Le shabbat dans l’histoire de l’église. Partie 3

By 1 février 2014Doctrine

Les Vaudois Sabbatati

 

Il est allégué que les Vaudois ou Vallenses ont obtenu le nom Insabathas ou Insabbatati, parce qu’ils n’observaient aucun jour de repos, sauf le Sabbat. Ils ont été  nommés Insabathas, comme s’ils n’observaient aucun Sabbat (parce qu’ils n’observaient pas le dimanche) (Fore-Runners de Luther, pp. 7-8 (inexactement cité; voir aussi Guy, Manuel d’Inquisiteur)). Les Vaudois n’ont pas obtenu leur nom de Pierre Valdes, c’est plutôt le contraire. Les historiens Catholiques écrivent afin de donner l’impression que les Vaudois étaient une innovation tardive et essayent de créer l’impression qu’ils, les Catholiques, ont l’autorité apostolique et que toutes les autres Églises sont des ramifications surgies plus tard.

Certains Protestants ont avalé cette propagande à cause de la nature de la première histoire des Vallenses, qui était Subordinationiste, observant le Sabbat. Peter Allix en dit :

Il n’est pas vrai que Valdes a donné ce nom aux habitants des vallées : ils ont été appelés Waldenses, ou Vaudes, avant son temps, du nom des vallées dans lesquelles ils ont demeuré (Ancient Church of Piedmont, Oxford, 1821, p. 182).

Allix continue en disant que :

Certains Protestants, sur cette occasion, sont tombés dans le piège qui a été mis pour eux…. Il est absolument faux que ces églises ont été fondées par Pierre Valdes…. C’est une contrefaçon pure (ibid., p. 192).

William Jones (History of the Christian Church, Vol. 2, p. 2) déclare qu’il :

a été appelé Valdus, ou Valdes, parce qu’il a reçu ses notions religieuses des habitants des vallées.

Quand on examine l’évidence des textes et les écrits des apologistes Catholiques comme N. A. Weber, il n’y a aucune preuve présentée à part le fait que les deux Barbes (signifiant Oncles ou Aînés) des Vaudois ont été appelés Vallenses pour la première fois par Raymond de Daventry dans sa condamnation de 1179 et Bernard de Fontcaude a pris le titre dans sa condamnation de 1180 (Adversus Vallenses et Arianos). Adeney note cela dans son œuvre mais Weber ne le fait pas. Il est présentement allégué que le terme Vallenses a été dérivé de Valdes. Cependant, ce n’est en aucun cas certain puisque le nom lui-même se réfère aux vallées et pas à Valdes. Par conséquent, quoique l’affirmation soit faite par Weber et apparemment par Adeney, la conclusion peut être rejetée comme  supposition.

Il semble que la réorganisation à Milan provenait de l’infusion des Sabbatati d’Autriche et du Nord-Est, compte tenu de ce que nous pouvons rassembler des mouvements. L’établissement du collège à Milan avec une forte base en Autriche atténue donc l’hypothèse d’un fondement par Valdes. En effet, Blair, dans son History of the Waldenses (Vol. 1, p. 220), dit que :

Parmi les documents, nous avons une explication des Dix Commandements par ces mêmes gens datée de 1120 par Boyer. L’observance du Sabbat en cessant les travaux temporels est imposée.

Donc, les Vaudois étaient des Unitaires Subordinationistes observant le Sabbat bien avant que Valdes entre en scène. Selon Dugger et Dodd, A History of the True Religion, (3ième éd. Jérusalem, 1972, p. 224 suiv.).

Benedict, dans son histoire des Baptistes, dit des Waldenses : ‘nous avons déjà observé de Claudius Seyessel, l’archevêque papiste, qu’un Léo a été accusé d’avoir produit l’hérésie Vaudoise dans les vallées, à l’époque de Constantin le Grand. Quand ces mesures sévères ont émané de l’Empereur Honorius contre ceux qui rebaptisaient [les Anabaptistes], ils ont quitté le siège de l’opulence et du pouvoir et ils ont cherché des retraites à la campagne et dans les vallées de Piémont (Italie) lesquelles, particulièrement, sont devenues leur retraite contre l’oppression impériale’.

Rainer Sacho, un auteur Catholique, dit des Waldenses: ‘il n’y a aucune secte plus dangereuse que les Léonistes, pour trois raisons: d’abord, c’est la plus ancienne; certains disent qu’elle est aussi vieille que Sylvester; d’autres, que les apôtres eux-mêmes. Deuxièmement, elle est, dans l’ensemble, très disséminée; il n’y a aucun pays où elle ne s’est pas implantée. Troisièmement, tandis que d’autres sectes sont profanes et blasphématoires, celle-là conserve l’apparence extrême de la piété; ils vivent justement devant les hommes et ils ne croient rien concernant Dieu qui n’est pas bon ‘.

Sacho admet qu’ils ont été florissants au moins cinq cents ans avant le temps de Pierre Valdes. Gretzer, un jésuite qui a écrit contre eux, admet aussi leur antiquité. Crantz, dans son « History of the United Brethren« , parle de cette classe de Chrétiens dans les mots suivants :

‘Ces anciens Chrétiens ont leur origine au début du quatrième siècle, quand un certain Léon, lors de la grande révolution dans la religion sous Constantin le Grand, s’est opposé aux Innovations de Sylvester, évêque de Rome….

Selon Allix:

Les Réformateurs ont maintenu que l’Église Vaudoise a été formée vers 120 A.D., date à partir de laquelle ils ont transmis de père en fils les enseignements qu’ils ont reçus des apôtres. La Bible latine, l’Italique, a été traduite du grec pas plus tard que 157 A.D. Nous sommes endettés envers Beza, l’associé renommé de Calvin, pour la Déclaration que l’Église Italique date de 120 A.D.. (Churches of Piedmont de Allix, 1690 éd., p. 177 etOur Authorized Bible Vindicated de Wilkinson, p. 35 et Introduction de Scrivener, Vol. II, p. 43, cf. Dugger et Dodd A History of the True Religion, pp. 224-225).

La formation en 120 est compatible avec l’envoi des disciples de Polycarpe de Smyrne (et d’Éphèse) tel que mentionné lorsque nous avons traité de la persécution de l’Église à Lyon, sous Marcus Aurelius en 177, dans laquelle Photinus, le disciple de Polycarpe, a été martyrisé et le passage de l’information est retourné à Smyrne. Les Églises en Gaule ont été soumises au Concile de Milan pendant des siècles, tel qu’établi ici, jusqu’à l’interférence Papale.

Dugger et Dodd notent aussi (p. 226) que :

Atto, l’évêque de Vireulli, s’était plaint de tels gens quatre-vingt ans auparavant [avant 1026 A.D.] et d’autres avaient fait de même avant lui et il y a toutes les raisons de croire qu’ils ont toujours existé en Italie (cf. Church History de Jones, p. 218).

Ainsi, l’établissement du collège Vaudois à Milan est une extension naturelle de cette orientation. Dugger et Dodd continuent en citant Mosheim :

En Lombardie, qui était la résidence principale des hérétiques italiens, il est apparu là une secte singulière, connue, pour quelle raison, je ne peux pas le dire, par la dénomination Passaginiens…. Comme les autres sectes déjà mentionnées, ils avaient une aversion extrême pour la discipline et la domination de l’Église de Rome; mais ils étaient, en même temps, distingués par deux principes religieux qui étaient particuliers à eux.

Le premier était une notion que l’observance de la Loi de Moïse en tout sauf en l’offrande de sacrifices était obligatoire pour les Chrétiens; par conséquent, ils… s’abstenaient de ces viandes, dont l’utilisation a été interdite sous l’économie de Moïse et ils célébraient le Sabbat juif. Le deuxième principe qui a distingué cette secte a été promu en opposition à la doctrine de trois personnes dans la nature divine (Eccl. Hist., 12 Cent, Part 2, Ch. 5, Section 14, p. 127 : tel que cité par Dugger et Dodd, emphase conservée).

Dugger et Dodd continuent en disant :

Que les Cathares ont vraiment conservé et observé l’ancien Sabbat et que cela est certifié par les adversaires papistes. Le Docteur Allix cite un auteur Catholique Romain du douzième siècle, concernant trois sortes d’hérétiques – les Cathares, les Passiginiens et les Arnoldistés. Allix dit de cet auteur papiste que –

‘ Il l’expose aussi comme une de leurs opinions, ‘ que la loi de Moïse doit être observée selon la lettre et que l’observance du Sabbat … et d’autres observances légales, doivent être respectées. Ils maintiennent aussi que Christ, le Fils de Dieu, n’est pas égal avec le Père et que le Père, le Fils et l’Esprit Saint, ces trois … ne sont pas un Dieu et une substance; et, en plus de ces erreurs, ils jugent et condamnent tous les docteurs de l’Église et universellement l’Église Romaine entière… (Eccl. Hist. of the Ancient Churches of Piedmont, pp. 168-169, cf. Dugger et Dodd, pp. 227-228).

On peut donc voir que les Cathares, les Vaudois et les Passiginiens étaient des branches du même groupe. Ils pouvaient être différenciés, parce qu’ils n’ont jamais été une église hiérarchique. Ils ont été organisés d’après les lignes du Nouveau Testament et c’est une raison des raisons pour lesquelles ils n’ont jamais été complètement anéantis. Plus particulièrement, on voit qu’ils sont spécifiquement Subordinationistes et définitivement Unitaires. Donc, les Églises originales en Europe n’étaient ni Dithéistes/Binitaires ni Trinitaires mais elles étaient Unitaires.

Dugger et Dodd notent aussi (pp. 228-229) qu’ils ont porté un autre nom : celui de Paterines, qui a semblé provenir du fait qu’à Liman où il a d’abord été utilisé, il correspondait à l’équivalent anglais de vulgaire ou commun et il était utilisé des ordres inférieurs d’hommes qui tiraient leur revenu du travail manuel. Dugger et Dodd allèguent que Gazari est une corruption de Cathares ou  Puritains; cependant, il y a une autre application. Ils n’adressent pas du tout la question de l’influence des Khazari ou Khazars, tel que noté ci-dessous.

Il n’y a aucun doute que les Vaudois étaient une secte Subordinationiste avant et en 1179 juste avant le Concile de Lateran (cela n’est même pas mentionné par Weber). Leurs deux barbes, Olivier et Sicard, se sont disputés avec l’évêque Montperoux entre 1175-76 et, deux ou trois ans plus tard, le Pape Alexandre III a envoyé le cardinal de St-Chrysogone, Henri de Citeaux, et Réginald, évêque de Bath, alors en chemin pour le  Concile de Lateran, accompagné par le moine Walter Mapes et le prêtre Raymond de Daventry à Toulouse pour s’informer sur la question. Deux barbes des Vallenses, Bernard de Raymond et Raymond de Baimiac, sont venus là, sous sauf-conduit, pour être examinés par Jean de Bellesmains, évêque de Poitiers. Ils sont ensuite allés à Narbonne pour être examinés par Bernard de Fontcaude, sous la présidence du prêtre anglais Raymond de Daventry. C’est ce prêtre, Raymond de Daventry, qui utilise pour la première fois le nom de Vallenses ouWaldenses. Ils ont donc été nommés par leurs enquêteurs du nom d’un de leurs dirigeants. Les deux barbes ont été condamnés comme hérétiques par Raymond de Daventry en 1179, qui s’est ensuite rendu au Concile de Lateran. Nommer les sectes d’après le nom de leurs dirigeants principaux a été la pratique habituelle pendant des siècles et cela donne une impression fausse quant à la source de pensées et aux groupements qu’ils représentent.

En 1180, Bernard de Fontcaude a écrit le livre intitulé Adversus Vallenses et Arianos (voir Hist. des Vaudois de Gay, p. 16, n. 1 et aussi Adeney, ibid. P. 667). Adeney dit que :

Il semble que ces discussions sont provenues de l’union des Petrobrusiens et des Henriciens avec les Pauvres Hommes de Lyon en Provence. Au même moment, les disciples de Valdes se sont unis avec les Arnauldistes en Lombardie. Donc, les Vaudois de France et d’Italie étaient unis et leur union a été cimentée par la persécution. Une sentence d’excommunication par le Concile de Verona a purifié Lyon des disciples de Valdes qui restaient et les a chassés en Provence, à Dauphine et dans les vallées de Piémont, à Lombardy et certains même en Allemagne. Ils étaient devenus si nombreux qu’Innocent III a envoyé ses meilleurs légats pour les supprimer dans les années 1198, 1201 et 1203.

Il n’y a aucun doute, cependant, que nous avons affaire à une doctrine Unitaire Subordinationiste qui a été classée comme et avec l’Arianisme. Dans la suppression de 1203, les légats incluaient un évêque espagnol et Dominique (appelé saint), le fondateur des Dominicains, qui a alors participé à l’Inquisition avec les Bénédictines. Ils ont tenu une succession de discussions qui ont duré jusqu’en 1207, quand le légat Pierre de Chateauxneuf a été tué. Deux ans plus tard, le Pape a déclaré la croisade. Adeney se réfère simplement à la croisade comme une croisade mais c’était en fait la croisade Albigeoise et les Vaudois ont été le sujet de cette croisade dans le même sens. En 1210, l’empereur Otho a ordonné à l’archevêque de Turin de chasser les Vaudois de son diocèse et, en 1220, les Lois de Pignérol ont interdit aux habitants de les héberger. Certains se sont enfuis en Picardie et Philippe Augustes les a chassés en Flandres. Certains sont venus à Mayence et Bingen où 50 ont été brûlés en 1232. (Adeney, ibid.).

Ils ont été vus tôt en Espagne, condamnés par des Conciles d’Église et tourmentés par trois des Rois (ibid.).

Cette période est pendant l’Inquisition et la croisade Albigeoise qui s’est étendue en  Espagne de la France (voir ci-dessous). Ces gens étaient des accumulations de divers groupes de Chrétiens. Certains de ces groupes ont non seulement semblé observer le Sabbat à ce moment-là mais ils ont été persécutés pour observer les Jours Saints bibliques. Cela doit être déduit des décrets les concernant, puisque seulement les confessions obtenues sous la torture survivent. Par conséquent, les comptes rendus sont suspects. La preuve catégorique existe cependant dans certaines Églises (par exemple, de Hongrie).

Il est important de noter que la croisade dont il est question plus haut comme ayant commencé en 1209, était, en fait, la croisade Albigeoise, qui a duré jusqu’en 1244 et qui a été le sujet de la suppression la plus impitoyable. Les autorités ont attisé la haine la plus extrême contre les soi-disant hérétiques et les ont ensuite soumis à l’Inquisition (voir C. Roth Spanish Inquisition, pp. 35-36 pour les commentaires). La distribution des Vaudois, au cours de la même période, montre que nous avions affaire avec tous ces groupes de gens ayant la même distribution que les Albigeois. LesVaudois étaient des litéralistes bibliques qui étaient Subordinationistes, appelés (incorrectement) Ariens.

Les non-Trinitaires en Espagne étaient identifiés avec les Juifs dans leurs habitudes et leur non-Trinitarisme, bien que, par le décret inquisitorial postérieur de 1519 par Andres de Palacio, les sectes Chrétiennes aient été en grande partie dispersées ou complètement occultes (voir Roth p. 77 pour le décret). Par ailleurs, les Vaudois d’Italie semblent être devenus Trinitaires après la réformation et l’histoire postérieure, écrite par des Protestants et quelque peu auto-justificatrice, semble nier l’histoire précédente du littéralisme biblique.

En 1237,  le Pape Grégoire IX

a envoyé un taureau à l’archevêque de Tarragona et le résultat fut que quinze des hérétiques ont été brûlés, le Roi Ferdinand lui-même mettant du bois sur le feu. Avec le temps, ces Vaudois espagnols ont été exterminés (Adeney, ibid.).

Les Vaudois étaient aussi répandus en Allemagne où leurs Églises ont envoyé des candidats pour le ministère à un collège Vaudois à Milan. Le recteur du collège était John de Ronco qui a été nommé recteur à  vie, malgré la désapprobation de Valdes.

C’était ce fait qui a abouti à la division entre le groupe français et le groupe italien et allemand. Les Lombards ont nommé leur propre pasteur en chef (proepositus). Celui-ci et leur ministère étaient en fonction à vie, tandis que Valdes et les Vaudois français sous son autorité élisaient des dirigeants annuels pour administrer le Dîner du Seigneur et servir de pasteurs. Ainsi, nous pouvons établir que nous avons affaire avec un groupe qui, au treizième siècle, observait le Dîner du Seigneur sur une base annuelle. La suggestion qu’ils observaient le dimanche à ce moment-là est impossible à supporter.

Le problème extraordinaire rencontré à cet égard est celui de l’existence des Albigeois du côté Nord français des Alpes. Les vallées italiennes du Sud étaient occupées par les Vaudois. De la division mentionnée auparavant, il est plus probable que les noms, conférés par les Inquisiteurs Catholiques, ont assumé une réalité par eux-mêmes. Les décrets en Espagne montrent cependant que nous avons affaire avec la même secte. La division suivante aurait assumé une réalité différente, quand la secte est devenue Protestante Trinitaire. La Bohême, 40 ans après la mort de Valdes, selon l’Inquisiteur de Passau, avait 42 prétendus nids d’hérésie (Adeney, op. cit.). Le roi Otakar a commencé la persécution, qui a été le plus sévère sous le pape Benedict XII en 1335. L’ascension du mouvement Hussite a abouti en une fusion de certains des deux groupes, sous le nom de Taborites. Adeney soutient que le plus célèbre de ceux-ci était le barbe Frederic Reiser. Après 25 ans, parmi les Vaudois de la Bohême et d’Autriche, il a été brûlé à Strassburg en 1458.

Il y a donc au moins quatre groupes dans huit pays environ, dont certains ont été intégrés avec les Protestants. Il y avait des Subordinationistes ou des Unitaires en Autriche, au treizième siècle, et l’Inquisiteur de Krems a dénoncé 36 localités en 1315, brûlant 130 martyrs. L’évêque de Neumeister a été brûlé comme un de ces hérétiques à Vienne. On dit qu’il a déclaré qu’il y avait environ 80,000 Vaudois dans le duché d’Autriche. À la fin du quatorzième siècle, il y a eu une persécution épouvantable en Styrie. Il y a eu une mission organisée en Italie en provenance de l’Autriche où les missionnaires ont voyagé comme des colporteurs (Adeney, ibid.). Le mouvement avait un collège à Milan quand Valdes était vivant. De ces points, il est difficile d’affirmer, comme Adeney semble le faire, que les Subordinationistes en Autriche étaient Vaudois, étant donné que l’évangélisme en Italie venait de l’Autriche. L’évêque était plus probablement du même groupe, nommé plus tard Vaudois. Le groupe a aussi été appelé Sabbatati et, par la suite, Insabbatati, qui est prétendument dérivé des sabots en bois ou chaussures qui étaient portés. C’est plus probablement une corruption de leurs vues sur le Sabbat, transformé en un jeu de mots. Cela s’est alors développé dans les termes Sabotiers et, ensuite, Sandaliati. Weber (C. E., art. Waldenses, Vol. XV, p. 528) échoue à noter la distinction linguistique entre les mots et les entremêle, en fait, dans leur ordre afin de confirmer sa position. Il affirme aussi que la secte était dérivée de Valdes, ignorant presque complètement l’évidence mentionnée par Adeney. Peut-être qu’Adeney avait accès à plus d’information mais le parti pris dans l’œuvre de Weber est considérable et compréhensible, étant donné l’histoire.

L’archevêque avait interdit aux Vaudois de prêcher et il est dit qu’ils ont fait appel au troisième Concile de Lateran, sous Alexandre III, bien qu’ils aient été condamnés avant le Concile en 1179, comme nous l’avons vu plus haut. Ils avaient été convoqués pour l’examen. On doit se rappeler qu’à cette époque-là, le système médiéval assurait que les états étaient la propriété de leurs seigneurs, sous la direction de Rome, et qu’il n’était pas possible d’avoir une croyance qui n’était pas en accord avec Rome. C’est pourquoi, ils devaient comparaître lorsqu’ils étaient convoqués, même s’ils ne prêtaient pas allégeance à Rome. Ne pas faire ainsi signifiait d’être brûlé, de toute façon.

Une autre division vitale parmi les Vaudois s’est produite suite à l’enseignement des Vaudois italiens que les sacrements administrés par des prêtres indignes étaient inefficaces. Les Français n’ont pas accepté cette vue. Les Italiens ont désavoué tous les sacrements des prêtres romains et ils ont, en même temps, insisté sur l’adhérence stricte aux enseignements du NT. Cette division a été discutée à une conférence en mai 1217, l’année de la mort de Valdes (Adeney, ibid.). Les deux branches de Vaudois ont rétabli le contact avec le temps, mais nous avons clairement de très grandes divisions et l’existence en France d’un groupe coexistant avec les Albigeois.

Au quinzième siècle, les records de l’Inquisition révèlent qu’il y avait un nombre grand et influent de Vaudois dans le centre de l’Italie. À Calabria, les Vaudois de Piémont ont convaincu la plupart dans la zone. Ils ont été florissants pendant 250 ans, puis, ils ont été presque exterminés par une persécution systématique (Adeney, ibid.).

Le système français de gouvernement dans l’Église, malgré Valdes, était épiscopal, tandis que l’italien était presbytérien, étant composé d’un gouvernement d’Église sous forme d’un conseil, avec un pasteur principal et un conseil de laïcs. Le synode annuel comprenait des aînés et des laïcs en nombres égaux (Adeney, ibid.).

Les Vaudois sont graduellement devenus centrés dans les vallées sur le côté italien des Alpes Cottian. Le Vaudois a donc été affirmé comme étant un nom géographique. Adeney le nie et admet que le nom Valdes provient des Pauvres Hommes de Lyon ; par conséquent, les premières étapes sont, hors de tout doute, reconnues comme étant générales à travers les Alpes et, ainsi, exposées aux, et associées avec les Albigeois. Il est fortement improbable que les sectes Subordinationistes, appelées incorrectement Manichéens par les Catholiques, se seraient répandues des Balkans, à travers l’Autriche, en France et en Espagne et contourner d’une façon ou d’une autre les Alpes et les Vaudois, qui ont occupé des régions semblables.

La solution la plus probable est que les Vaudois ont changé sous la persécution et sont devenus Protestants pour survivre. Après qu’ils ont cessé d’être Subordinationistes, c’est peu étonnant qu’ils ont observé le dimanche. En effet, leurs historiens postérieurs prétendent qu’ils ont toujours été ainsi. Au quinzième siècle, les vallées ont subi une intense persécution de la part du duc de Savoie, forçant un grand nombre à émigrer en 1434. En 1475, l’Inquisiteur Acquapendente, après avoir visité la vallée Luserna, a contraint les suzerains à supprimer la religion là-bas et à obéir à l’Inquisition. Une rébellion a résulté qui a emmené l’intervention du duc Charles I en 1484. La première attaque sérieuse, avec des forces armées, a eu lieu sous Philip II (régent de Savoie en 1490 et duc en 1496) en 1494, mais Philip a été si désastreusement défait qu’il a fait la paix avec eux pendant 40 ans. Adeney admet qu’il n’est pas facile d’être clair, quant aux vues théologiques des Vaudois pendant cette période.

Quand nous rencontrons une déclaration Vaudoise de croyances, elle est postérieure à la Réformation et elle est caractérisée par des doctrines et des phrases distinctes de ce mouvement. Le premier Protestantisme était en partie négatif, dans le rejet des enseignements Catholiques Romains et des pratiques qui ne pouvaient pas être justifiées par le NT et, dans la mesure où il était positif, un retour à la simplicité et à la spiritualité de l’adoration qu’on croyait être la caractéristique de l’Église primitive (Adeney, p. 668).

Quand la Réformation a éclaté, les seuls groupes organisés sur le continent étaient les Vaudois et, plus tard, les Hussites ou les Frères Bohèmes, tous les deux désignés Vaudois par les Protestants et les Catholiques Romains (Adeney, ibid.). Ainsi l’application de ces noms est imprécise, même au temps de la Réformation. Les doctrines des premières périodes ne peuvent pas être établies avec certitude. Cependant, il n’y a aucun doute qu’ils étaient des Unitaires Subordinationistes, classifiés comme Ariens et qu’ils célébraient le Dîner du Seigneur. Cette pratique était normalement associée avec ceux qui observaient le Sabbat. C’est cependant la pratique des Protestants observant le dimanche de se référer parfois à l’Eucharistie comme le Dîner du Seigneur. Si on suppose que la pratique a été utilisée en sa référence habituelle, alors, logiquement, la compréhension du Sabbat précède celle de la Pâque/du Dîner du Seigneur. Les textes ci-dessus les identifient comme des gens observant le Sabbat. Adeney n’aurait probablement pas mal compris le terme Dîner du Seigneur.

Les Vaudois ont eu un synode à Piémont en 1531, pour discuter le rapport des doctrines Protestantes par George Morel. Ils étaient divisés sur la question d’accepter le Protestantisme. Les deux groupes ont été nommés Conservateurs et Innovateurs (voir Adeney, notez p. 668). Il n’y a donc aucun doute que leurs doctrines originales n’étaient pas Protestantes. À partir de ce moment-là, ils se sont fusionnés avec les Protestants. Le rejet de Rome et du rituel Médiéval, qui était considéré comme idolâtre, la spiritualité de l’adoration et l’utilisation de l’Écriture dans le vernaculaire étaient des vues Vaudoises qui ont trouvé un appui apprécié des puissants et nouveaux réformateurs Protestants. À partir de 1532 et du synode de Chamforans à Angrogna, un certain nombre de réformes ont eu lieu.

1. L’adoption de l’adoration publique par les Églises Vaudoises au lieu de réunions secrètes;

2. Une condamnation absolue de la tradition de certains Vaudois d’assister à des services Catholiques (Il fait peu de doute que cela s’est développé par crainte de persécution (voir aussi Apoc. 2:20-22));

3. Une acceptation des vues des réformateurs sur la prédestination, les bonnes œuvres, les serments, le rejet de la confession obligatoire, les jeûnes du dimanche, le mariage du clergé et les deux sacrements.

Les questions ont été votées par l’assemblée et supportées par la grande majorité.

Les Vaudois, du côté français des Alpes, qui étaient pour la plupart des conservateurs, ont été fusionnés avec le Protestantisme français. La persécution en Bohême et dans le Sud de l’Italie a presque exterminé les Églises des Vaudois dans ces régions, laissant seulement Piémont et les vallées italiennes des Alpes Cottian, appelé le pays Vaudois, comme le seul habitat important (Adeney, p. 669) bien que plusieurs ont été dispersés parmi les Protestants suisses et allemands.

En 1536, Piémont a été sous le dominion du Français Francis I et ce, jusqu’en 1559. William de Furstenburg, un Protestant résolu, a été nommé gouverneur et il était ami des Vaudois. Il a laissé le frère du réformateur Farel en charge de Luserna et les Vaudois ont prospéré mais ils étaient néanmoins, à ce moment-là, bel et bien Protestants. Il est, par conséquent, trompeur de dire qu’ils ont toujours été des adorateurs du dimanche, parce qu’ils n’ont même pas été des Trinitaires avant la fin du quatorzième siècle et, alors, seulement sous la persécution. En fait, il se peut que cela ne soit pas arrivé avant la Réformation. La pratique de se réunir en secret a sans doute été incitée par la persécution intense. La flexibilité inhérente avec laquelle ils ont vu leur vie religieuse, tout en étant stricts concernant la simplicité biblique de celle-ci, a, sans doute, reflété cela aussi. De plus, l’histoire est écrite par des Trinitaires Protestants qui observaient le dimanche et qui essayaient de développer une origine Protestante continue jusqu’aux Apôtres. Le fait est qu’ils ne voulaient pas une organisation Subordinationiste observant le Dîner du Seigneur. De plus, les manuscrits antérieurs n’étaient pas disponibles à Muston, par exemple.

Les Vaudois ont été persécutés pendant plusieurs années. La pire période a été de 1540-1690. En 1534, il y a eu une destruction systématique des Églises Vaudoises de Provence. Le côté italien des Alpes a été soumis à une guerre intense par Della Trinite, le commandant d’armée pour Philibert, le duc de Savoie. Les Vaudois ont gagné et la paix leur a été  accordée le 5 juin 1561.

Les Vaudois de Calabria ont été persécutés par les troupes espagnoles sous l’Inquisiteur Michele Ghislieri, plus tard le pape Pius V. Les descendants de ceux qui n’avaient pas été anéantis dans la boucherie systématique du treizième siècle ont été persécutés. 2,000 ont été mis à mort et 1,600 emprisonnés. Dans le Piémont, sous les frères Jésuites et Capucins, avec l’aide de soldats, plusieurs persécutions locales ont eu lieu, avec la saisie des bâtiments de l’Église et des amendes aboutissant à la guerre sanglante de 1624, dans laquelle les deux côtés ont souffert. Peter Gilles était le dirigeant à ce moment-là.

Il y a eu une grande persécution sous Louis XIV, quand le jeune Charles Emmanuel II est devenu le duc de Savoie. Sa mère, Marie de Medici, était la fille d’Henry IV et la petite-fille de Catherine de Medici, l’auteur du Massacre de Saint-Batholomew. Un Concile pour la Propagation de la Foi a été établi à Turin. Cinq ans plus tard, le Décret de Gastado a été publié, ordonnant à toutes les familles Vaudoises dans la plaine de retourner dans les montagnes dans les 20 jours, à moins qu’ils ne renoncent au Protestantisme. Au milieu de l’hiver, ils ont souffert énormément avec grand courage. Il semble que c’était un stratagème tactique puisqu’environ 15,000 troupes ont été expédiées à La Torre, malgré le fait que les Vaudois étaient retournés dans les montagnes. Les forces Catholiques ont offert de traiter avec eux et elles leur ont ouvert les passes de montagne. Ils ont été systématiquement massacrés et il y a eu quelque 1,712 martyrs selon le calcul de Jean Léger, l’auteur d’une histoire des Waldenses (noté par Adeney, p. 670). Ce massacre, avant la révocation du Décret de Nantes (en 1685) a choqué l’Europe. Cromwell a proclamé un jeûne. Il a fait rédiger par Milton une lettre au roi de France et aux princes Protestants. Il a envoyé sir Samuel Morland au duc de Savoie en signe de protestation. L’intervention de Cromwell a eu un effet. Mazarin a ordonné au duc de mettre fin à la persécution et d’accorder l’amnistie aux Protestants.

En 1686, l’année après le Décret de Nantes, Louis XIV a envoyé une lettre à son cousin, Victor Amadeus II, duc de Savoie, demandant qu’il persécute les Vaudois, comme il persécutait les Huguenots, car ils prenaient  refuge chez les Vaudois. Quand la persécution a commencé, les Protestants suisses à Bâle sont intervenus en offrant l’exil en Suisse aux Vaudois. Les émissaires suisses ont réussi avec grande difficulté à persuader les Vaudois d’accepter cet exil. Le 9 avril 1686, le duc a signé un décret autorisant l’exil. Cependant, certains, qui avaient accepté l’exil, ont, malgré tout, été saisis et emprisonnés. Les Vaudois ont résisté après cette rupture des termes. La guerre a commencé et, avant la fin de l’année, 9,000 avaient été tués et 12,000 faits prisonniers dont plusieurs de ceux-ci sont morts dans les cachots de Piémont. Il en est resté environ 200 dans les montagnes et ils ont conduit une guérilla tellement persistante, qu’ils ont finalement obtenu la libération de tous les prisonniers qui avaient survécu et leur sauf-conduit en Suisse. 3000 survivants ont été libérés en 1687. Ils se sont mis en route à travers les Alpes pour Genève (un voyage moyen de douze jours) et plusieurs ont péri dans la neige. Cela a été fait malgré la protestation des suisses et les enfants en bas de douze ans ont été retenus pour être instruits comme des Catholiques. Ils ont été dispersés aussi loin que Brabdenburg, Prussia, Wurtemberg et le Palatinate, pour empêcher leurs tentatives de retourner.

Les Vaudois ont repris le contrôle de leur patrie par une invasion, montée de la Suisse avec environ 1,000 hommes, le 16 août 1689. Dans la vallée de Jaillon, après une marche de six jours, ils ont défait une force d’environ 2,500 troupes françaises sous le marquis de Larry. Les Français ont perdu 600 hommes et les Vaudois en ont perdu 15 et ont eu 12 blessés, bien qu’ils en aient perdu 116 en chemin. Les Vaudois ont combattu de La Basiglia et mené une guerre de montagne au cours du printemps de 1690.

Le 23 mai 1694, le décret de Victor leur a accordé la liberté religieuse. Le pape Innocent XII a dénoncé le décret, sur quoi le sénat à Turin a désavoué le décret papal et en a interdit la publication dans le duché, sous  peine de mort. Ils auraient été dans une privation sévère sans l’aide de l’Angleterre et de la Hollande. William et Marie et, plus tard, la reine Anne les ont aidés chaleureusement comme Cromwell l’avait fait dans les années précédentes (voir Adeney, p. 671). L’histoire des Vaudois en est une d’oppression sévère et intermittente au cours des siècles qui ont suivi. Ils ont peu de relation avec les Églises de Dieu du fait qu’ils avaient depuis longtemps renoncé au Subordinationisme distinctif et à d’autres caractéristiques de l’Église. Mais ils sont intéressants dans l’étude sur la façon que la papauté a traité les non-Catholiques quand elle avait le pouvoir d’agir. S’ils avaient pu, ils auraient tué tous les Vaudois, jusqu’à ce qu’ils les aient exterminés sur la face de la terre.

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