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LA FAUSSE ASSURANCE DU SALUT / DAVID VINCENT : ETUDES BIBLIQUES

By 31 janvier 2015 Doctrine

Pour compléter mon article précédent sur le péché impardonnable, je vous propose une brève réflexion  sur ce que j’appellerai « la fausse assurance du salut ». Celle-ci peut se décliner sous deux aspects.

Le contexte historique

Pastorale de la peur et nécessité doute 

Au cours de son histoire, l’Eglise a développé  ce que les historiens contemporains appellent une « pastorale de la peur ». Le but était d’obtenir l’obéissance du fidèle en le terrorisant. Pour cela, il était notamment nécessaire de maintenir le chrétien dans le doute concernant son salut. Ce doute permettait à l’Eglise de contrôler la société et de récolter d’importants bénéfices, puisqu’elle se rendait indispensable au fidèle. Celui-ci pouvait tenter de racheter ses fautes en faisant de nombreux dons (messes, indulgences, etc.), qui ont notamment servi à financer de majestueux édifices encore visibles de nos jours. Cette politique a culminé à l’époque moderne. Ainsi, Charles Quint, l’empereur au moment de la Réforme de Luther, a fait célébrer pas moins de 50 000 messes pour le salut de son âme au moment de sa mort.

Réaction salutaire et loi de la pendule

C’est justement au milieu de ses doutes qu’un moine allemand, Luther, a redécouvert le rôle de la Grâce et et de la Foi dans la justification. Cette idée n’était pas nouvelle et beaucoup, avant Luther, avaient déjà insisté sur ce principe. Toutefois, c’est avec Luther que cette idée a pu réellement se diffuser dans l’Eglise et entrainer un changement en profondeur.

Cependant, comme bien souvent, la loi de la pendule s’est trouvée confirmée. Une erreur dans un sens a engendré, par contrecoup, une erreur dans le sens opposé. Ici, la redécouverte du rôle de la foi dans la justification, répondant à une grave dérive, a entrainé une autre dérive, celle d’une fausse assurance du Salut.

Fausse assurance et vrai danger

Cette fausse assurance se manifeste sous deux aspects que j’intitulerai : « une fois sauvé, toujours sauvé » et « la foi verbale ».

Une fois sauvé, toujours sauvé

Nous avons vu qu’à l’époque de Luther, l’Eglise maintenait les croyants dans le doute concernant leur salut. A l’inverse, en nous fondant sur la Bible, nous croyons qu’un chrétien peut être certain de cette salut. Toutefois, cette certitude a entrainé un autre excès, celui d’affirmer qu’un chrétien ne pourrait pas « perdre » son salut. Je mets volontairement le mot « perte » entre guillemets, car c’est le terme couramment employé lors des discussions : Peut-on perdre son salut ? Toutefois, je n’aime pas beaucoup cette expression qui donne l’impression que le salut est un simple objet, mais l’enjeu de la discussion est bien là.

En réalité, la question pourrait se poser autrement. Puisque les chrétiens sont d’accord pour affirmer que le salut opère « par le moyen de la foi », nous pourrions nous demander : un chrétien peut-il perdre ou renier la foi ? Or, malheureusement, je pense que la réponse est clairement oui.

Bien souvent, nous chutons, nous sommes infidèles. Cela ne veut pas dire pour autant que Dieu nous abandonne, bien au contraire. Il est toujours là, prêt à nous secourir, à nous remettre debout et à nous soutenir pour que nous revenions dans le droit chemin. Ainsi, ce n’est pas parce que nous péchons que nous « perdons » notre salut. Toutefois, il y a un cas particulier, celui de la rébellion contre Dieu, l’abandon de la foi, le péché impardonnable. 

Tant que nous sommes prêts à nous repentir, Dieu peut agir dans nos vies. Néanmoins, il peut arriver que des chrétiens, véritablement nés d’en haut, abandonnent complètement la foi. Dans ce cas là, leur situation est bien différente. En effet, si un chrétien renie la foi, alors il ne peut plus prétendre être au bénéfice de l’oeuvre de Christ.

Outre les passages cités dans l’article précédent, cette possibilité est visible au travers des nombreux avertissements contenus dans les lettres de l’apôtre Paul, qui n’ont de sens que si un chrétien est susceptible d’abandonner la foi. Par ailleurs, lorsque nous regardons autour de nous, ou dans l’histoire, nous pouvons très facilement trouver plusieurs exemples de chrétiens qui se sont détournés de la foi. Bien entendu, quelqu’un qui ne croit pas « à la perte du salut » pourra toujours prétendre qu’en réalité ces personnes n’ont jamais été chrétiennes. C’est là une solution de facilité pour éviter de voir le problème. Toutefois, fermer les yeux sur un problème n’a jamais permis de le résoudre.

Le deuxième danger est de croire que nous pouvons être sauvés par une « foi verbale ».

La foi verbale

La « foi verbale » est la conséquence de la séparation entre « foi » et « œuvres » au sein de la doctrine du Salut. Beaucoup de chrétiens, notamment dans le monde évangélique, s’imaginent être sauvés parce qu’ils ont « donné leur cœur à Jésus », c’est-à-dire bien souvent qu’ils ont fait une « prière de conversion » ou qu’ils ont « répondu à l’appel d’un pasteur/missionnaire/évangéliste ». Cette fausse assurance peut entrainer une certaine négligence dans notre comportement et notre vie de tous les jours. Pourtant Jésus nous met en garde :

« Ceux qui me disent: Seigneur, Seigneur! n’entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. Plusieurs me diront en ce jour-là: Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé par ton nom? n’avons-nous pas chassé des démons par ton nom? et n’avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton nom? Alors je leur dirai ouvertement: Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité. »Matthieu 7 : 21-23

Ici Jésus nous parle de personnes qui l’appellent « Seigneur, Seigneur ». Il ne peut donc s’agir ni de juifs, ni de musulmans, ni de païens, ni d’athées, mais bien de personnes qui proclament que Jésus est Seigneur, c’est-à-dire de chrétiens. Pour contourner la difficulté, on pourrait dit qu’il s’agit juste de « chrétiens de nom » qui n’avaient pas nécessairement la foi. C’est vrai, il existe beaucoup de gens, surtout dans les pays de culture chrétienne, qui se proclament chrétiens sans l’être vraiment et qui voient leur adhésion au christianisme comme une simple tradition culturelle, un héritage familiale. Mais que disent ces gens là ?

« Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé par ton nom? n’avons-nous pas chassé des démons par ton nom? et n’avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton nom? »

Remarquons que dans sa réponse, Jésus ne les contredit pas, Il ne nie pas leurs actions. Pensez-vous que toutes ces choses puissent être faites sans la foi ? Bien sur que non, ces gens ont cru à Jésus, ils ont cru à ses promesses et ils ont réalisé des œuvres miraculeuses qui témoignent visiblement de leur foi, et pourtant…

Conclusion

Laissons donc la parole de fin à Jésus et à Jacques et prenons au sérieux ces deux avertissements qui répondent aux deux dérives évoquées dans cet article :

« Je suis (c’est Jésus qui parle) le vrai cep, et mon Père est le vigneron. Tout sarment qui est en moi et qui ne porte pas de fruit, il le retranche; et tout sarment qui porte du fruit, il l’émonde, afin qu’il porte encore plus de fruit.  Déjà vous êtes purs, à cause de la parole que je vous ai annoncée. Demeurez en moi, et je demeurerai en vous. Comme le sarment ne peut de lui-même porter du fruit, s’il ne demeure attaché au cep, ainsi vous ne le pouvez non plus, si vous ne demeurez en moi. Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire. Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors, comme le sarment, et il sèche; puis on ramasse les sarments, on les jette au feu, et ils brûlent. Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé.  Si vous portez beaucoup de fruit, c’est ainsi que mon Père sera glorifié, et que vous serez mes disciples. Comme le Père m’a aimé, je vous ai aussi aimés. Demeurez dans mon amour. Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, de même que j’ai gardé les commandements de mon Père, et que je demeure dans son amour. » Evangile selon Jean 15 : 1-10

« Il en est ainsi de la foi: si elle n’a pas les œuvres, elle est morte en elle-même. Mais quelqu’un dira: Toi, tu as la foi; et moi, j’ai les œuvres. Montre-moi ta foi sans les œuvres, et moi, je te montrerai la foi par mes œuvres. Tu crois qu’il y a un seul Dieu, tu fais bien; les démons le croient aussi, et ils tremblent. Veux-tu savoir, ô homme vain, que la foi sans les oeuvres est inutile? Abraham, notre père, ne fut-il pas justifié par les œuvres, lorsqu’il offrit son fils Isaac sur l’autel? Tu vois que la foi agissait avec ses oeuvres, et que par les oeuvres la foi fut rendue parfaite. Ainsi s’accomplit ce que dit l’Ecriture: Abraham crut à Dieu, et cela lui fut imputé à justice; et il fut appelé ami de Dieu. Vous voyez que l’homme est justifié par les œuvres, et non par la foi seulement. Rahab la prostituée ne fut-elle pas égalementjustifiée par les œuvres, lorsqu’elle reçut les messagers et qu’elle les fit partir par un autre chemin? Comme le corps sans âme est mort, de même la foi sans les œuvres est morte.  » Epître de Jacques 2 : 17-26

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  • Haïm Goël dit :

    Un bon article sur le sujet bien que la fin « péche » par une faiblesse lorsque l’auteur semble confondre chrétiens de tradition et personnes qui auraient connus une vie de l’esprit puissante en chassant des démons, etc. Il s’agit là, non de chrétiens de tradition qui n’ont en lieu et place de foi qu’une forme d’adhésion religieuse qui ne leur permet pas de produire de puissants miracles, mais de véritables chrétiens apostasiés ou réprouvés.
    Haim Goel

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