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Décapitations, pendaisons, porno… comment les images gore pénètrent les portables des enfants

By 25 octobre 2021AVERTISSEMENT
Décapitations, pendaisons, porno… comment les images gore pénètrent les portables des enfants
« Dans la cour de récréation, j’entends des bribes de conversation. Souvent, des élèves lancent : “C’est dégueu ce que tu m’as envoyé !” »
© Dessin de Gros.

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Décapitations, pendaisons, porno… comment les images gore pénètrent les portables des enfants

Violence

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Publié le 

« Squid Game » alerte les parents par sa violence. Mais la série de Netflix apparaît presque « gentillette » par rapport aux images gore et trash auxquelles sont confrontés les enfants. Sur leurs écrans circulent des vidéos de tortures, d’exécutions, d’accidents de la route, mais aussi d’actes sexuels d’une grande violence. Ceux qui y sont confrontés subissent d’importants traumatismes. Enquête sur un monde qui échappe aux adultes.

Lorsqu’il finit les cours, Maxime, 16 ans, passe la porte d’entrée de la maison familiale, lance son sac à dos vers son bureau, prend son goûter, fait ses devoirs et s’allonge sur son lit. Sur son smartphone, il fait alors défiler les vidéos du jour sur l’application Telegram, la messagerie instantanée. Les petits films s’affichent. Ils durent au maximum trente secondes, sont toujours chocs et traitent indifféremment de sujets drôles, porno ou gore. D’abord, Maxime voit un cycliste faire une chute spectaculaire. Puis, une femme nue malmenée par trois hommes. Enfin, dans un pays en guerre, une personne ligotée se fait dévorer les parties génitales par des chiens. À la fin de cette vidéo, l’adolescent aux cheveux mi-longs s’exclame : « C’est chaud ! » Puis, il envoie le lien à plusieurs copains. Et il poursuit ce visionnage sans transition, conditionné par la mécanique sensationnelle du réseau social. Dans son corps, les émotions ne se bousculent pas. « Je ne ressens plus rien » affirme-t-il. Mais, dans sa tête, un point d’interrogation demeure : « Jusqu’où le mal peut-il aller ? » Il cherche une limite. N’en trouve aucune. À travers l’écran, il voit tout. Il entend tout. Des personnes hurlent de douleur. Chaque jour apporte sa nouvelle cruauté et sa nouvelle dose d’hémoglobine. « Aujourd’hui, il y a une nouvelle vidéo. Elle provient d’Afghanistan souffle-t-il. Un homme est en train d’être exécuté. Il est pendu. »

À quelques mètres de là, dans sa chambre, Léa, la petite sœur de Maxime, âgée de 9 ans, pianote elle aussi sur son portable. Comme son grand frère, elle a obtenu son premier smartphone à 8 ans. Elle a découvert Youtube. Un jour, elle a voulu se transporter dans le monde merveilleux des chevaux. Mais elle est tombée sur un film étrange. Elle a vu ses animaux préférés hennir de douleur car un homme leur enfonçait des tournevis dans la peau. Plusieurs minutes durant, elle est restée pétrifiée. Des nuits et des nuits, elle a fait des cauchemars. « J’ai voulu la rassurer, lui dire que ce n’était pas légal, se désole Maxime, Je voudrais la protéger. » Mais que dire quand on est soi-même confronté à l’indicible ? Maxime pourrait en parler à des adultes, ou tout simplement à sa mère. Mais il n’ose pas. « A-t-elle déjà vu ce genre de vidéos avant moi ? » s’interroge-t-il. Cette dernière ne se pose aucune question, elle pense que ses enfants savent maîtriser les dangers des réseaux sociaux.

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Join the discussion 2 Comments

  • Danielle25 dit :

    Je découvre avec cet article que l’horreur est devenue le quotidien de nos jeunes par vidéos interposées. Tout est banalisé, et il est donc logique que certains ados reproduisent ensuite ce qu’ils ont vu. Le mal est très profond et les temps sont très avancés à l’heure de l’antichrist…

  • Brigitte Pelletier dit :

    C’est affreux, je vais certainement, avertir mes enfants de ce danger
    pour leurs enfants.
    Un jeune ne pas pas vivre avec de telles images dans la tête.

    Merci pour cet avertissement Haim.

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