Israël ne peut pas laisser la Russie réécrire l’histoire de la Shoah. Les responsables de l’État d’Israël ne doivent pas prêter main forte à une perversion des faits historiques propagés par le Kremlin, quelle que soit la proximité des dirigeants de Jérusalem et de Moscou. Cela ne peut pas être une condition préalable à une amitié entre les deux pays.

By 23 janvier 2020Le mot du jour

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Israël ne peut pas laisser la Russie réécrire l’histoire de la Shoah

Opinion: Les relations chaleureuses entre Moscou et Jérusalem procurent des avantages stratégiques et l’amitié de nos dirigeants peut faciliter la libération de Naama Issachar mais la Russie ne peut pas dicter les termes de cette amitié

Sever Plocker|
Publié le: 21.01.20, 23:29
Le président russe Vladimir Poutine n’a pas beaucoup d’amis proches parmi les dirigeants occidentaux, à l’exception du Premier ministre Benjamin Netanyahu.
 
Poutine et Netanyahu ont développé une relation personnelle qui fournit à Israël des avantages stratégiques, dont beaucoup sont évidents avec l’implication militaire et politique croissante de la Russie au Moyen-Orient, en particulier ses relations avec certains des ennemis les plus tenaces d’Israël.

ראש הממשלה בנימין נתניהו פגישה עם נשיא רוסיה ולדימיר פוטין ב סוצ'י

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président russe Vladimir Poutine
Photo: Reuters )
L’amitié étroite qui s’est nouée entre Moscou et Jérusalem a permis à Netanyahu de faire appel pour la libération de Naama Issachar, une Israélienne condamnée à une peine disproportionnée de 7,5 ans de prison par un tribunal russe, pour un délit mineur.

נעמה יששכר

Photo: AP )
Naama Issachar, victime d’une condamnation disproportionnée pour un délit mineur
Cependant, cette amitié ne doit pas justifier la capitulation d’Israël devant les diktats du président russe – ni sur des questions de sécurité ou d’économie et surtout pas sur des questions d’histoire.
Poutine est un invité bienvenu et honoré lors de l’événement trop politique et démesuré du Forum international de la Shoah, qui doit avoir lieu à Jérusalem jeudi.
Poutine est un invité bienvenu et honoré pour cette commémoration grand format de la Seconde Guerre mondiale, et il n’a pas non plus oublié le soutien de l’Union soviétique à la création de l’État d’Israël.
Mais l’Etat Juif se rappelle également le soutien soviétique aux États arabes pendant la guerre des Six jours et la rupture de tous ses liens diplomatiques avec Jérusalem, autour du même événement.
Israël n’a pas non plus oublié la persécution des Juifs et l’anéantissement de l’élite culturelle juive sous Joseph Staline dans les années 30 et 40. Contrairement à d’autres pays européens, la Russie post-soviétique n’a jamais vraiment mené de réflexion sur l’antisémitisme qui était si répandu à l’époque des tsars et à l’époque soviétique.
La direction israélienne doit exprimer à son ami le président russe, en toute honnêteté, son refus d’accepter l’affirmation de Poutine selon laquelle l’Occident et en particulier la Pologne sont seuls responsables du déclenchement de la guerre en 1939, la Russie ou l’Union soviétique de Staline n’ayant aucune responsabilité du tout.
C’est l’URSS qui a forgé un pacte avec le régime nazi qui a ouvert la voie à l’occupation allemande brutale de la Pologne, et qui a causé la mort non seulement de 3 millions de Juifs polonais mais de plusieurs millions d’autres de toute l’Europe.
Poutine tente d’effacer le palmarès de la Russie, mais cette défaillance majeure ne sera jamais corrigée.
Sans excuser même un instant l’antisémitisme violent qui a prospéré dans la Pologne d’avant-guerre et s’est poursuivi pendant les années de guerre, il faut rappeler à ceux qui tentent de réécrire l’histoire que le peuple polonais a été victime et les Allemands les agresseurs qui ont brutalement pris pour cible les Polonais sous leur contrôle.
Les responsables de l’État d’Israël ne doivent pas prêter main forte à une perversion des faits historiques propagés par le Kremlin, quelle que soit la proximité des dirigeants de Jérusalem et de Moscou. Cela ne peut pas être une condition préalable à une amitié entre les deux pays.

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