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EN LISANT DANS LE TEXTE EN HEBREU ET EN GREC d’Elishéva Goël : Extrait N°24

By 13 avril 2021mai 7th, 2021Elishéva Goël, LECTURE QUOTIDIENNE

1 Corinthiens 11 : 6

« En effet, si une femme n’est pas couverte (katakaluptetai),.. ».
Les détracteurs du port du voile pour la prière soutiennent souvent que le
verset 15, où Paul utilise en réalité une comparaison prise dans le naturel
pour appuyer le fait qu’il est nécessaire (à cause des anges – v. 10) que la
femme prie la tête couverte, nous dit que le voile naturel suffit.
Mais en réalité, le mot utilisé dans ce verset 15 n’est pas le même que dans
le verset 6 : il ne s’agit pas ici de tête « couverte » (« katakaluptetai ») mais
de parure : « … Car la chevelure lui a été donnée en guise de parure »
(« peribolaïou »). Il y a bien une différence entre « couverture » (surtout qu’il
s’agit de quelque chose de spirituel dans ce cas) et « parure ». Restons-en
donc à l’interprétation de la Parole pour ce qu’elle dit et non pour ce que l’on
voudrait lui faire dire !

Lévitique 10 : 16 : l’exact milieu de la Torah… et le
Psaume 117 : l’exact milieu de la Bible !
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Lévitique 10 : 16

« Moshé a enquêté avec insistance à propos du bouc de l’offrande de faute,
et voici qu’il avait été brûlé. » (Traduction du ‘Houmash).
« Moïse chercha le bouc expiatoire ; et voici, il avait été brûlé ». (Nouvelle
Edition de Genève).
Traduction différente ! Bien évidemment, lorsque l’on lit la traduction
chrétienne, on peut penser que le bouc expiatoire ne se trouvait plus nulle
part (du moins les restes de ses os) et que Moïse le cherchait. Car il devait
normalement avoir été mangé par le Cohen HaGadol, Aaron en l’occurrence.
Il n’était pas destiné à être brûlé. (v. 17).
Moshé s’irrite. S’il ne s’était pas irrité, il aurait analysé la situation et compris
pourquoi le bouc avait été brûlé et non consommé. Il s’adresse d’ailleurs à
Eléazar et Ithamar, les deux fils d’Aaron. Alors que c’est Aaron lui-même qui
aurait dû manger le bouc expiatoire. Pourquoi ? Moshé s’adresse à ses fils
car Aaron est son aîné, et il lui doit le respect.
Aaron vient de passer par le deuil (il est onen), puisque ses deux fils aînés
viennent de mourir pour avoir apporté du feu étranger sur l’autel, dès le début
de leur service pour l’Eternel. Aaron répond donc à Moshé en justifiant son
acte par le fait qu’il serait indécent de manger de la viande des sacrifices
alors qu’il vient de subir une telle perte (v.19).
Moshé comprend et s’incline. Il approuve la décision d’Aaron. (v. 20).
Mais reprenons nos deux traductions différentes.
Il est intéressant de lire le texte en hébreu. Il est écrit ici : « … darosh darash
Moshé… ». Cette partie du verset signifie littéralement : « enquêter, Moshé
enquêta » (traduit dans le ‘Houmash par « Moshé enquêta avec insistance »,
ce qui montre bien qu’il y a redoublement). Donc, on peut déjà écarter la
traduction chrétienne, puisque Moshé ne cherche pas le bouc. Ce qu’il fait se
situe à un tout autre niveau : il cherche à savoir ce qui s’est passé, car il sait
pertinemment bien que le bouc a été brûlé.
Le redoublement du verbe n’apparaît pas dans la traduction chrétienne. Il est
pourtant très important, car lorsqu’il y a redoublement de mots dans l’Ecriture,
c’est pour insister particulièrement sur un fait qui doit attirer notre attention.
Le redoublement du verbe sous-entend que Moshé avait deux questions :
1) Pourquoi avez-vous brûlé l’offrande de faute de Rosh ‘Hodesh (Nombres
28 : 15) ?
2) Pourquoi avez-vous mangé les autres offrandes et pas celle-là ?
Nous n’allons pas ici analyser en profondeur ces deux questions car cela
nous entraînerait loin de notre sujet, qui est le redoublement du verbe darash.
Une note massorétique se trouve dans nombre d’éditions imprimées de la
Torah : elle indique que, alors que personne ne peut s’en douter, les mots
« darosh » et « darash » séparent la Torah exactement en deux parties
égales (nous sommes ici précisément au milieu du texte).
Cela nous enseigne l’importance d’une recherche perpétuelle : il ne faut
jamais cesser d’étudier, de sonder les Ecritures, ni de se laisser sonder par
elles ! Le verbe darash signifiant « chercher, rechercher, s’enquérir,
s’occuper, avoir souci de, sonder, interroger, enquêter, s’informer,
consulter ». « Darash Elohim » : « chercher D.ieu, Lui adresser sa prière,
avoir recours à Lui, Lui demander du secours, L’implorer ». Quelle merveille
que ce verbe qui résume tellement bien le sens que doit prendre notre
relation à YHWH, une relation de dépendance à un Père dont le désir est
avant tout de bénir Ses enfants !
Combien le sens de ce mot est riche, et combien il est extraordinaire de
constater que notre Adon l’a placé exactement au milieu de Sa Sainte Torah,
nous exhortant ainsi à Le chercher de tout notre coeur, Lui et Lui seul !

Psaume 117

Ce psaume est le plus court des psaumes. Il est le chapitre le plus court de
toute la Bible. Il est exactement au milieu de la Bible (Tana’h et Brit
Ha’Hadasha). Et pourtant, même s’il est le plus court et semble le plus
modeste des passages de la Parole, il nous éclaire de manière très profonde
sur la volonté d’Elohim qui est de sauver tous les hommes, de quelque race
qu’ils soient.
Deux mots sont utilisés ici qui peuvent être traduits de plusieurs façons,
montrant les qualités d’amour infini de notre Elohim : le mot ‘Hessed, qui est
traduit dans notre texte ici par « bonté », mais qui veut dire aussi
« miséricorde », « bienveillance », « générosité »,… Le second mot est
« émet », qui est traduit ici par « fidélité », mais dont le sens premier est
« vérité ». Le mot « émet » commence par la 1ère lettre de l’alphabet (aleph),
puis vient la lettre médiane de l’alphabet (mem) et il se termine par la dernière
lettre de l’alphabet (tet) – toutes les lettres du Tana’h y sont ainsi incluses
implicitement. Le mot « vérité » caractérisant parfaitement la Parole de
l’Eternel.
Si nous joignons maintenant le mot « darash » de Lévitique 10 : 16 et le mot
« émet » du Psaume 117, nous avons ceci : « Cherchez la vérité »… De quoi
réfléchir sur ce que YHWH attend de nous !

Matthieu 19 : 28

« Jésus leur répondit : Je vous le dis en vérité, quand le Fils de l’homme, au
renouvellement de toutes choses, sera assis sur le trône de Sa gloire, vous
qui m’avez suivi, vous serez de même assis sur douze trônes, et vous jugerez
les douze tribus d’Israël. »
Beaucoup de commentateurs chrétiens ne prennent pas ce verset au pied de
la lettre, comme de nombreux autres versets de la Parole d’ailleurs, qu’ils se
trouvent dans le Tana’h ou dans la Brit Ha’Hadasha. Ainsi le fait Mac Arthur,
dont nous apprécions par ailleurs la connaissance archéologique et historique
biblique.
Bien qu’il dise avec raison qu’il s’agit bien dans ce verset du « temps de
rétablissement de toutes choses, dont D.ieu a parlé anciennement par la
bouche de ses saints prophètes » (Actes 3 : 21), il dit aussi « il s’agit là d’une
allusion au royaume terrestre décrit en Apocalypse 20 : 1-15, lors duquel les
croyants [en général donc] siégeront avec Christ » (Ap. 3 : 21).
Or, il s’agit non pas de tous les croyants ici, en Matthieu 19 : 28, mais des 12
disciples de Jésus, plus tard nommés apôtres (tous israélites), qui seront
assis sur 12 trônes et jugeront les 12 tribus d’Israël. La Parole est
pourtant claire, mais la théologie de la substitution est tellement enracinée
que le dogme fait foi plutôt que la vérité biblique…
Par contre, le passage d’Ap. 20 : 4 concerne les croyants en général,
auxquels on donnera le pouvoir de juger (1 Cor. 6 : 2 ; 2 Tim. 2 : 12) et de
régner pendant le Millenium (Ap. 2 : 26 – 27 ; 3 : 21 ; Dan. 7 : 22).

Genèse 22 : 14

En parcourant la parasha de cette semaine, Vayéra, j’ai été frappée par un
passage bien connu, qui est généralement traduit comme suit dans la plupart
des bibles :
« L’Eternel donna à ce lieu le nom de Yahvé-Jiré. C’est pourquoi l’on dit
aujourd’hui : A la montagne de l’Eternel il sera pourvu. » (Béréchit – Genèse
22 : 14). Ce verset fait suite à la hakedat Itz’hak, la ligature d’Isaac, au terme
de laquelle l’Eternel pourvut pour l’holocauste avec un bélier, au lieu d’Itz’hak,
fils d’Avraham.
La traduction littérale de l’hébreu est en réalité celle-ci : « Avraham appela cet
endroit YHWH YIREH (« verra » ou par extension « pourvoira »), comme il est
dit en ce jour, sur la montagne YHWH sera vu. » (« sera vu » = « Yéraéh »).
J’ai beaucoup aimé le commentaire du ‘Houmash concernant ce verset et je
vous le livre tel quel :
« YHWH YIREH (c’est-à-dire YHWH verra). A l’origine, ce lieu avait été
nommé Shalem (plein, entier, complet, avec une connotation de paix – même
racine que Shalom) par Sem, le fils de Noé qui, selon nos sages était
Malkitsédek, roi de Jérusalem. Après la hakéda (ligature d’Itz’hak), Avraham a
appelé cet endroit Yiréh. Par égard à la fois pour Sem et pour Avraham, D.ieu
a associé ces deux noms et en a fait Yeroushalayim ».

Join the discussion 2 Comments

  • Shoshana dit :

    J’ai beaucoup apprécié tout cet article et particulièrement le passage sur Lévitique 10:16 et le Psaume 117. Quelles richesses se trouvent dans la Parole de Dieu! Merci Elishéva de nous les faire découvrir

  • Danielle25 dit :

    Concernant 1 Corinthiens 11 : 6 et le port du voile, je ne ressens pas la même chose si je prie sans le voile. La parure naturelle de la chevelure dont il est question au verset 15 ne m’apporte rien. Mais en portant le voile, c’est comme si je me mettais à part pour D.ieu. Je ne pourrais pas prier dans l’assemblée sans mon voile. Ce n’est pas par obligation que je le fais, mais parce que je ressens que le Seigneur l’approuve et que je suis en paix ainsi.
    Je te remercie Elishéva pour les précisions que tu nous apportes chaque jour. Elles sont importantes et il est intéressant de voir comme parfois le sens des textes a été édulcoré. Peut-être afin de plaire au plus grand nombre ? Mais c’est en regardant à la vérité du texte originel qu’on trouve la vérité de la Parole.

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