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De Ramsès à Souccot : la fin d’une route (Beth Yeshoua)

By 7 octobre 2014Etz Be Tzion

Écrit par Jacques on 19 septembre 2013. Posted in Fête des cabanes

Souccot est le nom de lieu donné par Jacob à un endroit où il  fabriqua des cabanes pour son troupeau. (Genèse 32:17, 30; 33:17).

Ce mot signifie « Stop, arrête ton approche, fais silence » c’est le premier lieu de campement des Israélites après avoir quitté Ramsès (Exode 12:37); le nom « civil » de Pithom. [1]

Il s’agit aussi d’une ville à l’est du Jourdain, identifiée à Tel Dar’ala, un haut tertre, une masse de débris, dans la plaine au nord du Jabbok, à environ un kilomètre et demi de là (Josué. 13:27).

 

C’est là que Jacob, lorsqu’il est revenu de Padan-aram après avoir revu Esaü, se construit une cabane pour lui et des « soukkot » pour son troupeau, d’où le nom de l’endroit (Gen 32:17, 30; 33:17).

Les épines de Padan Aram

L’abri créé à Souccot pour les enfants d’Israël les met à l’abri de ce  monde corrompu. C’est dans Souccot que les princes refusent leur aide à Gideon et ses hommes alors qu’ils sont poursuivis par une bande de Madianites fugitifs après la grande victoire de Gilboa.

Après avoir réglé ce problème, Gideon revient trouver les Anciens de cette ville pour leur infliger une punition sévère. « Il prit les Anciens de la ville, des épines du désert et des bruyères, et avec celles-ci, il corrigea les hommes de Souccoth » (Juges. 8:13-16).

C’est un endroit où furent érigées les fonderies pour préparer les pièces de métal pour le Temple (1 Rois 7:46).

Il est dit du peuple de Paddan Aram qu’ils étaient des grands pécheurs, des voleurs, des séducteurs et des menteurs et Rébecca était comme un « Lys parmi les épines ». (Lévitique 23:1 (séducteurs) ; Cantique des cantiques 2:4 (tricheurs) ; Genèse 25: 20 (méchant).

L’idée est bien curieuse lorsqu’on sait que le sens du nom de Rebecca est aussi « séductrice » et « ensorceleuse ».

Pour le Dieu d’Israël, la nuance est de taille puisqu’autant Jacob le menteur et le trompeur que Rebecca la séductrice et l’ensorceleuse, et aussi tout le peuple juif se placent sous la couverture du sang de l’agneau pascal qui a été apposé sur les linteaux et montants des portes des habitations. Ce qui, malgré leur condition de péché, les  placent sous la protection de Dieu.

Comme les exégètes juifs considèrent le séjour de Rébecca à Padan-Aram comme emblématique d’Israël parmi les nations, il nous est avantageux de chercher dans cette interprétation une relation étonnante avec Israël qui sort de Ramsès de l’Egypte pour aller vers Souccot, le lieu de sa paix en attendant son départ pour la terre promise.

Le cycle des 7 fêtes

Cette interprétation correspond en tout point avec l’objectif du cycle  des 7 fêtes de l’Eternel. Les trois premières fêtes de la Pâque correspondent d’une part à notre foi en Yeshoua, suivi de près par le pardon qui nous rend instantanément purs aux yeux de Dieu (des pains sans levain) et enfin qui nous assure par la Foi de la résurrection (Fête des prémices). Shavouot, la quatrième célébration nous rappelle chaque année qu’après avoir cru, nous recevions la Parole de Dieu en nous par l’Esprit Saint. Les fêtes de Tishri avec la fête des trompettes annonçant l’évangile au monde puis au jour du grand pardon, se clôturent avec la fin de notre voyage ici sur cette terre. Cette fin de cycle se clôture par un passage intermédiaire avant le grand départ vers notre « terre promise » : un arrêt provisoire d’une semaine de sept jours sous des cabanes, sans les facilités de la vie courante, pour nous préparer en pensée plus facilement à quitter ce monde. C’est par pure miséricorde que Souccot nous aide chaque année, à rentrer dans l’idée de quitter cette vie.

Sans Souccot, le croyant perd toute notion d’abandon des choses terrestres.

La répétition d’année en année de la célébration totale et sans frein des sept fêtes de l’Eternel nous assure que Dieu est toujours là pour nous aider à nous préparer.

Ce n’est pas du tout un hasard que le peuple hébreu s’est retrouvé complètement démuni de tout dans le désert pendant 40 ans. C’était un effet de la grâce et de la miséricorde de Dieu de préparer le peuple à rentrer en terre promise.

Pourquoi le peuple ne s’est-il pas abrité sous des tentes à Nissan ?

La Torah nous ordonne d’habiter la Soucca pendant sept jours à partir du 15 Tichri, « afin que nos générations sachent que c’est dans des cabanes que j’ai fait habiter les enfants d’Israël quand je les ai fait sortir d’Egypte ».

Pourquoi alors ne nous a-t-elle pas demandé de célébrer cet événement en Nissan ?

On peut trouver à cela de nombreuses raisons; l’explication la plus simple est celle-ci lorsque nous quittons nos demeures pour aller séjourner sept jours dans une cabane, cet acte doit être « léchèm mitsva », uniquement parce que Dieu l’ordonne, et non simplement parce que cela nous est agréable.

Or au printemps il est très agréable d’aller camper en dehors de la maison les pluies ont cessé, les nuits sont douces. A la mi-Tichri, au contraire, les nuits sont froides, la saison des pluies est toute proche. C’est alors qu’en venant habiter sept jours (et sept nuits) sous la Soucca, nous tenons à nous abandonner à Dieu, quelles que soient les rigueurs de la saison!

Souccot, la pluie de la miséricorde

Zacharie, l’un des derniers prophètes, contemporain des événements, prophétise que la « fête des tentes » deviendra, aux temps messianiques, une fête universelle au cours de laquelle toutes les nations se rendront à Jérusalem pour se prosterner devant Dieu et pour célébrer la fête des Tentes, sous peine de quoi elles ne seront pas « favorisées par la pluie ».

Souccot est souvent associé avec le don divin de la pluie. Les Livres d’Isaïe et de Néhémie évoquent d’ailleurs que le peuple se réunit « près de la porte de l’eau ».

Lévitique 23 : 42 nous dit « vous demeurerez dans des cabanes pendant sept jours; tout citoyen en Israël résidera dans des «souccot ». Afin que vos générations reconnaissent que c’est dans des cabanes que j’ai fait demeurer les enfants d’Israël à leur sortie d’Egypte »

Selon une certaine tradition orale, on dit que six mois avant leur libération définitive, les hébreux virent progressivement s’alléger le poids de leur servitude. Ils continuèrent à habiter leurs maisons, en sécurité et ne manquant de rien. Le peuple d’Égypte, le Pharaon et ses serviteurs ne cessèrent d’insister pour que les juifs ne quittent pas l’Égypte, leur promettant richesse et abondance!

Lorsque le jour de la délivrance fut arrivé, «les enfants d’Israël partirent de Ramsès dans la direction de Souccot, environ six cent mille voyageurs, hommes adultes sans compter les enfants ». De plus, une multitude nombreuse (d’autres nationalités) les suivit, ainsi que du menu et du gros bétail… (Exode 12, 37).

En fait, c’est donc une population de plusieurs millions d’individus qui, abandonnant leurs maisons confortables, s’avança sur la route du désert! Ils suivaient avec confiance l’ordre de l’Eternel que Moïse leur avait transmis, ne discutant pas, ne se demandant pas quelle serait leur nourriture, quelles seraient les conditions d’hébergement sur la longue route du désert!

La tradition explique que « de Ramsès à Souccot », il y avait une étape de 150 km environ, qu’un homme vigoureux ne pouvait franchir en moins de 3 journées de marche, et pourtant, dit le midrach, ils y parvinrent à la fin de cette mémorable journée du 15 Nissan! C’est selon certains commentateurs, le sens du verset « Je vous ai portés sur des ailes d’aigles… » (Ex. 19, 4).

Cela nous apprend que celui qui suit la voie que lui a tracée l’Éternel, qui met en Lui toute sa confiance, Dieu ne l’abandonnera pas, mais Il lui fera voir tous ses prodiges!

Souccot est la ville où le peuple campera, sa première nuit en hommes libres!

La veille de leur libération, c’était le sacrifice de l’agneau pur et sans tache.

Les rabbins disent qu’ils ont égorgé pour le sacrifice les animaux qui avaient d’abord été adorés comme faux dieux. Ce n’est pas entièrement faux lorsqu’on sait que le serpent qui représente le mal personnifié, a été dressé sur un poteau par le patriarche comme serpent d’airain pour guérir le peuple et lui montrer prophétiquement qu’à la croix, le malin ainsi que le péché et toutes les ordonnances qui nous condamnaient seraient définitivement clouées.

En venant ensuite s’abriter sous la Soucca du Seigneur le peuple hébreu devenait son épouse pour toujours!

Le texte dit bien « afin que sachent vos générations… il doit être clair et visible que nous habitons la Soucca pour faire honneur à l’Éternel uniquement!

A la fête d’automne, lorsque l’homme a fini d’engranger les produits de ses terres, la Tora lui demande de quitter sa demeure et de venir habiter la Soucca. Il apprend ainsi à ne pas s’enorgueillir de sa richesse, à ne pas mettre toute sa joie à l’acquisition des biens terrestres, biens éphémères. Il saura ainsi qu’ « à l’Éternel appartient la terre et ce qu’elle renferme… »,  et que la vraie joie de l’homme est d’habiter sous la protection du Seigneur! C’est pour une raison semblable que les juifs de rite achkénaze liront, pendant la fête de Souccot, la Méguillat Kohélet (Ecclésiaste) qui nous rappelle la vanité des choses terrestres, la vanité de l’acquisition des richesses. Qui nous apprend aussi, dans sa conclusion, que «de craindre Dieu et d’observer ses commandements, c’est là tout l’homme! »


 

[1] (http://www.bible.ca/archeology/bible-archeology-exodus-route-succoth.htm)

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