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OR AVEC AYN, OR AVEC ALEPH d’Elishéva Goël / Extrait N°3 :  Considérations  rabbiniques sur l’habillement lors de la fête de Pourim

By 20 avril 2021mai 7th, 2021Elishéva Goël, LECTURE QUOTIDIENNE

                                                         CHAPITRE 1

                Considérations  rabbiniques sur l’habillement lors de la fête de Pourim

J’ai traîné, je vous l’avoue, à me mettre à l’ouvrage concernant ce petit livre, car je suis toujours occupée à mille choses. Servir D.ieu avec mon époux signifie être sans cesse disponible, et vous savez que dans Son champ le travail ne manque pas !

Néanmoins, il me vient comme en urgence la nécessité de prendre le « taureau par les cornes » et de vous livrer quelques pensées à propos de la pudeur. J’ai parlé plus haut de la pudeur de Rivka lorsqu’elle rencontre celui qui sera son mari et père de ses deux fils, Itzhak. Admirable passage de Genèse 24 ! Mais il y en a tant d’autres.

Le Seigneur a attiré notre attention ici à Jérusalem peu avant la fête de Pourim sur un texte écrit par le Rav Shmouel Elyahou. Il y traite des déguisements de Pourim et parle notamment du Psaume 1er où il est fait part de la nécessité pour l’homme de ne pas suivre le conseil des méchants, de ne pas se tenir sur la voie des pécheurs et de ne pas prendre place dans la société des moqueurs. Le rabbin dit que de nos jours il existe des programmes de télévision qui se moquent régulièrement de certains personnages publics. Il dit que, même si ces programmes sont amusants, ils sont profondément mauvais car ils offensent et humilient inutilement et gratuitement le prochain. Il est écrit dans un traité du judaïsme que celui qui fait cela n’a pas droit au monde futur et l’on peut aisément comprendre pourquoi.

Ces considérations sont directement suivies par d’autres perspectives où le rabbin évoque le port de vêtements masculins pour une femme et de vêtements féminins pour un homme lors de la fête de Pourim (selon lui fortement déconseillés) et dans la vie de tous les jours.

Il fait directement le lien avec cette phrase sévère citée plus haut : « Celui qui offense et humilie n’a pas droit au monde futur ».

Voici ce qu’il écrit concernant l’habillement :

« Il est écrit dans la Torah (Deut. 22 : 5) : ‘Une femme ne doit pas porter le costume d’un homme, ni un homme un vêtement de femme, car l’Eternel, ton D.ieu, a en horreur quiconque agit ainsi’.

 

Nous apprenons de ce verset qu’une femme ne pourra pas porter un habit qui est spécifiquement porté par les hommes… Le Rama (un célèbre décisionnaire juif) ajoute qu’il est interdit pour la femme de porter même un seul habit d’homme, et même si le reste de ses habits sont des vêtements de femme.

Un des points sur lesquels il faut faire attention de nos jours est le port du pantalon pour les femmes, qui pour certaines personnes est considéré comme tout à fait permis.

En fait, il existe dans le pantalon tous les problèmes de l’habit masculin ; en particulier lorsque la grande majorité des pantalons de femmes posent des problèmes de décence.

Dans certains milieux, même un pantalon mis sous une robe ou une jupe n’est pas autorisé. Mais théoriquement, selon la loi (juive), c’est permis à condition qu’il s’agisse d’une vraie jupe et d’un pantalon de femme plus large. »

A l’époque biblique, les vêtements féminins ressemblaient aux masculins mais devaient être plus amples, plus longs et pourvus de manches.

Les hommes portaient souvent des tuniques courtes et sans manches pour pouvoir travailler plus aisément aux champs ou à la pêche. Les femmes portaient des châles (Ruth 3 : 15) et des voiles (Gen. 24 : 65 et Cant. des cant. 4 : 1 et 6 : 7).

Il est à noter que les vêtements du Cohen, chargé du culte dans le Temple, devaient être exactement à sa taille (ni trop longs, ni trop courts). Il en va de même pour la femme croyante : ses habits doivent être discrets, adaptés à sa silhouette, leur taille et leur style doivent être choisis en fonction de la personne et être empreints de distinction.

Il va automatiquement se dégager de cette femme une grâce particulière et elle va produire autour d’elle une atmosphère positive. Il est bien évident que le vêtement à lui seul, sans le comportement qui va avec, ne peut correspondre à la vraie pudeur féminine. Il ne serait alors qu’un simple déguisement (« La grâce est trompeuse, et la beauté est vaine ; la femme qui craint l’Eternel est celle qui sera louée. » Prov. 31 : 30).

Selon la loi juive (Halaha), il y a trois types de vêtements féminins à proscrire : les habits incorrects, impurs et provocants ; les habits ostentatoires, trop voyants, qui attirent automatiquement l’attention ; les habits négligés qui dénotent un manque d’estime et de respect de soi, ce qui est incompatible avec une vie sanctifiée qui plaît à D.ieu et met aussi la femme en danger de ne pas être respectée par les hommes.

Il faut visiter Jérusalem pour découvrir la beauté et l’élégance de certaines jeunes femmes juives religieuses qui pratiquent la tsniout (pudeur). Celle-ci est un enseignement fondamental dispensé aux jeunes filles avant leur mariage et aux femmes mariées également, afin qu’elles s’assurent qu’elles se comportent de manière digne et qu’elles honorent leurs époux en public comme au cœur du foyer.

Elles sont empreintes de modestie, de grâce et d’une forme de noblesse qui les auréole et fait qu’on ne peut que les admirer et les respecter. Leur regard ne vagabonde pas et semble même être tourné vers l’intérieur car il transporte la pudeur et l’appel au respect. Cela ne les empêche pas de considérer tout autour d’elles avec le même regard. Leur beauté frappe car beauté intérieure avant tout. Lumière,…

Elles choisissent des vêtements qui couvrent leur corps avec élégance mais sans ostentation, par superposition d’étoffes diverses aux tons en camaïeu souvent délicats, qui mettent en valeur leur féminité tout en induisant un profond respect de celle-ci, car elle est réservée à leur mari seul.

Le message est clair : elles sont femmes, pleinement, mais elles sont dévouées à leur bien-aimé et à leur famille.

 

Elles sont, comme il est écrit dans la Brit HaHadasha (ce qu’on appelle le Nouveau Testament, plus exactement traduit par la Nouvelle Alliance) en 1 Cor. 11 : 7, « la gloire de l’homme ».

 

La femme qui a compris pleinement le sens de ce verset porte en elle le germe d’une bénédiction qui rejaillit sur sa famille et qui peut aller jusqu’à rejaillir sur de nombreuses générations après elle. Car elle a compris que son mari est la gloire de D.ieu et qu’elle dépend de lui pour toutes choses, étant au bénéfice de son obéissance à la Parole de D.ieu.

Je vous invite à relire en le méditant ce passage de 1 Corinthiens 11 si méprisé de nos jours, et pourtant si riche pour la femme née de nouveau qui veut  rentrer dans tout son héritage et apporter au monde un regard digne, porteur de vie.

Ci-dessous, un texte du Rav Elyahou Aviv, écrit peu avant Pourim,  en mars 2012 (précisons pour la compréhension du texte que dans le monde juif il est de mise que les femmes mariées se couvrent la tête en public, tout comme Rivka le fit lorsqu’elle rencontra Itzhak) :

Les femmes vertueuses

« Tsniout, un mot qui fait trembler !

Synonyme de contrainte, de transpiration, voir de laideur. Tsniout, le refus de la beauté féminine et de cette merveilleuse parure capillaire dont le Créateur m’a fait cadeau. Peut-être une affaire d’hommes jaloux…

 

La tsniout, pudeur féminine, demeure aux yeux de beaucoup de femmes une contrainte mal acceptée ou injustifiée. Et comment les en blâmer dans une société où l’on insiste tellement sur l’aspect extérieur ? Depuis leur plus jeune âge les filles sont complimentées et exaltées en fonction de leur aptitude à dévoiler leur beauté. On pourrait même dire que les dés sont faussés dès le départ dans la mesure où D.ieu a implanté dans la nature féminine une propension à l’esthétique et à la beauté. Pourquoi la lui donner s’il faut ensuite l’atrophier ?


Afin de donner une amorce de réponse à cette question, il faut se rappeler que chaque élément, chaque niveau de la création est constitué de deux aspects : un corps et une âme, une extériorité et une intériorité, un côté masculin et un côté féminin correspondant à l’aspect dévoilé et au secret.

 

Or, la réussite du Juif (nous dirons en ce qui nous concerne, la réussite du croyant) dépend précisément de sa capacité à s’attacher à l’aspect caché de la réalité.

 

Ceci est appelé un acte de foi ou plus simplement ‘émouna’. Dans la mesure où la foi consiste à croire à des choses que l’on ne comprend pas, que l’on ne voit pas, elle permet justement d’être connecté avec ce qui est caché. On pourrait dire que pour s’attacher à ce qui est caché, le Juif doit fermer les yeux (Shéma Israël). Cependant, s’il ne le fait pas, il se coupe automatiquement de l’âme de chaque chose et voile la Présence divine au lieu de lui permettre de s’exprimer. Il devient alors la victime d’un monde où l’homme est un loup pour l’homme. N’ayant pas de relation avec l’aspect caché de la création, il n’a personne vers qui se tourner lorsqu’il traverse des moments difficiles. Il est esclave en Egypte.


Mais quel rapport entre cela et le fait qu’une femme se couvre la tête et ne porte pas de pantalon ?

 

Les sages enseignent que si l’homme représente la partie extérieure et dévoilée de la création, en tenant apparemment le devant de la scène et en faisant l’histoire, la femme, elle, est le symbole de l’intériorité. Elle représente la Torah cachée, la Torah de la délivrance.[…]

 

Quand une femme refuse de dévoiler au monde extérieur ses attraits naturels,  elle revendique par cela que l’aspect essentiel de la création ne réside pas dans la réalité apparente et « logique » des choses, mais dans une autre dimension, une dimension spirituelle.

La femme pudique affirme à ceux qui courent après leurs passions, après le corps, qu’elle n’est justement pas qu’un corps, pas un objet. Elle vient rappeler à l’humanité que la vérité et la vraie vie se trouvent davantage dans ce qui est caché que dans l’apparence superficielle.

 

Telle l’âme pourtant invisible mais qui donne la vie au corps.

Tel D.ieu qui est omniprésent et qu’on ne voit pas.

 

Bientôt nous fêterons Pourim, un moment de délivrance qui là encore fut possible grâce à une femme, Esther, dont le nom vient de « séter » qui signifie « caché ».

 

En conclusion, la tsniout n’est pas une contrainte mais une libération. Celle qui fait le choix de la pudeur reçoit des réponses cachées au reste du monde pour qui l’appât du corps fait encore force de loi.

Nous les hommes devons dire merci à toutes les Esther du peuple juif qui, pudiquement et sans publicité, préparent la délivrance. A toutes ces femmes vertueuses qui refusent de concéder leurs « territoires » au regard du premier venu. »

 

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Lève-toi ! / Etz Be-Tzion
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