Skip to main content

KEHILA ECCLESIA Tome 1 de HAIM GOEL / Extrait N° 8

« On consulta de nouveau l’Éternel : Y a-t-il encore un homme qui soit venu ici ? Et l’Éternel dit : Voici, il est caché vers les bagages On courut le tirer de là, et il se présenta au milieu du peuple. Il les dépassait tous de la tête. »

Ô merveilleux débuts de Saül dans son appel à la royauté, un homme modeste au point d’en être peut-être timoré. Et de la même manière, chaque serviteur de D.ieu, de l’apôtre au prophète, etc. du Nouveau Testament, doit être un modèle d’humilité (rappelez-vous Paul, l’érudit, venu des pieds de Gamaliel, qui prêchait sans aucune supériorité de langage).

Pour ceux qui sont appelés à régner avec Christ, c’est-à-dire nous tous, peuple de D.ieu, régner avec Christ signifie essentiellement avoir découvert un grand secret, peut-être le plus grand de la vie chrétienne : l’humilité.

Rick Joyner, dans un de ses livres, en parle très bien en décrivant le chrétien à l’armure puissante mais recouverte d’un très ordinaire imperméable gris. L’humilité est au-delà de tous nos dons et ministères la cuirasse authentique qui, présente, nous protège, absente nous disqualifie.

Saül commença très bien. Peut-être même trop bien car il faut s’interroger aussi sur le caractère timoré, déséquilibré de Saul à ses débuts*. C’est un autre sujet. Sa soumission à l’Éternel manifestée à travers son écoute de Samuel devait lui attirer la faveur de l’Éternel pour régner. Mais très vite, Saül changea de point de vue. Et il avait à peine régné deux ans sur Israël qu’il quitta – à partir de ce qui peut apparaître comme un détail – cette position de la soumission à l’Éternel vécue au travers de sa relation à Samuel.

Notons au passage que du point de vue de Samuel, la soumission à la pensée de D.ieu fut toujours complète quant à et face à Saül.

Je connais certains prophètes d’aujourd’hui qui disent désespérément chercher des pères, des protecteurs à honorer, mais qui s’empressent dès le premier succès de rejeter, voire d’attaquer et de détruire si possible ceux qui ont été en quelque sorte pour eux des « rois », des vis à vis protecteurs et bienveillants.

Ils ont un zèle amer. Leur agressivité se veut spirituelle, mais elle ne révèle que leur orgueil, orgueil qui leur sera fatal. Mais là aussi, même remarque que pour Saul (voir texte avec astérisque), D.ieu ne donne-t-il pas des « rois » ou des prophètes selon le cœur des chrétiens eux-mêmes ?

Selon l’ordre de Samuel, Saül devait attendre l’arrivée du prophète qui devait accomplir l’holocauste à offrir à l’Éternel avant une certaine bataille à mener contre les Philistins.

Lisons 1 Samuel chapitre 13, tout le chapitre pour le contexte, mais principalement à partir du verset 8 au verset 13. Saül dans ces circonstances fit preuve d’indépendance, et, avec présomption, transgressa l’ordre de Samuel, pour offrir l’holocauste lui-même.

« Il attendit sept jours, selon le terme fixé par Samuel. Mais Samuel n’arrivait pas à Guilgal, et le peuple se dispersait loin de Saül. Alors Saül dit : Amenez-moi l’holocauste et les sacrifices d’actions de grâces. Et il offrit l’holocauste.

Comme il achevait d’offrir l’holocauste, voici, Samuel arriva, et Saül sortit au devant de lui pour le saluer. Samuel dit : Qu’as-tu fait ? Saül répondit : Lorsque j’ai vu que le peuple se dispersait loin de moi, que tu n’arrivais pas au terme fixé, et que les Philistins étaient assemblés à Micmasch, je me suis dit : Les Philistins vont descendre contre moi à Guilgal, et je n’ai pas imploré l’Éternel ! C’est alors que je me suis fait violence et que j’ai offert l’holocauste.

Samuel dit à Saül : Tu as agi en insensé, tu n’as pas observé le commandement que l’Éternel, ton D.ieu, t’avait donné. L’Éternel aurait affermi pour toujours ton règne sur Israël ; et maintenant ton règne ne durera point. »

Dans toute cette histoire, il s’agit de façon claire d’un exercice de complémentarité dans le duo Samuel/Saül. D.ieu est sage et des folies humaines Il tire avantage. Israël avait voulu un roi, D.ieu lui en donna un mais un roi appelé à fonctionner non pas seul mais dans une complémentarité qui implique la soumission, la Croix déjà.

Mais il y a bien plus. Il y a un exercice relationnel auquel toutes les valeurs de ce monde, faites de toutes sortes d’ambitions, s’opposent avec une totale violence.

Samuel aurait très bien pu être un prophète indépendant. Il y en eut, et qui s’égarèrent. Il y en a, et il y en aura sans doute encore. Emmené par le caractère surnaturel omniprésent chez un Samuel, nous ne sommes pas nécessairement sensibles aux extraordinaires qualités de caractère de cet homme. Chez lui, toute l’énergie semble tournée vers les intérêts de son D.ieu et ceux d’autrui ; dans ce cas-ci : de Saül.

Chez cet homme, tout est service, totale soumission à D.ieu, total dévouement à la cause de D.ieu et de son prochain.

Nous retrouvons des hommes de cette trempe ailleurs : le prophète Ésaïe avec le roi Ézéchias, le prophète Nathan face à son roi David, meurtrier et adultère, et David se soumettant, bien que roi, à la sévère et incontournable interpellation de son prophète.

La soumission l’un à l’autre, l’idée même pour beaucoup de chrétiens et de serviteurs de ce temps, de n’être que partiels et plus encore dédiés à autrui, semblent être très éloignées de la mentalité générale actuelle.

Le christianisme, ministères, médias et business musical compris, est devenu en trop d’endroits une affreuse plate-forme pour le succès. Une terrible vulgarité nous a envahis car nous étions appelés à ce qu’il y a de plus haut : donner notre vie et nous avons cherché à vivre avec un très grand V.

De plus, ironie, les gens du monde font cela mieux que nous, tellement mieux. Nous sommes indiscutablement troublés par l’aura surnaturelle que véhicule Samuel dans tout ce qui nous en est rapporté dans la Bible. Ainsi en est-il d’Élie et d’Élisée. Ainsi en fut-il d’Hénoc qui fut enlevé car il plut à D.ieu.

Mais c’est parce que leur existence même, le cœur de cette existence, était entièrement dédiée à D.ieu et aux hommes leurs frères qu’ils avaient à croiser, qu’ils accomplirent tant de prodiges et qu’ils furent trouvés spirituels.

Aujourd’hui, la recherche de puissance fait mode partout, dans le monde comme dans l’Église. Il faut paraître vite et fort, il faut briller.

Et c’est pourtant parce qu’un homme, un jour, un homme qui est le Fils de D.ieu et qui est D.ieu, choisit à son tour de suivre ce chemin de la soumission à son Père, que nous avons vous et moi été sauvés au travers de la Croix.

Vous l’avez compris, la Croix est omniprésente et doit le rester si nous voulons espérer porter du fruit qui dure ; un fruit qui en vaille la peine, de l’or et non de la paille et du foin, comme il est écrit en 1 Cor. 3, versets 12, 13, 14 et 15.

De quelle façon la Croix doit-elle être présente pour faire barrage – dans une communauté locale par exemple – à l’établissement d’un système pyramidal qui finira toujours par précipiter un homme dans le plus redoutable des pièges, le péché de Saül, qui finit par nous faire abandonner le fait de « régner » avec Christ dans l’humilité pour le fait de régner sur sa propre vision, son propre royaume ?

Nous y venons. Car tout tourne au fond pour une église et son système de fonctionnement autour du fait de comprendre comment faire fonctionner ensemble cinq ministères, des anciens, des diacres, et le peuple de D.ieu, comme fonctionnaient ensemble et dans la soumission le roi Saül et le prophète Samuel par exemple.

Prenons de la hauteur et dégageons une première chose essentielle : un roi et un prophète sont deux êtres très différents, dans l’essence même de leur identité et de leur destinée. Différences qui vont exiger de part et d’autre une constante humilité, un esprit de soumission à D.ieu et l’un à l’autre en éveil permanent, autrement dit : la Croix.

Que fait un roi en Israël ? Il règne, je ne vous apprends rien. Quand tout va bien, il fait par exemple la guerre victorieusement pour défendre son peuple. Il est au fond un surveillant des intérêts politiques et économiques de l’Éternel et de son peuple.

Que fait Samuel ? Il établit le roi. Il amène les fondements de la volonté divine pour le peuple et son roi. Il ramène sans cesse la vision du roi et du peuple de D.ieu à la pensée de D.ieu, à une vision spirituelle.

Transposons. Nous avons compris que pour le gouvernement dynamique de l’Église, il nous faut avoir mis en place les mêmes principes. La soumission mutuelle d’individus, à l’identité et la destinée spirituelle totalement différentes, afin que surgisse une tension librement consentie et hautement destructrice de toute forme d’orgueil et d’indépendance. Voilà ce que je nomme la « Croix dynamique » en action.

Si c’est le roi qui va à la gestion des affaires courantes et dans une certaine mesure à la surveillance des intérêts divins parmi le peuple en Israël, qu’en est-il dans l’Église ?

Quel est le ministère ou le service qui doit assurer cette fonction ? Quel est l’homme chargé de surveiller la construction de la Kehila comme le roi d’Israël finit par construire le Temple, la cité, ses murailles, l’homme chargé de faire régner l’harmonie, la paix, la justice parmi le peuple de l’Église ?

Et bien, ce n’est ni l’apôtre, ni le prophète, ni l’évangéliste, ni le docteur, et certainement pas le pasteur. C’est l’ancien ou l’évêque comme surveillant local ou régional.

Si par contre les prophètes en Israël établissaient les rois et apparaissaient comme des garanties vivantes de la pensée divine pour ces rois et pour le peuple tout en jetant sans cesse les bases prophétiques de la destinée du peuple choisi, qui doit assurer ces tâches dans l’Église ?

Les apôtres et les prophètes, selon ce que dit l’Écriture.

Il y a chez un Samuel quelque chose de l’apôtre et du prophète en prototype qui annonce cette écriture disant que L’Église est bâtie sur le fondement des apôtres et des prophètes. (Eph. 2, v.20)

Mais revenons-en à l’église locale. L’ancien, établi par un apôtre digne de ce nom, est donc appelé à gérer l’église locale, voire une communauté régionale d’églises locales (il sera alors appelé évêque), en s’assurant que celle-ci rentre dans sa destinée, tout en se soumettant au ministère apostolique qui l’a établi, et au ministère prophétique qui marche avec l’apôtre, dans une totale dédicace de leur vie au Seigneur et aux anciens qu’ils sont chargés d’établir.

Ainsi, l’amour mutuel, le respect et la soumission sont profondément inscrits dans la relation apôtre-ancien et ancien-apôtre. Il est clair que nous avons là la clé, c’est-à-dire la Croix, qui seule peut faire barrage à l’émergence et à la dynamique d’une structure pyramidale.

Il est évident que les autres ministères (pasteurs, docteurs, évangélistes, prophètes) s’articuleront face à des anciens crédibles, authentiquement oints et établis. Les pasteurs eux-mêmes dans cette vision des choses ne seront plus amenés à usurper, dans une solitude redoutable et un inévitable esprit de contrôle, la position qui revient à des anciens bibliques.

Ce principe de la soumission mutuelle (le principe de la Croix) est éminemment central et dynamique au cœur même des vérités bibliques les plus fondamentales.

Il fait partie du Ehad (unité en hébreu) de D.ieu. Il n’est possible que si l’amour parfait de D.ieu est installé dans nos cœurs. Il est éminemment enseigné dans un texte fameux – et si peu et si mal enseigné – qui va d’Éphésiens 5 verset 22 à Éphésiens 6 verset 9, où les six schémas relationnels humains fondamentaux, mari avec femme, femme avec mari (je renvoie à la lecture de mon livre Ehad sur ce sujet), enfants avec parents, parents avec enfants (je vous recommande ma brochure « Maudits ou bénis » à ce sujet), serviteurs et maîtres, et maîtres avec serviteurs, sont signalés avec leurs devoirs mutuels qui impliquent la soumission et la Croix les uns face aux autres.

Est-ce un hasard si, comme je l’ai inlassablement prêché depuis des années, la mention de ces six croix apparaisse juste avant qu’il ne soit fait mention du fait que nous avons à lutter contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes ?

Que signifie alors le fameux verset qui dit que les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre l’Église ?

Si ce n’est, en tout cas partiellement, que c’est en restaurant des structures bibliques pour la gestion de l’Église que cette parole pourra prendre toute sa signification.

 

 

*  D.ieu l’avait-il choisi délibérément, car connaissant son déséquilibre, pour démontrer à Israël Sa sainte jalousie ? Rappelons-nous que ce n’était pas le projet de D.ieu de donner un autre roi que Lui-même à Israël.

Leave a Reply

Lève-toi ! / Etz Be-Tzion
Translate »