Skip to main content

EHAD -UNITE de Haïm Goël / Extrait N°11 : Chapitre 5 Le couple – Quelques considérations. Pas de victoire sans relations justes et paisibles. Nous connaissons tous cette lecture d’Ephésiens 6, versets 10 à 19, qui commence ainsi :       « Au reste, fortifiez-vous dans le Seigneur, et par sa force toute-puissante. Revêtez-vous de toutes les armes de D.ieu, afin de pouvoir tenir ferme contre les ruses du diable. Car nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes »

Chapitre 5

 

Le couple – Quelques considérations

 

 

Pas de victoire sans relations justes et paisibles

 

Nous connaissons tous cette lecture d’Ephésiens 6, versets 10 à 19, qui commence ainsi :

 

    « Au reste, fortifiez-vous dans le Seigneur, et par sa force toute-puissante. Revêtez-vous de toutes les armes de D.ieu, afin de pouvoir tenir ferme contre les ruses du diable. Car nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes »

 

Dans le chapitre 2 de ce livre, nous avons mis en valeur que le combat spirituel contre le monde des ténèbres était vain, dangereux, sans une coïncidence de nos dispositions intérieures avec nos devoirs relationnels envers D.ieu et autrui.

 

Dans la tradition juive, le vécu juif, les règles relationnelles étaient et demeurent souvent encore fondamentales. Aujourd’hui encore, dans certaines familles orthodoxes, on retrouve un quotidien imprégné de ces règles.

Les Juifs messianiques, premiers membres de l’Eglise à ses débuts, recevant cette lettre, ne lisaient pas ces recommandations relationnelles comme secondaires. Ils faisaient, j’en suis sûr, la relation de manière intérieure entre ces recommandations relationnelles et la réalité du combat spirituel. (Ephésiens 6).

 

D’une manière générale, ces recommandations relationnelles avaient infiniment plus d’impact, il y a quelques décennies encore dans notre propre société dite judéo-chrétienne.

L’indifférence à l’égard de ces recommandations, leur « aspect bénin », aujourd’hui, relève d’un fait de société qui plonge ses racines dans les tristes années 50, années de désillusion, d’affaissement moral d’après la grande guerre de 39-45 et plus spécialement encore dans l’atmosphère de 68.*

 

* La révolution culturelle de mai 68 fut une invitation à privilégier l’égoïsme forcené (sous couvert de « liberté »). Cela a conduit à un terrible cancer de valeurs dont l’Eglise souffre elle aussi. Les racines de mai 68 ? Un grand désespoir latent (l’ennui…) européen dans la période très exclusivement matérialiste des années 50-60, sur fond de tétanie due à la grande guerre 1914-1945 (les deux n’en firent qu’une à mon sens et l’une fut la prolongation de l’autre). Mai 68 fut (à Paris !!!) le départ de la grande apostasie.

J’ai été dans ce sens confirmé lors de mon deuxième voyage à Jérusalem en 1989. Dans le quartier de Mea Shearim, l’Esprit de D.ieu avait organisé un rendez-vous comme Lui seul peut les organiser. A la sortie du marché, sur la petite place où les bus de la compagnie Egged stationnent et transitent vers toutes sortes de directions, j’ai eu l’occasion de rencontrer pour la première fois un couple véritablement biblique. Ils étaient Juifs orthodoxes. L’Esprit de D.ieu m’a conduit à observer, et à bien observer. L’homme et la femme déambulaient sur le trottoir et leur déambulation, leur allure générale, ce qui émanait d’eux en tant que couple et famille, était vraiment parlant. La femme, jeune et belle, vêtue de longs vêtements, était avant tout revêtue d’une grâce toute particulière. Elle marchait devant son époux, à deux ou trois mètres, poussant un landau et semblait comme entourée de grâce. Tout son être respirait une douce élégance, sobre. Il y avait tout autour d’elle un je ne sais quoi d’impalpable qui semblait la protéger. Tout cela était à la fois subtil et bien réel.

 

Je l’observais, comme attiré par une vérité, un secret qu’elle avait à livrer. J’éprouvais pour cette femme un sentiment humble et profond d’immense respect et, en un instant, j’ai revis nos femmes d’Europe et leurs comportements provocants, arrogants. Un sentiment de vulgarité humiliant m’a semblé être leur condition réelle face à cette femme silencieuse, poussant devant elle un enfant dans un landau. La femme de Mea Shearim était vêtue d’une robe de mode incertaine et pourtant tellement gracieuse et respectable, émouvante au-delà de tout.

 

C’est alors que j’ai réalisé quelque chose de tout à fait particulier. Si cette femme marchait devant son mari, les yeux en extérieur scrutant un futur incertain, dans cet Israël en train de se reconstruire, ses yeux intérieurs, son coeur, sa pensée, étaient entièrement tournés vers l’homme qui la suivait à deux ou trois mètres. Cela était perceptible et net.

La légère raideur du profil que l’on pouvait discerner dans la déambulation de cette femme, telles les lignes sensibles d’un tableau de Feininger*, véhiculait de toute évidence la reconnaissance intérieure et volontaire d’une autorité, celle de l’époux, et la tension volontaire de l’être vers le choix d’une soumission, don de soi.

Quoique marchant devant lui, elle a semblé soudain marcher à ses côtés, attentive complètement, au-delà de l’homme, à la pensée de D.ieu. C’est bien son comportement de soumission volontaire qui donnait tant de grâce à cette femme. Grâce épanouie par le sentiment de sécurité parfaite qu’elle semblait ressentir, reliée par toutes les fibres de son être à l’époux, et par-delà, à l’ordre divin.

Lui, le mari, marchait derrière. Imperceptiblement, de la tête jusqu’aux pieds, son corps formait une oblique attentive, dirigée vers sa bien-aimée. On pouvait ressentir chez cet homme, dans la légère inclinaison et dans cette démarche à la fois hâtive et concentrée (qui caractérise les Juifs religieux), combien tout son être était tourné vers sa bien-aimée.

Un léger sourire épanouissait, en l’éclairant, son visage. Un tel homme, j’en ai eu la conviction, est de ceux qui sont prêts à donner leur vie pour la bien-aimée.On peut aussi aisément imaginer que, dans un tel cas, la soumission de la femme est riche et bénie

.

  • Peintre allemand.

 

 

Mon regard a ensuite été attiré par les deux petits,  kippa sur la tête,  et vers les deux

grandes mains du père qui les conduisait à ses côtés, l’un à sa droite, l’autre à sa gauche.

Et lui, figure du père responsable qui prend les rennes quant à l’éducation spirituelle, intellectuelle, morale, de sa progéniture…

Combien j’ai ressenti le gouffre entre les conceptions d’éducation occidentales dites « libérées » que l’on peut trouver jusque dans nos assemblées, et celles auxquelles j’étais confronté ici à Jérusalem.

En un instant, j’ai revu sur le trottoir de Paris, de Milan, de Lomé, de Barcelone, de St. Petersbourg ou d’ailleurs, la foule des jeunes femmes, toutes ces jeunes femmes éprises de « liberté ». J’ai revu tous ces hommes sans réel programme de vie, sans but et sans frein. Un monde de solitude vague, de détresse insondable.

L’Eglise est-elle exempte de l’influence de cet état d’esprit aujourd’hui… ? Certes non, hélas !

 

Cette forte expérience vécue à Jérusalem me permet maintenant d’aborder un cercle relationnel humain fondamental. Le premier que D.ieu ait institué et à partir duquel tous les autres s’articuleront en bien ou en mal : LE COUPLE.

 

Dans toute l’histoire de l’humanité, cette relation a été attaquée par Satan de bien des façons et il y aurait possibilité de réécrire l’Histoire sous cet angle de manière étonnante. Prenons simplement l’exemple des sectes aujourd’hui et du mouvement du Nouvel Age. Quels que soient les biais et les méthodes, ils prônent la destruction de cette relation qu’est le couple par le libertinage, l’échangisme : une abomination*.

 

Il existe une pléthore d’ouvrages sur le couple. La plupart des livres disponibles ont souvent un point commun : ils parlent de l’homme et de la femme pour essayer de débrouiller des pistes de « bonheur » et « d’épanouissement ». D’une manière très subtile, la pensée grecque est derrière ces choses. La pensée grecque plaçait l’homme au centre de tout. La sculpture grecque, sa religiosité, ses mythes, étaient articulés autour de l’homme, par l’homme et pour l’homme.

C’est une pensée humaniste, une pensée qui place l’homme au centre de l’univers. Dans beaucoup d’ouvrages que j’ai parcourus sur le couple, malgré leur grande qualité, j’ai eu le sentiment que c’est encore l’homme, ses besoins, qui sont au centre, même si dans ces ouvrages on fait référence à la Parole de D.ieu. Je crois que l’Esprit de D.ieu a quelque chose d’autre à nous dire, car D.ieu a son point de vue sur le couple. C’est LUI qui en est l’auteur. C’est LUI qui a placé homme et femme au centre du jardin d’Eden.

 

Paradoxalement, la pensée grecque débouche sur quelque chose de presque vrai, lorsqu’elle place l’homme au centre. La grande différence est que la pensée grecque ignore qui a placé l’homme dans cette position et qu’elle ignore superbement le point de vue de ce « qui ». L’apôtre Paul en a admirablement démontré la réalité par l’épisode de l’autel au D.ieu inconnu à Athènes.

 

 

* Les « Zazous » des années 20, les existentialistes dans les années 50, les étudiants allemands du Moyen Age dont les chants devinrent les occultes « Carmina burana » de Carl Orff menaient avec d’autres moyens le même combat.

La pensée grecque est donc condamnée à une exaltation de l’homme pour et par lui-même. Elle devient à terme une forme d’autoglorification, d’autodéification, qui pousse souvent à rechercher son bonheur individuel (dans une quête estimée légitime, en toute sincérité… et inconscience). La recherche du bonheur individuel est la base d’une majorité de relations en et hors mariage et la cause de tant d’échecs. Le couple aujourd’hui est en danger et ce n’est pas le couple en tant que moyen d’atteindre le « bonheur » individuel, égoïste, qui est en danger (ce couple-là se porte très bien), c’est le couple en tant que structure relationnelle voulue par D.ieu et reflet de la pensée divine qui l’est.

 

De manière quasi totale dans le monde et aussi dans l’Eglise, le cri d’alarme qu’il nous faut pousser, ce n’est pas : « SOS bonheur en perdition », mais « SOS Normes Divines Ignorées, Piétinées et Désordre Profond Engendré ».

 

Join the discussion 2 Comments

  • Brigitte Pelletier dit :

    Je trouve ces réflexions tellement belles sur le couple parce qu’elles
    sont reliées à la pensée de Dieu. Magnifique.
    Il y a vraiment un ordre établi par Dieu dans le couple.
    Merci pour ces enseignements.

  • Shoshana dit :

    Je me souviens d’avoir lu, jeune femme, quelques livres chrétiens sur le couple. Leur lecture n’avait provoqué en moi qu’un sentiment de superficialité et ne m’avait apporté souvent que des réponses pratiques à des problèmes de couples somme toute pas très importants, des « recettes de bonheur », comme tu le dis dans cet extrait.
    Seul ton livre Ehad, Haïm, m’a donné des clés pour une vie de couple fondée sur D.ieu, qui provoquent un profond bouleversement intérieur et le désir d’être une femme biblique avant tout.
    Merci pour pour ces publications en extraits qui nous nourrissent et nous font réfléchir.

Leave a Reply

Translate »