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INSEPARABLES de Haïm Goël / Extrait N°25 : Exemples contemporains (les illustrations contenues dans le livre en format papier sont hélas non reproductibles ici)

                                                                                                 Exemples contemporains :

 

Anne Parillaud, actrice française.

 

Dans le monde du spectacle. Alors que je rassemblais des notes pour ce livre vint atterrir sur mon bureau un article ma foi fort parlant. Il concerne l’actrice française Anne Parillaud.  En saisissant simplement certains de ses propos recueillis dans une interview donnée au journal Paris Match  du 13 janvier 2005, on comprendra  le drame sous-jacent de l’actrice. Un drame à base d’abus.

 

Quelques extraits :

 

Voici le titre de l’article.

(En soi c’est déjà très parlant…)

 

ANNE PARILLAUD  Jamais sûre d’elle, jamais contente, elle est en recherche perpétuelle. D’émotions, de souffrances, d’extases, de dépassement. L’apaisement, connaît pas.

 

Elle a ressurgi dans les médias pour de drôles de raisons… Rivale inattendue de n’inégalable Isabelle. Sans casting, sans prévenir, elle a décroché le rôle de sa vie : amoureuse. Observez-la, cette femme splendide à la silhouette de petit rat de l’Opéra, tout en elle parle d’amour, de manque, de trop-plein, d’absolu. Elle se déteste, ce sont les autres qui l’aident à s’aimer. Ses Pygmalion, d’abord. On connaît les plus célèbres : Delon, quand elle avait dix-sept ans, Besson, qui, pour elle, a inventé « Nikita ». Pour chacun, elle a été ce qu’ils voulaient : Lolita proprette (Woolite ne l’a d’ailleurs pas ratée, on lui en parle encore !), sauvage et solitaire punkette (elle a mis un an à retrouver un rôle). Douze ans plus tard, elle a bien changé. D’abord, elle a trois enfants, de 16 ans (la fille de Besson) à trois ans. A voir sa plastique longiligne, on se demande où elle les a mis. « J’ai peu grossi, juste le poids du bébé. » Elle a adoré être enceinte : « Fabriquer un être… Je me sentais utile à quelque chose. »

A ses gosses, elle donne tout l’amour qu’elle dit ne pas avoir reçu, enfant. Elle est une mère à temps plein, commente une amie. En doudoune rouge vif, au volant de sa Renault Espace pour famille nombreuse, elle ferait plutôt quatrième de la fratrie. « Je ne comprends rien à la réalité quotidienne. Ma réalité, c’est quand je tourne. Heureusement que j’ai mes enfants, ils sont mon ancrage dans ce monde, pour ne pas me perdre. »

 

Petite – elle était la deuxième de trois -, elle  avait « le sentiment de ne pas exister. Il n’y en avait que pour ma grande sœur ». D’où une souffrance latente, une constante dévalorisation d’elle-même, un masochisme. Actrice, elle ne déteste pas se faire taper dessus. Avec Gitaï, elle a été servie. Le tournage de « Terre promise », en plein Sinaï, dans le froid, la nuit, les hurlements en hébreu, en anglais, avec un metteur en scène caché derrière ses combos, qui ne vient jamais te dire si ta scène était bien, ses caméras tapies qui tournent en permanence, te surprennent, te suivent aux mauvais moment…On pleure beaucoup sur les films de Gitaï. Acteurs et techniciens. Parillaud n’a pas fait exception.

 

« J’avais signé pour un personnage, j’en faisais un autre que je ne connaissais pas ; je ne me retrouvais plus, je ne savais plus qui j’étais, ce que je devais faire, il ne me parlait pas, il m’envoyait des émissaires… Bon, je m’étais engagée, j’allais jusqu’au bout. » Elle a aimé cet abandon douloureux, ce don de soi paniquant : « Prends-moi, utilise-moi, j’accepte, ça me convient. L’important c’est qu’Amos m’ait voulue, moi. J’ai éprouvé un plaisir douloureux, masochiste, oui… »

 

Ailleurs dans l’interview :

 

Retenons ce court passage dans l’interview : « Petite – elle était la deuxième de trois – elle avait  « le sentiment de ne pas exister. Il n’y en avait que pour ma grande sœur ». D’où une souffrance latente, une constante dévalorisation d’elle-même, un masochisme. »

Il est certain que dans ce qui est déclaré là, la part d’effectif et de phantasmatique sont intimement liés, confusément imbriqués.

Ce qui est certain, c’est que l’initiateur et premier représentant de toutes crises identitaires, Satan, a apporté là la nécessaire eau au moulin de la confusion et de l’encagement. Ce qui débouche sur une ligne de comportement autodestructeur.

 

Comme partout ailleurs et pour n’importe qui, « l’inévitable exorcisme psychologique » de cette ligne autodestructrice débouchera invariablement sur de l’abus pratiqué à son tour par l’abusé. Certes l’abus porté par l’abusé sur autrui prendra toutes sortes de formes. Un amour fusionnel, inquiet, excessivement exprimé pourra même en être la forme.

 

A cet égard le célèbre chanteur américain Bob Dylan a prononcé un jour une phrase intéressante : « On peut tuer avec de la gentillesse ! ».

 

Notons au passage que  le tempérament, le  caractère hyper abusé et hyper abusif du Français  débouche si souvent sur des extrêmes révélateurs : ou une soif de « gentillesse complaisante  et menteuse, à force» (le régime du copain-coquin) ou une réactivité mettant en branle l’infidélité relationnelle soudaine et la violence, la cruauté la plus surprenante dans le régime de la médisance et de la calomnie.

Autre canal d’auto exorcisme psychologique : par le canal de l’expression artistique (ici de l’actrice).

Ce sera manifeste car nous portons bien plus que nous ne l’imaginons ce que nous sommes intérieurement. Le moindre de nos faits et gestes, nos attitudes physiques, démarche, gestuelle, nos yeux (la lampe du corps), l’allure lumineuse ou ténébreuse de nos faces, etc.,  déclarent en effet ce que nous sommes intérieurement.

Le « look », comme l’on dit aujourd’hui, d’Anne  Parillaud, son  apparence  ne sont-ils  pas  ténébreux,  lucifériens ?

 

 

 

Anne Parillaud  :  En  équilibre  dans le

déséquilibre.   «   Je   ne   m’aime  pas

moi-même,  mais  je  commence à as-

sumer   mon   éternelle insatisfaction »

 

Je fis moi-même à ce sujet  une  expé-

rience   traumatisante  peu  après  ma

rencontre avec le Seigneur.

 

Juste  avant  celle-ci  j’interprétais  plu-

sieurs  rôles  clés  dans  un  spectacle

belge subventionné qui avait  remporté

le  prix Europalia  de  la  meilleure  pro-

duction  théâtrale  de  l ‘année.   J’étais

personnellement  arrivé  dans ma  car-

rière  à  un  «  sommet  Faustien  »   et                          Anne Parillaud

c’est  le  moment  que  choisit  l’Eternel

pour me parler et faire entendre sa voix dans ma chambre solitaire et bien triste d’artiste. « Je suis ton Père et je t’aime !» me dit à voix distincte et puissante ; Celui que j’identifiai immédiatement comme le Seigneur, l’Eternel.

 

Par la suite, venu au salut, je fus confronté à un dilemme car j’étais sous contrat  au théâtre et il nous restait dans le cadre de ce contrat une matinée scolaire à assumer dans un établissement, devant de grands adolescents. Le spectacle (une adaptation théâtrale de Madame Bovary de Flaubert), au demeurant magnifique production sur le plan  esthétique (costumes de Nina Ricci faits sur mesure à Paris, etc.) véhiculait des moments  sulfureux bien qu’emmenés dans un raffinement et une sensibilité réels.

 

Je priai, car fallait-il encore interpréter cette ultime représentation ? Je reçus un feu vert car j’étais sous contrat et ne pouvais esquiver sinon à être malhonnête. La suite me servit de leçon éternelle.

Arrivé sur le lieu de représentation, je fus accueilli par les regards surpris de mes collègues qui me trouvaient beauté et quelque chose d’étrange et de lumineux sur la face. Inhabituel… J’eus dès lors l’occasion de leur témoigner ma foi et d’essuyer ensuite colère et mépris.

Nous nous retrouvâmes donc à jouer le spectacle devant des adolescents aux regards et à l’attention captivés. Soudain en plein milieu de la représentation je pris conscience avec une clarté complète que j’avais à ma merci pour deux heures de spectacle les âmes, les consciences de tous ces jeunes dans l’esprit desquels je façonnais quelque chose qui ferait désormais partie de leur patrimoine intellectuel et spirituel.

 

Tout en jouant, je regardai plusieurs de ces jeunes droit dans les yeux  et ce que je vis m’effraya. Des cœurs devenaient complices absolus de mes moindres inflexions de voix et par-delà, du contenu du spectacle. Jamais je n’avais perçu à ce point combien est grande et redoutable notre liberté quand nous pouvons influencer autrui  de la sorte et combien notre responsabilité est lourde, lourde.

Nous ne connaissons pas les sources humaines d’abus concernant Anne Parillaud mais ce qui est évident  c’est l’abus spirituel pratiqué par Satan lui-même vers un N°2 (l’enfant cadet). Satan, comme vous l’avez peut-être compris, s’acharne sur tout ce qui est N°2 pour détruire les harmonies relationnelles et complémentaires voulues par D.ieu entre tout ce qui est N°1 ( D.ieu par exemple) et tout ce qui est N°2, c’est-à-dire toute l’humanité finalement.

 

 

 

DANS LE MONDE DU SPECTACLE TOUJOURS :

 

Le chanteur RENAUD

 

Voici un extrait de la présentation du livre de Thierry Séchan (frère aîné du chanteur français Renaud  et préfacé par David Séchan, un autre

membre de la fratrie).

 

Un    extrait   saisi   dans  Israël    Magazine  de

décembre 2006.

 

LE ROMAN DE RENAUD

« C’est une version moderne de Jacob et   Esaü

que  nous  livre Thierry Séchan à travers  la  bio-

graphie de son frère cadet, Renaud. Ce dernier

lui  aurait  bien  involontairement   confisqué son

droit d’aînesse avec un génie littéraire  en  guise

de   plat   de   lentilles.   Aussi,  comment  fait-on

quand  on  naît  farci  de talent comme Thierry et

que  l’on  se  trouve  confronté au sein de sa pro-

pre  famille  avec  un frérot-chanteur  qui culmine

en  haut  des hits-parades et qui  devient le sym-

bole d’une génération ?

Difficile de devenir le frère de…».

Le chanteur Renaud

 

 

LE MONDE DES ARTS HIER ET AUJOURD’HUI :  D’AUTRES EXEMPLES.

 

Arthur Rimbaud

 

Le poète aux semelles de vent à la démarche typiquement luciférienne au sens décrit dans ce livre, comme ce qui est énoncé plus généralement par la critique littéraire. Il rédige « Une saison en enfer » avec une sensibilité et un talent d’écrivain exceptionnel. Rimbaud devait être également doué comme orateur et musicien ce qui est typique des N°2. A défaut d’une présence paternelle N°1 aimante (le capitaine Rimbaud abandonnera très tôt femme et enfants) le jeune Arthur s’engage très jeune dans un dangereux chemin de quête identitaire effrénée et deviendra évidemment luciférien en quête, comme il le dira, « du lieu et de la formule ».  Des   principes   N°1   dont   la   clé   ne  pouvait

lui être donnée sinon à devenir D.ieu Lui-même et Rimbaud

devint  son  propre  dieu  en  faisant  de  sa   vie un   champ

d’expérimentation de voyant qui le conduira à tous les extrê-

mes  et  à  écrire bien  entendu ses « Illuminations ». Arthur

Rimbaud  était   le deuxième enfant de la famille. Un double

N°2  qui  tenta l’aventure personnelle de devenir son propre

N°1.

Comme  Icare,  il  se détruisit en approchant le soleil devenu

soudain trop brûlant. Le soleil luciférien de Satan. On dit que

sur  son  lit  de  mort  il  aurait  fait retour à D.ieu, mais d’une

certaine  façon,  le  quitta-t-il  jamais  vraiment ?  Son  œuvre

semble au fond témoigner du contraire.

 

Arthur Rimbaud (1854-1891)

Friedrich Nietzsche

 

Un homme du même siècle, un contemporain de Rimbaud. Un philosophe et poète allemand. Premier enfant d’un pasteur, lui-même fils de pasteur. Que d’éléments N°1 en tout cela ! Tous les écrits de Nietzsche véhiculent un univers de principes. C’est l’univers d’un philosophe mais curieusement « matiné » d’un cœur de poète, ce qui relève généralement plus d’un univers de N°2 (la sensibilité, l’imaginaire, etc.).

Où se trouve la clé de cet alliage  philosophe/poète ? Nietzsche perdit son père N°1, mort d’un cancer du cerveau. La folie de Nietzsche en fin de vie serait une folie jouée et non réelle ce qui indiquerait que Nietzsche vécut de façon éminemment tragique les souffrances, la dégénérescence et la mort de son père pasteur, un être deux fois N°1 puisque père et pasteur. Ceci affecta-t-il sa foi en D.ieu (N°1) ? Sans doute. A partir de là, le jeune Friedrich grandit dans un univers exclusivement féminin (N°2), sa mère, sa sœur, sa grand-mère et ses tantes. Nietzsche, était-ce conscient ou non, était habité par l’idée d’un relationnel N°1 et N°2. Il l’exprima avec un matériau  non biblique, païen, mais ceci ne peut malgré tout que pérenniser la pertinence du relationnel N°1 et N°2 en tant que principe.

Dans la première publication de Nietzsche concernant sa pensée de l’art, « La naissance de la tragédie », il oppose et associe les figures dionysiaque et apollinienne du panthéon grec (Apollon et Dionysos représentant respectivement et de toute évidence des univers N°1 et N°2. Satan détourne et pille les biens divins jusque-là…). Ailleurs il écrira cette phrase admirable d’intuition métaphysique qui, sans qu’il le sache sans doute (mais allez savoir), s’agitait encore au fond de lui, cherchant à le réconcilier avec le D.ieu de son père.

 

Extrait de « Ainsi parlait Zarathoustra » :

 

                                                          Sils Maria

                                                          J’étais assis à attendre, à attendre, sans rien attendre,

                                                          Par-delà le bien et le mal, jouissant de la lumière,

                                                          Tantôt de l’ombre, tout jeu seulement,

                                                          Tout lac, tout midi, temps sans but.

                                                          Et soudain, amie ! Un devint Deux

                                                          Et Zarathoustra passa devant moi…

 

                                                                              (Notez les majuscules employées par l’auteur à Un et Deux. Note de l’auteur.)

                                                                                           

         

                                 Friedrich Nietzsche

 

 

Et c’est peut-être ainsi que Nietzsche, malgré une intuition métaphysique fulgurante, au lieu de renouer avec le D.ieu de la Bible, s’aventura dans la création d’un personnage, Zarathoustra, dont on peut penser qu’il n’avait pas grande importance dans le choix de l’écrivain car son Zarathoustra n’a que bien peu de rapport avec le Zarathoustra zoroastrien des Perses, vieux de plus de trois mille ans. Zarathoustra, le vrai, avait un enseignement non négligeable à étudier puisque introduisant  des notions révolutionnaires pour l’époque telles que le monothéisme, le ciel, l’enfer, la venue d’un sauveur, la résurrection des morts, un jugement dernier, etc.

Si l’on considère l’évident rapport entre les doctrines du Zarathoustra originel et celles du D.ieu de la Bible on ne peut que penser que sans doute Nietzsche, troublé dans le silence contemplatif de la montagne, manqua alors  du courage requis  pour simplement dire « et l’ange passa devant moi » ou « le Seigneur passa devant moi » au lieu de « Et Zarathoustra passa devant moi ». Car l’eût-il eu ce courage, cela l’aurait évidemment incliné à écrire ensuite une oeuvre radicalement différente ou même à se faire pasteur comme son père.

 

Nietzsche choisit délibérément un Elohim au rabais et de plus et délibérément un Zarathoustra de pacotille pour poursuivre une œuvre puissante d’apparence, vaine au final. Pour clore le chapitre « artiste » signalant en passant un duo N°1 et N°2 qui eut les allures d’une réussite : Vincent et Théo Vangogh. Un duo à étudier de ce point de vue.

 

Un autre personnage, du monde politique cette fois, attira mon attention dans les temps de préparation de ce livre :

 

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