens », a déclaré M. Bolton. « Je pense que, quel que soit le responsable, il a mon soutien total. Peut-être que ce sont des dissidents à l’intérieur de l’Iran, peut-être avec un soutien extérieur, peut-être une combinaison des deux. »

Cependant, l’ancien conseiller a mis en garde contre le fait d’être sûr que l’explosion du 2 juillet à l’installation nucléaire de Natanz avait fait reculer le programme de 1,5 ou 2 ans, comme certains l’ont suggéré.

« Les dégâts que nous pouvons voir en surface sur le bâtiment qui était une installation de fabrication de leurs centrifugeuses les plus sophistiquées semblent être considérables. Mais nous ne savons pas ce qui se passe dans les halls de centrifugeuses en sous-sol, donc je ne serais pas complètement optimiste. Mais cela montre aux ayatollahs que quelqu’un peut se rendre même dans leurs endroits les plus sensibles », a-t-il déclaré.

L’Organisation de l’énergie atomique d’Iran montre un bâtiment endommagé par un incendie à l’usine d’enrichissement d’uranium de Natanz, à 322 kilomètres au sud de Téhéran, le 2 juillet 2020. (Organisation de l’Energie atomique d’Iran via l’AP)

Des reportages de la télévision israélienne, sans citer de sources, ont déclaré que l’explosion avait détruit le laboratoire dans lequel l’Iran a développé des centrifugeuses plus rapides et a fait reculer le programme nucléaire iranien d’un ou deux ans. Un responsable non nommé des services de renseignement du Moyen-Orient a déclaré au New York Times qu’Israël était derrière l’explosion.

L’explosion et l’incendie n’ont cependant pas touché les salles souterraines des centrifugeuses où tournent encore des milliers de centrifugeuses à gaz de première génération, enrichissant l’uranium jusqu’à 4,5 % de pureté.

Les États-Unis ont abandonné l’accord nucléaire iranien en 2018, imposant des sanctions à l’Iran et provoquant une augmentation constante des tensions entre les deux pays. L’accord de 2015 promettait à l’Iran un allègement des sanctions en échange d’une limitation de ses activités atomiques.

Depuis le retrait de Trump de l’accord nucléaire, l’Iran a dépassé toutes les limites de production prévues par l’accord.

Bolton a été forcé de quitter son poste de conseiller par Trump en septembre dernier, et a publié à la fin du mois dernier un livre révélateur sur son séjour à la Maison Blanche intitulé « The Room Where It Happened ».

L’administration de Trump avait cherché à stopper la publication du livre de Bolton, mais un juge américain a refusé de bloquer sa sortie, disant qu’il était trop tard pour une injonction.

Le conseiller principal et gendre du président américain Donald Trump, Jared Kushner, (à droite), rencontre le Premier ministre Benjamin Netanyahu au Cabinet du Premier ministre à Jérusalem, le 22 juin 2018. (Crédit : Matty Stern / Ambassade des États-Unis à Jérusalem / Flash90)

Le livre de Bolton a révélé que Trump a donné le feu vert à Netanyahu pour attaquer l’Iran, et que Netanyahu avait des réserves sur le beau-fils de Trump, Jared Kushner, en tant qu’architecte du plan de paix de la Maison Blanche.

Bolton a également affirmé dans le livre que Netanyahu a essayé à plusieurs reprises de parler avec Trump pour l’implorer de ne pas rencontrer le ministre des Affaires étrangères iranien en marge de la réunion du G7 de 2019 en France, mais Kushner a bloqué les appels – un geste que Bolton a déclaré ne pas approuver.

« Je pense que cela montre le danger que représente le fait d’avoir quelqu’un au pouvoir qui ne fait pas partie d’une organisation régulière. C’est toujours un danger lorsque des membres de la famille occupent un poste élevé », a déclaré M. Bolton mardi, en référence à M. Kushner. « Je pense que Netanyahu aurait dû pouvoir être entendu ».

Mardi, M. Bolton a également discuté des efforts de Netanyahu pour annexer unilatéralement les implantations en Cisjordanie et dans la vallée du Jourdain, soit quelque 30 % du territoire, qui se sont apparemment enlisées dans des querelles internes et en l’absence de feu vert de Washington.

« Je pense qu’il y a manifestement un désaccord. Jared essaie toujours de maintenir son plan de paix et s’inquiète d’une action unilatérale ou de la reconnaissance par les Américains d’une action unilatérale », a déclaré M. Bolton. « Personnellement, j’irais de l’avant et je le ferais mais je ne suis plus en mesure de donner ce conseil ».

M. Bolton a conclu l’interview en attaquant M. Trump pour avoir ignoré les avertissements au début de l’année concernant la pandémie à venir, et pour ne pas avoir de stratégie efficace pour faire face à l’épidémie alors que les cas augmentent et que l’économie américaine vacille.

« Je pense que cela remonte à janvier, février – il ne voulait pas écouter les avertissements qu’on lui donnait sur les dangers potentiels du virus, tant de temps a été perdu », a déclaré M. Bolton. « Je ne pense pas qu’il ait encore aujourd’hui une stratégie globale face à la pandémie et je pense que comme il devient clair que nous avons des résurgences dans différents États et que l’économie commence à bégayer, il ne sait tout simplement pas quoi faire ».

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Le parlement égyptien approuve une possible intervention en Libye

La Chambre a approuvé l’envoi « d’éléments de l’armée égyptienne dans des missions de combat hors des frontières de l’Etat égyptien, pour défendre la sécurité nationale égyptienne »

Des combattants fidèles au gouvernement libyen d'accord national (GNA) reconnu par l'ONU sécurisent la zone d'Abou Qurain, à mi-chemin entre la capitale Tripoli et la deuxième ville libyenne Benghazi, contre les forces fidèles à Khalifa Haftar, basé dans l'est de Benghazi, le 20 juillet 2020. (Mahmud TURKIE / AFP)

Des combattants fidèles au gouvernement libyen d’accord national (GNA) reconnu par l’ONU sécurisent la zone d’Abou Qurain, à mi-chemin entre la capitale Tripoli et la deuxième ville libyenne Benghazi, contre les forces fidèles à Khalifa Haftar, basé dans l’est de Benghazi, le 20 juillet 2020. (Mahmud TURKIE / AFP)

Les députés égyptiens ont approuvé lundi une possible intervention armée en Libye si les forces du gouvernement de Tripoli, soutenues par la Turquie, continuent leur avancée vers l’est du pays, a indiqué le Parlement.

La Chambre a approuvé à l’unanimité l’envoi « d’éléments de l’armée égyptienne dans des missions de combat hors des frontières de l’Etat égyptien, pour défendre la sécurité nationale égyptienne », selon un communiqué du Parlement.

Si le Parlement ne cite pas directement la « Libye », les débats eux portaient bien sur ce pays voisin, les députés ayant discuté des « menaces auxquelles fait face l’Etat » à l’Ouest, où l’Egypte partage une frontière poreuse en plein désert avec la Libye en guerre.

Le vote, qui s’est tenu à huis-clos, intervient au lendemain d’une rencontre entre le président égyptien, Abdel Fattah Al-Sissi, avec le Conseil de la défense nationale qui comprend le président du Parlement, le ministre de la Défense, le ministre des Affaires étrangères et des commandants de l’armée.

« L’Egypte ne ménagera aucun effort pour soutenir la Libye », ont-ils convenu durant cette réunion, appelant à un « engagement en faveur d’un règlement politique » en Libye, selon la présidence égyptienne.

La Libye, qui dispose des réserves de pétrole les plus abondantes d’Afrique, est déchirée par une lutte d’influence entre deux pouvoirs rivaux : le Gouvernement d’union nationale (GNA), reconnu par l’ONU et basé à Tripoli, et le maréchal Khalifa Haftar, qui règne sur l’Est et une partie du Sud.

Le premier est soutenu par la Turquie, qui a des militaires sur place, et le second par l’Egypte voisine, les Emirats arabes unis et la Russie.

Des membres du parlement égyptien assistent à une session générale dans la capitale du Caire, le 20 juillet 2020. (AFP)

Entretien Sissi-Trump

M. Sissi avait déclaré jeudi lors d’une rencontre avec des représentants des tribus de l’est libyen que l’Egypte ne resterait pas « inerte » face à une « menace directe » sur sa sécurité nationale et celle de la Libye.

La semaine dernière, le Parlement basé dans l’est de la Libye qui appuie Khalifa Haftar avait dit être d’accord pour une intervention de l’armée égyptienne en cas de menace pour la sécurité des deux pays.

Aux antipodes sur la question libyenne, l’Egypte et la Turquie entretiennent des relations tendues depuis la destitution en 2013 du président islamiste égyptien Mohamed Morsi, soutenu par Ankara.

En juin, après la progression des forces du GNA face à celles du maréchal Haftar sur le terrain, le président égyptien avait proposé un cessez-le-feu, le retrait des mercenaires et le démantèlement des milices en Libye.

Ankara et le GNA ont rejeté le plan.

M. Sissi avait prévenu que toute avancée des forces du GNA vers l’Est pourrait déclencher une intervention militaire égyptienne, alors que Tripoli a porté ses efforts en direction de Syrte.

Appelant le maréchal Haftar à retirer ses forces de cette ville stratégique et à négocier un cessez-le-feu, le GNA a qualifié la position égyptienne de « déclaration de guerre ».

Or, le Caire considère Syrte, qui ouvre l’accès aux gisements pétroliers libyens, comme une « ligne rouge ».

La situation en Libye a été au centre d’un entretien téléphonique lundi entre M. Sissi et le président américain Donald Trump, selon la présidence égyptienne.

Les deux hommes ont convenu de « maintenir le cessez-le-feu en Libye et éviter une escalade, afin de pouvoir lancer des négociations en vue d’un règlement politique », selon la même source.

Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est plongée dans le chaos et des conflits aux multiples fronts, complexifiés par la présence accrue d’acteurs internationaux.

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La Mecque : Le hajj, limité à un millier de fidèles, débutera le 29 juillet

Ce grand rassemblement religieux, un pilier de l’islam, avait réuni l’année dernière 2,5 millions de fidèles, venus pour leur grande majorité de l’étranger

Un pèlerin musulman prie sur le Mont Arafat, à La Mecque à l'occasion du Hajj, le 20 août 2018. (Crédit : AFP/ AHMAD AL-RUBAYE)

Un pèlerin musulman prie sur le Mont Arafat, à La Mecque à l’occasion du Hajj, le 20 août 2018. (Crédit : AFP/ AHMAD AL-RUBAYE)

Le hajj, pèlerinage à La Mecque auquel participeront cette année seulement un millier de fidèles en raison de la pandémie de nouveau coronavirus, débutera le 29 juillet, ont annoncé lundi les autorités saoudiennes.

Ryad a décidé le mois dernier de limiter le nombre de personnes participant au hajj, alors que ce grand rassemblement religieux avait réuni l’année dernière 2,5 millions de fidèles, venus pour leur grande majorité de l’étranger.

« Le recueillement des pèlerins sur le Mont Arafat, point fort du pèlerinage, aura lieu jeudi », a rapporté l’agence de presse officielle saoudienne SPA, précisant que mercredi sera le premier jour du hajj selon la Cour suprême.

La date du hajj est déterminée par la position de la lune.

The Kaaba in Mecca (photo credit: CC BY-SA Al Jazeera English, Flickr)

La Kaaba à la Mecque. Illustration. (Crédit : Al Jazeera English/CC BY-SA/Flickr)

Pour contenir la pandémie de nouveau coronavirus, le pèlerinage sera réservé aux fidèles vivant en Arabie saoudite, ont indiqué les autorités.

Les résidents étrangers représenteront 70 % des fidèles autorisés à effectuer ce rituel.

Les citoyens saoudiens constitueront les 30 % restants des pèlerins et seront choisis parmi les professionnels de santé et les personnels de sécurité ayant été contaminés mais qui se sont remis du virus, selon le ministère du Hajj.

Après avoir suspendu dès mars la « omra », le petit pèlerinage qui s’effectue tout au long de l’année, le royaume s’apprête à faire face à un immense manque à gagner, le flux des pèlerins générant habituellement chaque année 10,6 milliards d’euros.

Or, le premier exportateur de brut au monde est déjà frappé de plein fouet par la chute des prix du pétrole et l’impact économique du confinement décrété pour lutter contre le virus.

Le nouveau coronavirus a infecté officiellement 253 349 personnes, dont 2 523 sont décédées, en Arabie saoudite, pays le plus touché du Golfe.

La Kaaba, à l’intérieur de la Grande Mosquée de La Mecque, vide de ses fidèles, le 5 mars 2020. (Crédit : ABDEL GHANI BASHIR / AFP)

Si les autorités du hajj ont indiqué que le grand pèlerinage serait limité à un millier de fidèles, certains médias locaux font état de la possible participation de 10 000 personnes.

La décision saoudienne de limiter le nombre de fidèles cette année, une mesure exceptionnelle, a fait de nombreux déçus parmi les musulmans tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du royaume.

Mais elle a été saluée par la Ligue islamique mondiale, le chef de l’Organisation de la coopération islamique ainsi qu’Al-Azhar au Caire.

Les candidats au pèlerinage seront testés avant leur arrivée à La Mecque, premier lieu saint de l’islam, et devront subir une quarantaine domestique après la fin du rituel.

Les règles d’hygiène et de distanciation physique seront observées pendant le hajj, un pilier de l’islam.

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