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Motzi (partage du pain lors du repas) ou Sainte-Cène ?

Le Seigneur a attiré mon attention ce matin lors de ma lecture quotidienne sur le passage de Luc 24 : 13 à 35, qui nous parle de la rencontre des disciples d’Emmaüs avec Yeshoua (Jésus), au moment particulier où Celui-ci partage le repas avec eux. On n’y prend généralement pas garde car on est surtout attiré par le fait que les disciples ne reconnaissent pas le Seigneur et qu’Il leur est révélé seulement au moment du repas, bien après qu’Il leur ait parlé des prophéties Le concernant.

Mais voilà ce qui est écrit : « Pendant qu’il était à table avec eux, Il prit le pain ; et, après avoir rendu grâces, Il le rompit, et le leur donna. Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils Le reconnurent ; mais Il disparut de devant eux ».

John Mac Arthur nous donne comme commentaire pour le verset 30 ce qui suit : « prit le pain : Expression courante qui signifiait prendre un repas (voir v. 35 :  » … et comment ils l’avaient reconnu au moment où Il rompit le pain ».) ». 

Il nous faut tout de suite préciser qu’à moins de bien connaître le monde juif, on ne peut comprendre exactement de quoi il s’agit lorsqu’on parle de rompre le pain avant un repas. Cette expression ne signifie nullement comme le dit Mac Arthur « prendre un repas », mais il s’agit d’une coutume millénaire parmi le peuple juif, encore pratiquée aujourd’hui, qui s’appelle le « motzi » ou partage du pain, accompagné d’une action de grâce (« Béni sois-Tu, Eternel notre D.ieu, Roi du monde, qui fait sortir le pain de la terre »), en somme une bénédiction avant le repas que l’on va partager avec d’autres. Une façon de remercier D.ieu pour la nourriture qu’Il nous accorde jour après jour et que nous pouvons partager avec d’autres, en signe de dépendance à Son égard et de reconnaissance pour l’idée d’être Ses enfants unis autour de Sa bienveillance.

Nous pouvons réellement nous poser la question de savoir pourquoi un érudit de la Bible, comme tant d’autres d’ailleurs, analysent la Parole de D.ieu avec deux poids deux mesures selon qu’il faut qu’Elle colle à leurs dogmes établis depuis des siècles sur des bases non-bibliques doctrinalement parlant.

En effet, si nous lisons dans les Actes le passage du chapitre 2 verset 46, nous lisons : « Ils étaient chaque jour tous ensemble assidus au Temple, ils rompaient le pain dans les maisons, et prenaient leur nourriture avec joie et simplicité de coeur ». Nous pouvons lire également Actes 20 : 7 : « Le premier jour de la semaine, nous étions réunis pour rompre le pain. Paul, qui devait partir le lendemain, s’entretenait avec les disciples, et il prolongea son discours jusqu’à minuit. »

Il s’agit bien du même acte de prendre le pain et de le briser ensemble, mais de partout on nous dit qu’alors les disciples prenaient ensemble la Sainte-Cène, c’est-à-dire avec le vin, dont il n’est pourtant pas fait mention dans ces deux passages, comme il n’en est pas fait mention d’ailleurs non plus dans le passage des disciples d’Emmaus.

Mac Arthur nous donne d’ailleurs ce commentaire pour ce passage d’Actes 20, après avoir nié que les disciples se réunissaient le Shabbat au profit du dimanche (ce qui fut pourtant historiquement institué seulement à l’époque de Constantin comme jour de culte pour les chrétiens !) : « rompre le pain : un repas associé à la Sainte-Cène ».

Une conception toute dogmatique et non-biblique de la Sainte-Cène, en contradiction évidente avec son commentaire de l’histoire des disciples d’Emmaüs ! Qu’est-ce qui l’aurait empêché, comme tant d’autres enseignants de la Parole et pasteurs d’ailleurs, de déclarer que Jésus avait pris une Sainte-Cène avec les disciples d’Emmaüs ? Mais non, il nous parle (au sujet de ce pain pris et rompu par Jésus) d’une « expression courante qui signifiait prendre un repas »... Hypocrisie religieuse qui consiste à avoir deux langages, selon la nécessité, n’est-ce pas !

La réalité est tout autre : les disciples de cette époque étaient juifs et partageaient naturellement comme les Juifs d’aujourd’hui le pain avant chaque repas et bénissaient D.ieu en conséquence. Au fond, la bénédiction que rendent les chrétiens encore aujourd’hui avant de prendre leur repas !

Le souper du Seigneur, lui, était pris et devrait l’être encore aujourd’hui, une fois par an avec du vin et du pain sans levain (matza) en mémoire de la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’Il vienne (1 Cor. 11 : 26) et les disciples, à l’écoute des injonctions de l’apôtre Paul, célébraient la fête (de Pessa’h – Pâque) non avec du vieux levain, non avec un levain de malice et de méchanceté, mais avec les pains sans levain de la pureté et de la vérité (1 Cor. 5 : 8).

A nous donc de bien faire la distinction entre le motzi et la Cène, le repas du Seigneur ! Ce sont deux choses différentes.

Elishéva Goël (sous l’autorité des anciens).

Reproduction autorisée avec mention de la source.

 

 

 

 

 

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