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Suède : les classes moyennes s’habituent à vivre avec la violence des migrants et les attaques à la grenade / Dreuz

By 11 mars 2018 Monde
PUBLIÉ PAR DREUZ INFO LE 11 MARS 2018
Copie d’écran du New York Times du 3 mars : « Les grenades à main et la violence des gangs secouent la classe moyenne suédoise

Si cet article n’était pas paru dans le New York Times du 3 mars dernier, vous auriez parfaitement le droit de dire que là, Dreuz pousse vraiment le bouchon un peu loin…

Stockholm – Dans la banlieue de Varby Gard, il n’est pas inhabituel de voir un homme de 63 ans rentrer chez lui en vélo après sa journée de travail auprès d’adultes handicapés, luttant contre le vent glacé de l’hiver suédois.

Daniel Cuevas Zuniga venait de terminer sa ronde de nuit, ce dimanche, et il revenait à la maison avec sa femme, quand il a aperçu un objet sphérique sur le sol. Il s’est arrêté et s’est penché pour le ramasser.

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C’était une grenade M-75.

Fabriquées en grand nombre pour l’armée nationale yougoslave, puis saisies par les paramilitaires pendant la guerre civile dans les années 1990, ces grenades sont remplies d’explosifs et de 3 000 billes d’acier, et sont bien adaptées aux attaques des tranchées et des bunkers ennemis. Quand M. Zuniga l’a touchée, il a déclenché le détonateur.

Les armes d’une guerre lointaine se déversent dans les quartiers d’immigrants

L’onde de choc était si puissante que la femme de M. Zuniga, Wanna, qui était devant lui, a été soufflée, elle est tombée de sa bicyclette, et s’est étalée sur le sol, blessée par des éclats de grenade. Elle s’est retournée et a essayé de ramper vers son mari, a-t-elle raconté plus tard à un journaliste, mais la police, qui patrouillait à proximité, l’a retenue.

Ici, les armes d’une guerre lointaine se déversent dans les quartiers d’immigrants, faisant voler en éclat l’atmosphère de confiance et de sécurité qui caractérise la Suède et les Suédois.

Le taux d’homicides reste faible, selon les normes américaines, et les crimes violents sont stables ou en baisse dans de nombreux endroits. Mais les agressions et les fusillades liées aux gangs sont de plus en plus fréquentes, et le nombre de quartiers classés par la police comme «dominés par le crime, l’agitation sociale et l’insécurité» est en hausse. La criminalité et l’immigration seront certainement des enjeux clés lors des élections générales de septembre, parallèlement aux débats traditionnels sur l’éducation et les soins de santé.

Une partie de l’explication est que la violence des gangs, longtemps contenue dans les banlieues à faible revenu, a commencé à se répandre.

  • Dans les grandes villes, les hôpitaux signalent des confrontations armées dans les salles d’urgence,
  • les directeurs d’école disent que les menaces et les armes sont devenues monnaie courante.
  • La semaine précédente, deux hommes d’Uppsala, tous deux dans la vingtaine, ont été arrêtés pour avoir lancé des grenades contre le domicile d’un employé de banque qui enquête sur des cas de fraude.

Le décès de M. Zuniga, le 7 janvier, a créé un choc dans la société suédoise. La grenade qu’il a ramassée aurait été lancée par des membres d’un gang local de migrants visant une bande rivale ou des policiers.

Paulus Borisho, un Libanais de 55 ans, était dans son kebab à une cinquantaine de mètres, et l’explosion a fait bouger ses fenêtres. Il a couru dehors et a découvert une mince colonne de fumée noire s’élever. M. Zuniga était étendu sur la piste cyclable, recroquevillé sur le côté.

« Qu’une grenade se soit retrouvée sur le trottoir à quelques pas d’une école primaire. J’ai peur pour l’Europe »

Comme beaucoup de ses voisins à Varby Gard, M. Borisho avait demandé l’asile en Suède pour échapper à la guerre [NDLR les médias n’en parlent pas, mais depuis une quinzaine d’années, le Hezbollah, les terroristes palestiniens, les milices libanaises et des factions islamistes s’entretuent dans le pays du Cèdre qui est en permanence au bord d’une guerre civile qui pourrait l’emporter comme la Syrie voisine, c’est ce que souhaite accomplir l’Iran pour en prendre le contrôle total et encercler Israël pour l’attaquer]. Borisho savait à quoi ressemblait une grenade. En tant que commando dans une milice libanaise, il avait manipulé des grenades, et se souvenait des protocoles stricts auxquels il s’était conformé, enfermant les armes pour le garder en sécurité à son retour au camp.

Qu’une grenade se soit retrouvée sur le trottoir à l’extérieur d’un magasin de kebab, à quelques pas d’une école primaire, était pour lui une chose difficile à digérer.

« Maintenant, quand je pense à l’avenir, j’ai peur », a-t-il dit. « J’ai peur pour l’Europe »

Les armes illégales entrent en Suède par le pont d’Oresund, une étendue de 16 km qui relie la ville méridionale de Malmö au Danemark. Lors de son ouverture, en 2000, le pont symbolisait le déploiement d’une Europe dynamique et sans frontières, mais ces dernières années, il a été plus étroitement associé à la contrebande de personnes, d’armes et de drogues.

Le système judiciaire suédois n’était pas préparé à l’entrée d’armes lourdes

  • La frontière avec le Danemark est ouverte, avec un personnel insuffisant pour fouiller chaque véhicule entrant dans le pays.
  • Les grenades étaient, jusqu’à l’année dernière, classées comme «produits inflammables» et non pas comme des armes, de sorte que les condamnations étaient légères.
  • La police a du mal à recueillir des informations dans les quartiers d’immigrants, et le nombre d’enquêtes pour meurtre par arme à feu a diminué de façon constante depuis les années 1990.

« Nous avons perdu la confiance des personnes qui ont vécu et travaillé dans ce domaine » a déclaré Gunnar Appelgren, un commissaire de police et spécialiste dans la violence des gangs.

Le parti d’extrême droite suédois accuse la politique sauvage d’immigration du gouvernement d’être responsable de la montée de la criminalité, et il mettra l’accent sur cette question lors de la campagne électorale cet automne.

L’année dernière, Peter Springare, 61 ans, agent de police vétéran à Orebro, a publié un article furieux sur Facebook, évoquant les crimes violents sur lesquels il enquêtait et qui avaient été commis par des immigrants (lire l’article de Dreuz sur ce sujet : dreuz.info/suede-un-policier-qui-va-partir-en-retraite-raconte-lenfer-de-limmigration)

« Origine des criminels :

  • Irak,
  • Irak,
  • Turquie,
  • Syrie,
  • Afghanistan,
  • Somalie,
  • Syrie,
  • Somalie,
  • pays inconnus,
  • pays inconnu,
  • Suède. »

L’article a été partagé plus de 20 000 fois ; M. Springare a depuis fait l’objet de deux enquêtes par les procureurs de l’État, dont une fois pour incitation à la haine raciale. Aucune d’elle n’a abouti à des mises en accusation.

Même le président Trump a insisté sur la question, affirmant qu’après avoir accueilli «un grand nombre» d’immigrants, la Suède « avait des problèmes comme ils ne l’avaient jamais cru possible ».

Les responsables de la police sont plus susceptibles d’attribuer la violence des gangs à un échec d’intégration, citant une étude récente d’un gang de rue suédois qui a trouvé que 24% de ses membres étaient des Suédois et 42% étaient nés en Suède [NDLR Sans préciser l’origine de ces Suédois et nés en Suède].

Mais eux aussi y voient un problème urgent.

Une course à l’armement parmi les gangs de migrants

Dans le bureau de M. Appelgren, au quartier général de la police de Stockholm, un tableau montre l’augmentation de l’utilisation des grenades :

  • Jusqu’en 2014, il y en avait une quantité négligeable chaque année.
  • En 2015, le nombre a bondi: 45 grenades ont été saisies par la police et 10 autres ont explosé.
  • L’année suivante, 55 ont été saisies et 35 ont explosé.
  • Une légère baisse s’est produite en 2017; 39 ont été saisies et 21 ont explosé.

M. Appelgren observe cette tendance avec appréhension, évoquant une course à l’armement parmi les gangs.

« Je pense que nous allons voir, si nous ne l’arrêtons pas, plus de tirs avec des kalachnikovs et des grenades à main », a-t-il dit. « Ils jettent des pierres et des bouteilles sur nos voitures, et ils nous tendent une embuscade. Quand vont-ils nous tendre des embuscades avec des kalachnikovs ? Ça ne va pas tarder. »

Une grande partie du problème est la disponibilité des armes. L’accord de paix de Dayton, qui a mis fin à la guerre en Bosnie, a obligé les paramilitaires à désarmer et à abandonner leurs armes. Les trafiquants d’armes de Bosnie et de Serbie ont des réseaux dans la diaspora suédoise et sont si désireux de se débarrasser de leurs surstocks de grenades, souvent rouillées depuis des décennies, qu’ils les offrent gratuitement avec l’achat d’AK-47, a déclaré M. Appelgren. En Suède, le prix d’une grenade est de 100 kroners, soit 12,50 dollars.

« C’est étrange », a déclaré Manne Gerell, un conférencier en criminologie à l’Université de Malmö.

« Je ne connais aucun pays occidental où l’on utilise autant de grenades. Notre hypothèse est qu’elles sont utilisées pour envoyer un message. Pas tellement comme une arme, comme un outil d’intimidation. Vous n’avez pas besoin d’un objectif parfait. Vous n’essayez pas de tuer une personne en particulier ».

A Varby Gard, un gang de rue est né, le Varby Gard Network. Il est dirigé par un Tunisien et peuplé d’immigrés de première et deuxième génération.

Quant à M. Zuniga, ce matin de janvier, quand il a repéré l’objet sur son chemin, il a pris une grande décision.

La Suède avait été bonne avec lui. Il avait émigré du Chili en 1985, dans le cadre d’une vague d’immigration de Chiliens de gauche, admis en Suède par Olof Palme, Premier ministre de gauche et opposant du président autoritaire chilien de l’époque, Augusto Pinochet.

M. Zuniga a trouvé du travail comme aide-soignant, s’occupant d’adultes atteints de handicaps sévères et de la maladie d’Alzheimer. C’était un homme gentil, un homme qui appelait tout le monde par des surnoms – Bandito, Diablo, Loco, Feya – et personne, pas même les impassibles infirmières suédoises, ne pouvaient lui résister.

Mais dernièrement, M. Zuniga s’est plaint qu’il ne se sentait plus en sécurité dans son quartier.

A Varby Gard, un gang de rue est né, le Varby Gard Network, que la police surveille depuis deux ans. Il est dirigé par un Tunisien et peuplé d’immigrés de première et deuxième génération venus de Finlande, des Balkans et d’Afrique, a déclaré Lars Broms, un détective qui enquête sur la mort de M. Zuniga. Désireux de protéger son monopole sur le trafic de drogue local, il est bien organisé, et comme d’autres gangs de banlieue en Suède, il se développe rapidement, a-t-il déclaré.

« Donnez-leur 20 ans, et nous aurons le même qu’à Los Angeles », a déclaré M. Broms.

Mardi, la police a arrêté deux hommes âgés de 18 ans soupçonnés d’avoir lancé la grenade qui a tué M. Zuniga.

M. Zuniga s’est plaint des changements dans Varby Gard. Il était frustré que la police n’assure pas un meilleur contrôle, ont rapporté ses amis. Amoureux de la musique, il n’allait plus aux concerts de nuit, a déclaré Hugo Garrido, 60 ans, un ami proche.

« La criminalité augmente et augmente, et ils ne font rien », a déclaré M. Garrido. « Ils vivent dans le déni. Les Suédois sont de très bonnes personnes et ils veulent changer le monde. Ils veulent que le reste du monde ressemble à la Suède. Et la réalité est que c’est complètement différent.. »

Alors M. Zuniga, qui approchait de la retraite, avait planifié sa sortie, économisant de l’argent pour construire une maison en Thaïlande, où vivait la famille de sa femme. Il a dit à des amis qu’il prévoyait d’y aller en avril prochain.

Au lieu de cela, un dimanche récent, avec ses proches endeuillés, il s’est retrouvé dans une chapelle de pierre colorée, sans fioritures, dans un cimetière de Stockholm, les bancs bondés et les gens se serrant dans les allées. Une neige légère tombait dehors. Son fils, Daniel, a envoyé un message depuis le Chili, l’appelant « mon vieux loup de mer ».

Sa fille Natalia a dit qu’elle donnerait n’importe quoi pour boire une tasse de café de plus avec lui.

Wanna, une petite bonne femme avec des cheveux qui tombent presque jusqu’à la taille, se tenait au pied du cercueil, son visage tendu sous un masque de chagrin.

« Il m’a redit que s’il mourait, je devais retourner en Thaïlande », a-t-elle dit à propos de son mari. « Il ne voulait pas que je vive ici après sa mort. Il m’a dit de vendre la maison et de partir. »

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Reproduction autorisée avec la mention suivante : traduction © Prescilla Stofmacher pour Dreuz.info.

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