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EHAD-UNITE de Haim Goël / extrait N° 20 : « Berechit bara Elohim. » Pour les personnes intéressées, le contenu du livre à ce stade correspond au départ du séminaire sur le couple proposé aux églises (informations et adresse de contact en fin d’ouvrage). « Maris, aimez vos femmes. Femmes, soyez soumises à vos maris » Qui doit commencer ?

 

Chapitre 7

 

« Berechit bara Elohim. »

 

Pour les personnes intéressées, le contenu du livre à ce stade correspond au départ du séminaire sur le couple proposé aux églises (informations et adresse de contact en fin d’ouvrage).

 

 

« Maris, aimez vos femmes. Femmes, soyez soumises à vos maris »

 

Qui doit commencer ?

Il y a quelques années seulement, nous aurions encore pu poser la question sans que, dans plusieurs de nos milieux, une réponse claire ne puisse être proposée. Tout au plus, machisme aidant, en beaucoup d’endroits aurait-on parlé exclusivement de la soumission féminine, bien entendu…

Fort heureusement, en même temps que s’est aggravée la crise relationnelle à l’intérieur des couples et des foyers, en détruisant de plus en plus de familles et de familles de serviteurs de D.ieu elles-mêmes, le peuple de D.ieu semble mûrir un peu aujourd’hui et faire de plus en plus la réponse appropriée. Il revient bien à l’homme de faire le premier pas.

Mais pour pouvoir comprendre pourquoi faire ce pas, et que mettre dans cette démarche, il nous faut en tant qu’hommes prendre l’exacte mesure de notre perte d’identité relationnelle, son historique, et cet historique est avant tout contenu dans la Bible.

 

Ensemble, ouvrons donc la Parole de D.ieu.

    « Berechit  Bara  Elohim » (Genèse 1:1 – Torah avec commentaires du Rabbin Munk).

    « Au commencement D.ieu créa » (Genèse 1:1 – version Segond).

Les trois premiers mots de la Bible ont fait couler beaucoup d’encre et de nombreux commentateurs, hébreux spécialement, ont pressenti qu’il y avait là un mystère des mystères, une merveille des merveilles. Nous savons très bien que toute spéculation intellectuelle sur la « trinité » nous conduit à l’impasse. Ce n’est pas sur le « Un » mais sur « Unité » (Ehad en hébreu) qu’il nous faudra méditer si nous voulons comprendre le fantastique message qu’à l’émergence de toutes choses, au départ de la création et en en-tête (en en-tête = berechit) de notre Bible, D.ieu a voulu nous présenter.

Ehad-unité parle d’un accord total du Père, du Fils et de l’Esprit, accord qui préexiste de toute éternité.

Dans cet Ehad la volonté du Père, du Fils et de l’Esprit sont confondues, sans ombre ni variation, et ceci dans une dimension qui nous dépasse : l’Infini éternel. Cette perfection dans l’unité est la manière dont D.ieu choisit de se révéler à nous depuis toujours et pour toujours. Toute âme qui se convertit sincèrement se sent aimée et connue de façon incommensurablement profonde et réjouissante, parce que D.ieu est avant tout, oserions-nous dire, relationnel. Une âme convertie est aussi réconciliée car remise en communion avec le relationnel infini, dans les jaillissements de sa source.

 

Si nous traduisons littéralement les trois premiers mots du premier verset de la Bible : « Berechit bara Elohim », nous devons littéralement lire : « En en-tête, les D.ieux créa » ou pour rendre le texte plus lisible : « En en-tête (à l’émergence), bien « qu’en-tête » soit bien plus riche de sens implicite, de toutes choses, les D.ieux créa » et non « Au commencement, D.ieu créa », comme cela apparaît dans nos Bibles.

Un sujet pluriel pour un verbe singulier ! L’on pourrait croire à une erreur de transcription ; il n’en est rien. La Torah, texte sacré pour les Juifs, a été transmise au cours des âges avec des luxes de précautions toujours répétés. Songeons, par exemple, que le nom imprononçable de l’Eternel (IHVH) nécessitait que les scribes se lavent les mains et changent de plume à chaque fois pour l’écrire. Par ailleurs, chaque lettre en hébreu, donc chaque mot, chaque phrase, a une valeur numérique précise. Il était donc facile et impérativement requis de compter la valeur numérique de chaque ligne, au terme de la rédaction de celle-ci. Cette vérification s’effectuait après relecture. De plus, la rédaction du manuscrit exigeait qu’en cas d’erreur, aussi minime soit-elle, on déchire le parchemin et l’on recommence.

 

Il ne s’agit donc pas dans ce chapitre 1er, verset 1er, de la Genèse, d’une erreur grammaticale, mais d’une volonté délibérée de la part du Rouah HaKodesh, du Saint-Esprit, d’annoncer de la part du Père et du Fils quelque chose de tout à fait spécial, une vérité première sur laquelle on s’est arrêté le plus souvent d’une manière intellectuelle, spéculative. Hélas en vain.

L’homme vivant dans un monde temporel, avec une intelligence limitée, ne peut dès lors « comprendre » le profond mystère qui y réside. Le trois en Un de la trinité devient pour lui une énigme insondable. Ce mystère a besoin d’être révélé au coeur. Ce que D.ieu, à l’émergence de toutes choses, a voulu signifier comme un immense poteau indicateur, comme une marque sur toute la création, c’est que règne entre le Père, le Fils et l’Esprit un accord d’une qualité telle qu’il nous faut le projeter dans la dimension de l’Eternel, de l’infini et l’infiniment grand, pour le « comprendre » avec le coeur.

 

A eux trois, ils sont EHAD, c’est-à-dire unité préexistante éternellement. Et ce EHAD-Unité est infiniment saint, au point qu’ils peuvent se confondre l’un en l’autre dans une même volonté. Ils sont relationnels – EHAD.

Un exemple simple peut nous faire comprendre un peu de quoi il s’agit : lorsque dans un couple l’ordre divin s’établit et qu’en fin de compte l’un comme l’autre se soumettent à leur devoir d’amour et de soumission, il apparaît un phénomène très semblable et étrange. Une sorte de déperdition de la sensation de s’appartenir, remplacée peu à peu par l’amour pour l’autre. Une forme de mort à soi qui donne vie… à l’autre et au couple. Lorsque cela est réciproque, apparaît une unité, un sentiment d’EHAD indéfinissable, qui représente le sommet dans la joie, le bonheur, et qui a pour effet, apparent paradoxe, de renforcer… notre identité véritable. Celle qui nous vient du trois fois Saint.

Le grand mystère caché dans ces trois premiers mots de la Torah est en fait celui de l’AMOUR parfait dans lequel nous pouvons aussi discerner déjà celui de la croix qui fut l’aboutissement de l’oeuvre du trois fois Saint pour rétablir la suprématie de l’atmosphère d’EHAD éternelle et originelle par-dessus toutes choses.

Il revient à l’homme de choisir et de retrouver en et avec D.ieu cette union parfaite avec l’Ineffable ou de la refuser.

A cet égard la croix reste :

  • Un repère de condamnation définitive pour Satan et ses œuvres toujours anti-Eh
  • Un repère vigoureux de choix pour les hommes.

Au risque de choquer certains lecteurs, je ne puis m’empêcher d’avoir recours à une vision qui me suit durablement chaque fois que j’évoque le sujet pour expliquer cette unité, un tant soit peu, cet Ehad préexistant de toute éternité entre le Père, le Fils et l’Esprit. Cette révélation me fut donnée en esprit et dans un moment d’adoration. Cette vision est quelque chose de l’ordre d’un feu. Un feu d’une lumière indescriptible. Ce feu représente l’EHAD du Père, du Fils et de l’Esprit. Ce feu est comme animé d’une rotation rapide et vive comme en un cercle. Un cercle qui n’a ni commencement ni fin. En ce cercle de feu, animés d’une volition ultra-rapide, Père, Fils et Esprit s’interpellent, préoccupés de ce que souhaitent les autres. L’autre. Rappelons que ce fut la marque du témoignage de Jésus dans Ses relations avec son Père sur la terre. Pauvres mots, pauvre description. Rien ne saurait rendre ce qu’il m’a été donné de voir en esprit.

Avez-vous déjà médité, prié, face à ce mystère, pour que vous soit révélé l’AMOUR de D.ieu qui inaugure aussi la grande et principale loi de la vie, la raison d’être de toutes vies : ETRE RELATIONNELS, parfaitement relationnels ? Le « mystère du Ehad » n’est captable, révélé qu’au travers du Saint-Esprit dans l’adoration et inabordable par la réflexion spéculative.

 

Pourtant, tous font partie et sont cohéritiers (en Yeshoua) du grand schéma relationnel que D.ieu a institué à travers toute la création. N’est-il pas étrange que cette loi relationnelle, appelée en fait à gouverner le monde dans un ordre parfait et harmonieux, puisqu’elle procède de l’Amour, n’ait été découverte, étudiée, par aucun scientifique, philosophe ou moraliste ?

Elle n’a pas pu être étudiée, mesurée ou commentée car elle ne peut s’approcher en termes rationnels, car elle ne peut être approchée qu’en tant que révélation de l’Esprit de D.ieu à l’esprit de l’homme, du cœur de D.ieu au cœur de l’homme. Elle ne peut être approchée que dans une attitude d’adoration. Moshe, face au buisson ardent, sur le sommet du Sinaï, fit cette expérience. La perfection relationnelle de D.ieu est telle qu’elle se présente comme un feu dévorant qui nous parle aussi de la jalousie de D.ieu, c’est-à-dire de Sa vision parfaite concernant notre existence et Sa relation avec tout le reste de l’univers. (N’est-ce pas ce même feu de la jalousie qui enveloppa ce char dans lequel fut enlevé Elie ?). Baignant à chaque instant dans cet univers parfait des lois relationnelles et universelles, nous ne pourrons jamais dès lors faire le compte de ce qui nous rend infiniment dépendants de D.ieu pour exister… et de ce qui nous rend pécheurs.

 

Pourrions-nous imaginer l’enfant sans les neuf mois de conception dans le sein de sa mère ? Pourrions-nous imaginer l’amour sans le couple et vice-versa ? Pourrions-nous imaginer les générations sans les pères ? Pouvons-nous même imaginer l’Histoire sans tout ce qui, dans une relation de cause à effet, a fait l’Histoire précisément ?

Pouvez-vous vous imaginer votre vie de travail sans le chauffeur de la rame de métro qui vous véhicule chaque jour, si vous habitez Paris ? Vous me direz que vous vous passeriez volontiers de cette épreuve suffocante, pour choisir le confort d’un véhicule personnel. Pouvez-vous alors imaginer vos déplacements sans la multitude d’interventions entre vous, consommateur d’un véhicule et les matières premières qui ont été nécessaires à la construction de ce véhicule ?

 

En partant d’exemples à ce point terre à terre, si nous réfléchissons un brin, nous nous rendrons vite compte à quel point nous sommes incroyablement dépendants, donc créés relationnels. Cela a été voulu par D.ieu et relève de la lumière qu’Il a portée Lui-même sur la création. Car là où il y a perte de sens relationnel selon les normes divines, il y a apparition de ténèbres, chaos (comme le « célébrera » à sa manière géniale et à quelles profondeurs de l’absurde un écrivain comme Kafka).

Cette loi de vie relationnelle à l’origine de tout fut instituée dans une aube pure comme un mode de fonctionnement universel.

Nous l’avons vu. D.ieu est amour et D.ieu est infiniment relationnel. Il y a dans la nature de D.ieu une énergie relationnelle fantastique qui fait vraiment de D.ieu un être illimité.

La trinité exprime en fait dès les premiers mots de la Bible la révélation infiniment pure et parfaite que le Père, le Fils et l’Esprit entretiennent de toute éternité. Ce sens relationnel, cet amour qu’ils ont l’un pour l’autre, ont quelque chose à voir avec la dimension de l’éternité, nous le pressentons tous. De même, le plan, la volonté de D.ieu et tout ce qui a été créé relèvent de cette perfection relationnelle. Le Père, le Fils et l’Esprit ont de toute éternité appliqué à toute la création visible et invisible ce sens relationnel et Adam, ainsi qu’Eve ensuite, ont été créés à l’aune de cette perfection, à son « image ».

Ils procédaient de la même dynamique. Il nous est presque impossible d’imaginer dans quel univers se mouvaient notre premier père, notre première mère. Ceux qui parmi nous ont le souvenir de leur enfance comprendront un peu. Je ne parle pas du souvenir de faits, de lieux, de visages, de couleurs ou de circonstances, je parle d’une atmosphère propre à l’enfance et qui disparaît quasi totalement chez tous les êtres adultes. Ceci est inéluctable, car l’enfant en grandissant est soumis à l’affreuse loi du péché et de la mort spirituelle. Certains ont essayé furieusement de se battre contre cette mort lente en eux comme Marcel Proust dans ses célèbres écrits : A la recherche du temps perdu, contre cette fuite d’un réservoir de pureté originelle qui leur permettait une relation très puissante, très profonde, avec l’univers, dans leur enfance. Ils furent des poètes ou des scientifiques étonnants (on y trouve le réservoir d’intuitions géniales d’un Albert Einstein par exemple) ou grands rebelles, mais tous assistent, au fur et à mesure que le péché rentre dans leur vie, à la fin inéluctable de ce réservoir de sensibilité spirituelle.

Les enfants possèdent dans leur innocence sacrée un sens relationnel très puissant, avec l’univers qui les entoure. Par conséquent, ils en perçoivent la beauté surnaturelle que nous avons oubliée. Ils discernent des secrets d’emblée, sans en exprimer rien, là où plus tard nous disséquerons avec les outils du raisonnement en vain.

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