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Slogans, poncifs, idées reçues, a priori, etc.

By 11 avril 2014Etz Be Tzion

Un extrait de l’excellent livre de Claude Duvernoy « Maudit sioniste ». L’épisode se déroule alors que Duvernoy était encore jeune – il est né en 29 – mais rien n’a changé depuis.

« Quelques mois avant mon mariage, Jean Viven m’avait fait inviter comme orateur de la Pastorale cantonale, à Neuchâtel. Sachant que les professeurs de la Faculté de Théologie seraient présents, ce fut en tremblant quelque peu que je me présentai devant cette honorable assemblée… qui se termina par un entretien. Bien vite, je me rendis compte de la profonde ignorance du judaïsme de la part des collègues pasteurs, mais aussi combien profonde était la sournoise opposition de la part des professeurs, face à la réalité d’Israël en terre toujours promise (note d’Etzbetzion : en terre toujours promise dans leur esprit, alors qu’Israël était en train de renaître, mais ça ils ne pouvaient pas l’accepter).

Dès ce jour, je fus débarrassé des complexes du jeune débutant face aux « spécialistes », et je fus installé de fait dans la situation de l’enseignant. Voici plus de trente ans que cela dure, rencontrant les mêmes ignorances, les mêmes slogans néfastes, les mêmes idées reçues, et de la part de certains professeurs, le refus de réformer leur approche tant il est difficile de supprimer les mauvais plis de tant de siècles. En voici l’exemple, dans mes souvenirs, le plus probant de tous. Lisant l’ouvrage d’un professeur près la Faculté de théologie de Lausanne, commentant l’Evangile selon Matthieu, je remarquai ses réflexions face au fameux cri : « Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants ! ». Fidèle à une longue tradition subtilement antisémite, et antijuive, remontant aux premiers Pères de l’Eglise, Pierre Bonnard écrivait que c’était à la lumière de ce cri qu’il convenait de comprendre le long martyre juif, jusque et y compris dans les camps nazi ! Ce qui revient à faire de l’Eternel un bourreau exigeant des sacrifices d’enfants, ô Anne Franck… Une idole digne des plus féroces divinités de l’Antiquité. Aussi fis-je respectueusement remarquer à ce professeur que LE SANG DE JESUS NE POUVAIT QUE SAUVER LES HOMMES ET LEURS ENFANTS, AU PREMIER RANG DESQUELS CEUX DE SON PEUPLE, ISRAEL. Et je le priai de bien vouloir corriger son commentaire dans les prochaines éditions. Je ne reçus jamais de réponse, apprenant par la suite combien j’avais offensé ces Messieurs de la Faculté, ainsi que leur collègue. De quoi me mêlais-je, si jeune encore, avec le minimum de diplômes ? A l’exception de mon ancien professeur de Bible hébraïque (et non d' »Ancien Testament » !), Edmond Jacob, telles demeurent mes relations avec les professeurs.

L’anti-judaïsme théologique millénaire est le plus perfide de tous et le plus scandaleux, le plus difficile à extirper, car il découle de l’orgueil du théologien, le plus prononcé de tous. Pour mon malheur, si l’on peut dire, ce n’était pas seulement à cet anti-judaïsme-là que je m’en prenais, mais à l’anti-sionisme. Il n’est pas possible de dissocier l’un de l’autre, puisque les sionistes sont des Juifs, que je sache, à part quelques phénomènes dans mon genre ! Si un théologien refuse toute actualité aux bibliques prophéties annonçant l’ultime et universel retour d’Israël sur sa vieille terre promise, s’il veut ignorer les circonstances géopolitiques de ce Retour, il ne manque pas de rejoindre les rangs des pires ennemis d’Israël, allant jusqu’à soutenir les pires actes de terrorisme. Tel est le combat dans lequel je fus jeté, par ce difficile ministère auprès des Eglises, et tel qu’il se poursuit depuis près de quarante ans. Tant de portes se sont fermées, tant d’amitiés furent brisées, tant d’amertumes engrangées… mais aussi, bien des consolations, des encouragements. Ce que j’appelle l’Ordre dont je fais partie, cet Ordre invisible dont je suis un des « prieurs », mais partout disséminé dans le monde – l’Ordre de la très glorieuse et très proche Parousie ».

Un extrait du « Petit sanctuaire » de Shlomo Hizak : Un passage du livre qui devrait interpeller tous les chrétiens nés de nouveau, au sujet de la crainte de D.ieu et du devoir d’humilité qui devrait être le leur, alors que le Seigneur leur a fait la grâce de les greffer sur l’Olivier franc par le sacrifice de Son Fils bien-aimé, et alors qu’il existe dans la Parole un verset qui nous dit : « Ainsi donc, frères, puisque nous avons au moyen du sang de Jésus, une libre entrée dans le sanctuaire, par la route nouvelle et vivante qu’Il a inaugurée pour nous au travers du voile, c’est-à-dire de Sa chair, et puisque nous avons un souverain sacrificateur établi sur la maison de  D.ieu, approchons-nous avec un cœur sincère, dans la plénitude de la foi, les cœurs purifiés d’une mauvaise conscience, et le corps lavé d’une eau pure » (Hébreux 10 : 19 à 22). Ne cherchons peut-être pas ailleurs le manque de réponse à nos prières… alors que bien des miracles se produisent au sein du peuple juif. L’humilité et la crainte de D.ieu, c’est la source de la bénédiction.

« Prier avec humilité. Oser s’adresser à D.ieu par la prière représente beaucoup pour les Juifs pieux. Ils considèrent cela comme un privilège qui ne va pas de soi. Car ils s’approchent du Roi des rois, du Seigneur des seigneurs, du Saint d’Israël, du D.ieu tout-puissant. Une prière, qui fait partie des prières du matin, est particulièrement significative. Elle peut mettre fin à un préjugé, à un malentendu très répandu qui veut que le judaïsme soit une religion de propre justice qui repose sur la piété et les efforts humains.

Rien n’est plus éloigné de la vérité ! S’il en était ainsi, comment un Juif pratiquant pourrait-il commencer sa journée en prononçant les paroles suivantes : « Roi de l’Univers ! Nous ne sommes pas dignes de venir T’implorer ; mais nous avons confiance en Ta grande bonté. Que sommes-nous ? Qu’est-ce que notre vie, notre mérite, notre piété, nos ressources et notre force ? Que pouvons-nous invoquer, ô notre D.ieu, pour nous relever à Tes yeux ? Devant Toi, tous les héros et tous les hommes illustres ne sont-ils pas comme le néant ? Les sages ne sont-ils pas sans sagesse, les hommes intelligents sans intelligence ? La plupart de leurs actions sont vaines et les jours de leur vie terrestre comme une fumée qui se dissipe. Toute leur existence agitée ne laisse pas plus de traces que l’existence des animaux, car tout ici bas est vanité… »

Dans sa prière, un Juif exprime sa petitesse et le peu de valeur qu’a sa justice en face du D.ieu tout-puissant. Ce qui le préoccupe est, à vrai dire, le problème fondamental de toute prière : comment un être humain si petit peut-il venir à D.ieu et prétendre à ce qu’Il l’écoute ? Nous ne sommes que poussière. Nous sommes des pécheurs, nous nous présentons devant la face de D.ieu en désirant Lui parler et nous nous attendons à ce qu’Il nous écoute. Comment oser ainsi approcher le Roi de l’Univers ? Nous n’avons rien qui nous rende dignes de rencontrer D.ieu. L’unique réponse à ce problème est que nous prions parce que D.ieu nous a dit de le faire.

Du reste, la prière citée plus haut continue ainsi : « Mais nous, nous sommes ton peuple, les enfants de ton bien-aimé Abraham, auquel Tu as juré alliance sur le mont Moriya ; les descendants d’Isaac, son fils unique, qui a été offert en sacrifice sur l’autel ; la communauté de Jacob, Ton fils aîné, que, dans Ton amour et pour la joie qu’il T’a donnée, tu as appelé Israël et Yeshouroun ». « C’est pourquoi il est de notre devoir de Te rendre grâces, de Te louer, de Te glorifier, de Te bénir, de Te sanctifier et d’adorer ton Nom saint. Que nous sommes heureux ! Que notre part est belle, notre sort agréable, et notre héritage précieux ! Que nous sommes heureux de répéter deux fois par jour, soir et matin : Ecoute Israël, l’Eternel, notre D.ieu, l’Eternel est Un ». (Note d’Etzbetzion : il est à noter que c’est exactement ce que Yeshoua a dit dans Marc 12 : 29 à un scribe qui lui demandait quel était le premier de tous les commandements : « Ecoute, Israël, le Seigneur, notre D.ieu, le Seigneur est un,… »).

C’est D.ieu qui nous a parlé en premier, et Il s’est révélé à nous. Lorsque nous prions, nous ne faisons que répondre à Son appel. Prier est donc, avant tout, répondre à D.ieu. Cette prière matinale nous donne un exemple d’humilité que nous, chrétiens, considérons comme juste. Nous découvrons chez les Juifs le même besoin de miséricorde et de grâce que le nôtre car c’est précisément ce que D.ieu nous enseigne du commencement à la fin de la Bible ».

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