La marche funèbre de la gauche bigote (F-O. Giesbert)

By 14 novembre 2019 Le mot du jour

Franz-Olivier Giesbert : La marche funèbre de la gauche bigote

 

Cette « gauche islamisante », qui se croit progressiste en s’associant dimanche à la marche contre l’islamophobie, trahit les valeurs de ses aînés.

Si la gauche française fait de plus en plus penser aux morts-vivants des films d’horreur, c’est parce que, depuis quelque temps, une partie non négligeable d’entre elle renie son histoire et piétine ses valeurs. Incarnation de la laïcité pendant des générations, la voici désormais enclouée dans la religiosité, la cagoterie.

Imagine-t-on Jaurès, Clemenceau, Guesde défiler au milieu des curés, des ostensoirs et des encensoirs, pour dénoncer une législation liberticide, avant l’adoption de la loi de 1905, séparant l’Église et l’État ?

Que leurs prétendus héritiers, les Mélenchon, Autain, Hamon, se commettent aujourd’hui avec l’islam le plus obscurantiste, c’est bien la preuve que cette gauche a la tête à l’envers.

Après les grenouilles de bénitiers, voici venu le temps des pigeons de tapis de prière. À l’appel, entre autres, du très louche Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), ces soi-disant républicains se retrouvent côte à côte avec des Frères musulmans aussi mielleux par-devant qu’ils sont totalitaires par-dessous (1), ou des prédicateurs salafistes glorificateurs du « viol conjugal », pour demander le retrait de « lois liberticides » (celle de 2004 contre les signes religieux à l’école et celle de 2010 interdisant le voile intégral). Oh, le beau monde !

La vieille droite chrétienne de la fin du XIXe n’a tiré aucun profit de ses décennies de concubinage avec la hiérarchie catholique.

Elle était même à l’agonie quand a été consacrée, en 1905, la laïcité à la française. Le même sort attend cette gauche fatiguée qui est devenue l’alliée objective – pour ne pas dire « l’idiote utile » – de l’islamisme. Ces jocrisses ont tout perdu, la morale, le sens commun.

La haine contre les juifs se traduit par trois fois plus d’actes violents que celle qui vise les musulmans.

Que la gauche ait décidé de manifester contre l’islamophobie, pourquoi pas ? Les statistiques officielles montrent que la haine contre les juifs se traduit par trois fois plus d’actes violents que celle qui vise les musulmans.

Sans parler des listes de juifs qui circulent sur Twitter, comme au temps du IIIe Reich, et où figure, entre autres, le nom de votre serviteur qui n’est pas juif, mais dont le grand tort est de défendre la communauté juive et le droit d’Israël à l’existence. Les cafards sont de retour.

Depuis 2006, plus de dix Français juifs ont été assassinés en tant que juifs par des islamistes, alors qu’aucun islamiste n’a été tué, que l’on sache, par des extrémistes juifs. Mais ce sont les islamistes qui seraient les victimes ! Électoralement, il est vrai que les juifs ne pèsent pas très lourd.

S’ils se sentent abandonnés par une certaine gauche, c’est parce que, par calcul électoral moins que pour bêtise crasse, elle a jeté son passé par-dessus bord : jadis fascinée par le totalitarisme communiste, elle est aujourd’hui en pâmoison devant l’islamisme politique.

Ne sachant plus où elle habite, cette gauche islamisante est prête à tout pour ramasser des voix. Frappée de berlue, elle a fini par confondre, à l’instar d’Edwy Plenel, les musulmans avec les « damnés de la terre, » comme dit l’Internationale, sur des paroles d’Eugène Pottier.

En plus, ses grands échecs (stalinisme, maoïsme, etc.) ont nourri en elle une telle exécration de la société que ses apparatchiks sont prêts à toutes les alliances, fussent-elles contre nature, comme au temps des fronts communs entre nazis et communistes, dans l’Allemagne du début des années 1930. Staliniens, salafistes, trotskistes, maoïstes, Frères musulmans, même combat !

« C’est une trahison historique impardonnable », déclare Amine El Kathmi, président du Printemps républicain, élu avignonnais, musulman pratiquant, laïque militant, auteur d’un incisif et courageux Combats pour la France (2) que vous devez lire de toute urgence si vous croyez encore que tous les enfants d’immigrés sont tombés dans l’islamisme politique, maladie sénile des marcheurs de la honte.

« L’islamophobie, dit El Kathmi, c’est un terme imposé par les islamistes pour empêcher la critique de la religion. Moi, la haine contre les musulmans me révulse, mais je veux que, dans ce pays, nous puissions collectivement garder le droit de nous moquer des religions. »
Gauche collabo ? Suicidaire ? Poltronne ? Couchée ? On a beau chercher, il n’y a pas de mots pour ça. Quand on n’est même plus soi-même, on finit, un jour, par n’être plus personne.

Ce jour est arrivé pour les personnalités qui ont défilé, bras dessus bras dessous, avec les Machiavel islamistes du CCIF. Élevés depuis longtemps dans la pensée magique, ces « progressistes » se sont naturellement tournés vers les islamistes, victimes du capitalisme, comme on n’a cessé de l’observer, défense de rire, dans… les Émirats et en Arabie saoudite.

Religions idéologiques et mortifères, l’islamisme et le trotsko-communisme étaient faits pour s’entendre. Mais les autres, tous les autres ? Que sont-ils venus faire dans cette galère ?

(1) Cf. l’excellent livre de Mohamed Sifaoui, Taqiyya ! Comment les Frères musulmans veulent infiltrer la France, aux éditions de l’Observatoire.
(2) Fayard.

SOURCE :www.lepoint.fr

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