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L’Iran se durcit: Mohammad Yazdi, l’ayatollah extrémiste, nommé à la tête de la haute instance religieuse

By 13 mars 2015Etz Be Tzion

Mémorisez bien ce visage. C'est Mohammad Yazdi, l’ayatollah extrémiste à la tête de la haute instance religieuse

Mauvaise nouvelle pour l’Administration Obama qui espère un accord sur le nucléaire iranien pour normaliser ses relations avec Téhéran.

L’ayatollah ultra-conservateur Mohammad Yazdi a été élu ce mardi, 10 mars 2015, à la tête de la plus haute instance religieuse au pays chargée de nommer le Guide suprême et de surveiller son action.

L’ayatollah Mohammad Yazdi est maintenant président du Conseil des Gardiens. Yazdi est un membre influent du clergé iranien. Il était à la tête du système judiciaire iranien entre 1989 et 1999.

Il est aussi président de la très puissante association des théologiens de Qom (conservateurs), membre du Conseil des Gardiens de la Constitution, et occupe aussi la présidence du Conseil de Discernement, une instance consultative auprès du Guide suprême.

L’ayatollah ultra-conservateur a gagné la présidence de l’Assemblée des experts (par 47 voix contre 24) face à l’ex-président plus « modéré » Akbar Hachémi Rafsandjani.

Il s’agit d’une importante défaite pour le camp des réformateurs de Rafsandjani, ancien chef de cette assemblée de 2007 à 2011. Les deux hommes se sont opposés ces dernières années sur la conception du pouvoir religieux dans la théocratie persane, Yazdi ayant une vision ultra-rigoriste alors que Rafsandjani plaide pour plus d’ouverture politique et sociale. L’ayatollah Yazdi avait déjà affronté Rafsandjani pour diriger l’Assemblée des experts en 2009, mais avait perdu.

Yazdi a formé de nombreux cadres ultra-conservateurs du régime iranien. En l’occurrence l’ancien président Mahmoud Ahmadinejad. Il l’a soutenu d’abord à la mairie de Téhéran en 2003, puis lors des élections présidentielles de 2005 et de 2009.

Yazdi est le tenant d’un gouvernement islamique, d’un Etat islamique qui se substituerait à la République islamique

Cet homme est marqué par son messianisme mahdiste de la première phase de la révolution iranienne. Il adopte la pensée de l’Imam caché, qui pour lui l’emporte sur l’autorité du Guide suprême. Dès lors, Yazdi serait le tenant d’un «gouvernement islamique», d’un «Etat islamique /Dolat-e islami», qui se substituerait à la République islamique (« Jomouri-e islami »).

Peu connu, mais très influent et intimidant dans les cercles du pouvoir

Si l’ayatollah Yazdi a peu fait parler de lui dans les médias, sinon en appelant à la résistance violente aux réformes du président Mohammed Khatami, il est derrière l’éviction de la scène politique de plusieurs figures du camp modéré iranien.

En 1988, il a poussé à la sortie l’ayatollah Hossein Ali Montazeri suite à son opposition à la répression politique. Ce dernier avait pourtant participé activement à la Révolution iranienne de 1979 ( dont il est l’un des chefs de file religieux, puis à l’élaboration de la constitution iranienne de 1979 et à l’instauration du Velayat-e-Faghih). Il a été écarté par une simple lettre rédigé par l’ayatollah Yazdi à la destination de Khomeini.

Ali Montazeri est mort en décembre 2009 et ses obsèques se sont accompagnées d’affrontements et de manifestations contre les conservateurs. Dans une lettre publiée le lendemain de la mort de Montazeri, l’avocate iranienne Shirin Ebadi, prix Nobel de la paix, lui attribuait le titre du « père des droits de l’homme » d’Iran.

En effet, Montazeri fut un dissident religieux et l’un des principaux critiques de la politique intérieure et étrangère de la République islamique. Il fut également un défenseur des droits civils et des droits des femmes en Iran.

Cela avait suffit pour que l’ayatollah ultra-conservateur Mohammad Yazdi (qui était à tête du système judiciaire iranien depuis 1989) le place en résidence surveillée dans sa maison à Qom, entre 1997 et 2003.

L’ayatollah Mohammad Yazdi avait aussi, en 2002, poussé à la démission l’ayatollah Jalaleddine Taheri Esfahani qui dirigeait depuis trente ans la prière du vendredi de la ville d’Ispahan, considérée comme le second centre politique du pays après Téhéran.

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Ce dernier avait pour tort de dénoncer la corruption généralisée dans le camp des conservateurs, la répression politique dans le pays, mais aussi le traitement réservé à l’ayatollah Montazeri.

L’ayatollah Yazdi avait saisi le Conseil Suprême de la Sécurité Nationale pour demander à la presse de ne pas publier les articles d’Esfahani.

Toujours dans ce style d’intimidation, l’ayatollah Yazdi avait utilisé la puissante Association des théologiens de l’école coranique de Qom (qui regroupe les religieux conservateurs) pour «excommunier» l’un des principaux partis réformateurs, l’organisation des Moudjahidines de la révolution islamique (OMRI), considérée comme la tête pensante du camp réformateur.

En 2002, l’ayatollah Yazdi avait comparé Hashem Aghajari, l’un des membres de l’OMRI, à Salman Rushdie.

Aghajari avait été convoqué par la justice pour «propos anti-islamiques» lorsqu’il a mis en cause la volonté de certains religieux de vouloir rester au pouvoir à tout prix à l’occasion d’un discours à Hamedan, devant des étudiants.

Voilà le profil de cet ayatollah extrémiste arrivé à la tête de la haute instance religieuse de l’un des régimes les plus répressifs de la planète, qui pratique la décapitation, la flagellation contre ses dissidents, et bafoue les droits civiques de ses citoyens.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Souhail Ftouh pour Dreuz.info.

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