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Suite de la publication gratuite de « l’âme et l’esprit et leurs puissances respectives » de Jessie Penn-Lewis

By 25 avril 2014Lève-toi !

DEUXIÈME PARTIE

CHAPITRE 1

LES FORCES DE L’ÂME CONTRE CELLES DE L’ESPRIT

QUELQUE LUMIÈRE SUR LES DANGERS DES DERNIERS JOURS

L’un de nos correspondants aux Indes, décrivant l’état actuel du pays qu’il habite, écrit : « En définitive, il se livre actuellement dans le domaine invisible une lutte gigantesque entre les forces de l’âme (psukhê) et celle de l’esprit (pneuma) ». Pour qui sait différencier les puissances psychiques des puissances spirituelles, il est évident que ce qui se passe en Orient se passe aussi en Occident. Notre monde se transforme rapidement, et il se trouve que, de nos jours, l’Église dans sa marche en avant rencontre des dangers qu’elle ignorait autrefois, dangers qui la trouveraient désarmée si elle ne recevait de Dieu les lumières appropriées dont elle a un si impérieux besoin. Que faut-il entendre par ces forces de l’âme qui s’élèvent contre celles de l’esprit ? De quelles puissances psychiques est-il question ? Voici la lettre de notre correspondant :

« “Les forces de l’abîme sont sorties pour séduire toute la terre” (Apocalypse 12:9-12). Il en résulte de grands bouleversements dans le monde politique, bouleversements auxquels nous devons prendre garde, puisqu’ils touchent aussi l’Église de Christ.

« J’ai rencontré dans le Nord du pays, un homme qui fréquente la plus haute société de Simla (ville de l’Inde où le gouvernement s’établit durant les mois d’été) ; cet homme est en relation avec les mahatmas de l’Inde et ceux d’autres contrées d’Asie. Il m’assura que des semaines et des mois avant que ne survinssent les grands événements politiques, il les connaissait déjà. “Je n’ai besoin ni de la télégraphie ni des journaux, me dit-il ; ils ne disent que ce qui est passé. Mais nous, nous connaissons les événements avant qu’ils accomplissent”.  Comment l’homme qui est à Londres peut-il savoir ce qui se passe ou va se passer dans l’Inde, et vice-versa ?

« Il me fut alors expliqué que les initiés, ceux qui connaissent le secret des mahatmas, ont le pouvoir d’émettre, de projeter une force psychique. Que faut-il entendre par là ? Qu’est-ce que cette force de l’âme ? À la lumière de la parole de Dieu et à l’école du Saint-Esprit, nous répondrons qu’il y a là une puissance diabolique qui se déverse sur les nations pour les séduire, provoquer les bouleversements mondiaux et les grandes catastrophes.

« Il faut demeurer en Orient pour saisir tout le charme, toute la fascination de ces mots. On y croit que cette puissance fut, et est toujours, à la disposition de saints personnages, les mahatmas, qui, dès les temps les plus reculés furent les conducteurs spirituels de l’âme. Aujourd’hui comme hier, on croit qu’ils ont une puissance surnaturelle, et qu’il est en leur pouvoir non seulement de fortifier, de vivifier, mais aussi de contrôler, de diriger la volonté des individus.

« Pour illustrer la pensée de l’Hindou sur ce point, il nous suffira de dire que, pour lui, c’est à la puissance de ces mahatmas qu’il faut attribuer la révision du Traité de Sèvres, cette révision qui rend à la Turquie tout ce que lui enlevait le Traité de Versailles. C’est donc une éclatante revanche de l’Orient sur les nations d’Occident. On ne saurait imaginer de plus grand triomphe. Or, pour les multitudes de l’Inde, le secret de ce triomphe se trouve dans la force psychique.

« Et comment cultivent-ils cette force ? Par la prière, le jeûne et la méditation. Les mahométans de l’Inde sont très fiers des foules qui se pressent pour la prière dans leurs mosquées. Ce sont 100 000 adorateurs de Mahomet qui s’assemblent pour prier dans la mosquée Jumna à Delhi, tandis qu’une foule plus grande encore se presse autour de l’édifice dans le même but. C’est là qu’est produite, générée, “cette force de l’âme”. C’est dans les mosquées de l’Inde, édifices qui sont presque innombrables, où les fidèles se réunissent trois fois par jour pour la prière, que résident les sources cachées de la puissance mahométane. Le musulman croit que la prière est le moyen de conquérir la domination mondiale, et ce qu’il croit, il le met en pratique. Il prie ; et voici, il croit que le Conseil des Nations et les décisions de celui-ci sont en son pouvoir, qu’il les influences à son gré par ce moyen. Quelle leçon pour la chrétienté.

« Et que croient les Hindous ? Comment cultivent-ils la force psychique ? Si les forces mahométanes de l’Inde qui se réunissent pour la prière sont imposantes, celles qui s’assemblent dans les temples aux grandes fêtes hindoues le sont dix fois plus encore. Les Hindous, eux aussi, parlent avec orgueil des centaines de milliers de pèlerins que réunissent leurs grandes fêtes. Le grand festival “Magh” à Allahabad qui a lieu tous les sept ans rassemblent des millions d’adorateurs.

« La prière est l’exercice qui unit les Indiens, Hindous et mahométans, pour une action commune : produire, générer cette force psychique projetée contre l’Occident pour miner son pouvoir et son prestige en Orient. C’est ici la plus grande révolution jamais encore enregistrée dans l’Histoire… »

Dans le livre de Pember intitulé Earth’s Earliest Ages, nous trouvons un passage qui jette quelque lumière sur ce sujet. L’auteur écrit : « Pour développer cette puissance psychique, l’homme doit amener son corps en une dépendance parfaite de l’âme, de telle sorte qu’âme et esprit peuvent s’affranchir et être comme projetés à distance ; il doit vivre sur cette terre comme s’il était déjà désincarné, c’est-à-dire un pur esprit. Celui qui atteint ce degré de puissance est nommé “adepte­­” ; il peut alors lire clairement les pensées des autres. Par sa puissance psychique, il peut aussi agir sur les esprits superficiels, dompter les animaux féroces, dissocier l’âme du corps. Son corps spirituel – sous une forme qui ressemble au corps physique – peut se manifester à des amis éloignés, etc. Des années de discipline, d’entraînement sont nécessaires pour briser le corps, le réduire à l’apathie, l’amener à cette sujétion rêvée où il reste également insensible au plaisir et à la souffrance, à la joie et la douleur… [1]»

Le caractère même de la vie religieuse de l’Indien est bien fait pour développer ces forces psychiques. Car à quoi d’autres pourraient servir ses prières intenses de milliers d’individus ignorant l’Évangile, prière qui se concentre sur un objet ? Elles sont génératrices de ces forces que le prince de ce monde dirige sur le point qu’il veut ébranler.

Les forces de l’âme contre celles de l’esprit ! Ce qui se passe aux Indes peut-il nous intéresser en Europe ? Et en quoi ? En ceci qu’un combat identique se livre dans nos contrées, que nous le sachions ou non, et que ces forces sont au service des puissances invisibles du mal. Qu’est donc cette puissance psychique qui s’élève contre la puissance spirituelle, sinon une force latente en l’homme naturel, laquelle ne procède pas de l’Esprit de Dieu. Et que sont les forces spirituelles (pneuma), sinon la puissance de Dieu Lui-même qui, en tant qu’Esprit, agit par celui qui marche selon l’Esprit et collabore avec Lui, en basant son action sur le sacrifice du Calvaire (comme exemple, lire Apocalypse 8:3, 5).

Il serait utile assurément de s’étendre plus longuement sur ce sujet, et je me propose d’y revenir. Tout récemment, j’ai eu la preuve du mal que peut faire cette force psychique, maniée aveuglément contre des chrétiens spirituels. Une correspondante m’écrit : « Je viens de traverser une douloureuse période de maladie et d’être l’objet d’une terrible attaque de l’ennemi. Je souffrais d’hémorragie, du cœur, de palpitations et d’épuisement. Tout le corps était malade. UN JOUR, TANDIS QUE JE VAQUAIS À LA PRIÈRE, IL ME VINT À L’ESPRIT DE PRIER CONTRE TOUTE FORCE PSYCHIQUE QUI S’EXERCERAIT SUR MOI PAR DES PRIÈRES PSYCHIQUES OU DE TOUT AUTRE MANIÈRE. PAR LA FOI EN LA PUISSANCE DU SANG DE CHRIST, JE ME SÉPARAIS, JE M’AFFRANCHIS DE TOUTE FORCE OCCULTE, ET LES RÉSULTATS FURENT REMARQUABLES. INSTANTANÉMENT, LA RESPIRATION DEVINT NORMALE, L’HÉMORRAGIE CESSA, L’ÉPUISEMENT S’ÉVANOUIT, LA DOULEUR DISPARUT ET LA VIE REVINT EN MOI. Depuis lors, je n’ai cessé de me sentir vivifiée et fortifiée. Or, pour confirmer ma foi, Dieu a permis que j’apprisse depuis comment j’avais été la victime d’un groupe de personnes séduites, lesquelles s’opposaient à moi et priaient contre moi. Dieu a béni mes efforts pour la délivrance de deux d’entre elles, mais les autres sont dans un abîme de ténèbres… »

Le cas ci-dessus n’est pas le seul qui soit venu à notre connaissance durant les mois écoulés. Des faits analogues signalent quels nouveaux dangers assaillent aujourd’hui les chrétiens spirituels, à mesure que s’établissent les conditions de la grande tribulation qui va s’étendre sur toute la terre habitée.

Ces faits démontrent que cette « génération » de force psychique, par le moyen de la prière, est produite surtout par ceux qui sont passés par de grandes expériences dans le domaine spirituel, lorsqu’ils ont, de quelque manière, donné prise sur eux aux esprits mauvais. Ils sont alors possédés d’un esprit d’insistance fanatique, lequel veut imposer aux autres des expériences spirituelles identiques aux leurs. Si les personnes auxquelles ils s’adressent s’y refusent, si ces personnes leur semblent être un obstacle sur le chemin d’autres âmes, ils n’hésiteront pas à diriger contre elles ce qu’ils appellent une prière, pour que le jugement de Dieu les atteigne et les oblige à accepter ce qu’il croit être la vérité.

Or, cette attitude n’est-elle pas identique à celle des disciples, demandant à Jésus l’autorisation de faire tomber le feu du ciel sur la bourgade qui avait refusé de le recevoir ? Et quelle est la réponse de Jésus ? « Vous ne savez pas de quel esprit vous êtes animés ». Dieu n’oblige jamais personne, même lorsque le bien de l’individu est en jeu. La responsabilité de l’homme existe. A lui d’accepter ou de refuser que Dieu le sauve.

Aussi voudrions-nous mettre sérieusement en garde les serviteurs de Dieu (ceux qui souffrent que d’autres chrétiens refusent de partager leurs expériences spirituelles) contre les dangers de ce que nous nommerons « la prière mauvaise ». Qu’ils remettent à Dieu ceux pour lesquels ils prient, mais qu’ils ne s’exposent pas au danger de générer, de produire cette force psychique, en dirigeant contre qui que ce soit la prière mauvaise.

C’est tout récemment que ce sujet s’est imposé à notre attention comme l’un des nouveaux périls de l’heure. Nous comptons que Dieu voudra bien nous donner dans Sa Bonté plus de lumière sur ce sujet pour que nous puissions aider nos compagnons de voyage à éviter les pièges qui se multiplient autour de l’enfant de Dieu. En tout cas, il convient que tous ceux qui s’adonnent à la prière intense veillent à ne pas demander pour d’autres ce qu’ils croient être la volonté de Dieu. Par-dessus tout, qu’ils ne dirigent jamais la prière sur quelqu’un, mais s’adressent à Dieu. Qu’ils veillent à n’exercer aucune pression, aucun contrôle sur le chrétien, pour que celui-ci soit uniquement sous la direction de l’Esprit de Dieu. Demandons au Seigneur qu’Il nous donne la lumière nécessaire sur ce sujet, et nous fasse la grâce de marcher humblement avec Lui, comptant sur Son Saint-Esprit pour nous guider et nous garder des puissances de l’air et des périls de l’heure présente (Ephésiens 6:12).

Donnons encore ici cet extrait de lettre, qui fera mieux comprendre ce contre quoi nous voulons mettre en garde nos lecteurs. Un pasteur m’écrit : « Nous venons d’avoir à X… une convention durant laquelle l’un des orateurs insista en temps et hors de temps pour que ses auditeurs connussent aussi les expériences surnaturelles qu’il avait faites, ce qu’il nommait le chemin de la bénédiction. La prière fut concentrée sur moi dans ce but, et je ne tardai pas à en ressentir les effets ». Cette concentration mauvaise de la pensée, cette force psychique qui prétend obliger les autres à adopter une certaine ligne de conduite, est nécessairement pleine de dangers ; elle est malsaine, mauvaise, et ne peut qu’engendrer de mauvais fruits.

Souvenons-nous que la prière de quiconque est né de l’Esprit procède nécessairement de l’esprit et pas de la pensée. Elle n’est pas une concentration de la pensée sur une personne, non plus sur une chose dont on veut la réalisation, sous le couvert de la prière.

« Seigneur ! Apprends-nous à prier ! Seigneur ! Délivre-nous du Malin ! »

CHAPITRE 2

LES FORCES DE L’ÂME CONTRE CELLES DE L’ESPRIT

ET L’ISSUE MONDIALE DE LA LUTTE

 

J’ai reçu plusieurs lettres au sujet du précédent chapitre, lequel a été publié il y a quelque temps dans le journal « The Overcomer ». Un pasteur écrit qu’il le considère comme venant à son heure, d’autres disent avoir été témoins des expériences décrites, lesquelles manifestent une activité satanique intensifiée qui précipite le monde dans la période de tribulation annoncée par la parole de Dieu. Et on me demande plus de renseignements sur cette force psychique dont les développements actuels entraînent tant de périls pour l’enfant de Dieu.

Pour expliquer en quoi elle consiste, pourquoi elle semble être en recrudescence de nos jours, et l’emploi qu’en fait la puissance des ténèbres dans son dernier assaut contre la Vérité, il faut se reporter aux Écritures et voir ce qu’elles enseignent sur l’âme et l’esprit.

Murray explique clairement ce qu’est l’âme (psukhê) et ce que sont ses relations avec l’esprit et le corps[2]. « L’Homme, dit-il, a un esprit, une âme et un corps. L’esprit est le siège du sentiment de Dieu, l’âme le siège du sentiment de soi, et le corps celui du sentiment du monde. Dieu demeure dans l’esprit (du croyant), le moi (la personnalité) dans l’âme, et les sens dans le corps… »

La distinction à faire entre l’âme et l’esprit est de la plus grande importance, puisque, lorsqu’elle est ignorée, le diable peut séduire et entraîner à l’erreur, même les enfants de Dieu.

Il semblerait qu’en certains passages de la Bible, les mots âme et l’esprit soient employés indifféremment. L’expérience du chrétien qui a atteint la parfaite stature de Christ (lorsque l’esprit a pénétré l’âme à ce point que, pratiquement, ils ne sont plus qu’un) rend compréhensible cet emploi des deux termes.

« Dieu est Esprit, et il faut que ceux qui l’adorent, l’adorent en esprit » déclare le Seigneur. Tout homme a un esprit, bien que celui-ci soit séparé de Dieu depuis la Chute. C’est cet esprit, maintenant enténébré, qui doit briller à nouveau de la lumière d’En-Haut, être régénéré par la Vie de Christ pour qu’il y ait nouvelle naissance, régénération (Jean 3:3). La Chute étant intervenue, il ne peut y avoir d’étincelle divine en l’homme. L’esprit est bien toujours là, mais affaissé, déchu et dans les ténèbres, de sorte qu’il doit être régénéré, naître de nouveaux.

Nous sommes ici au cœur même du sujet, où l’erreur a des conséquences, des répercussions éternelles. Les faits de la Chute et de la nouvelle naissance nécessaire – nouvelle naissance rendue possible par la mort de Christ en faveur du pécheur – ne peuvent être considérés comme points secondaires de doctrine sur lesquels chacun peut opiner librement, accepter ou rejeter. C’est ici que se trouve la ligne de démarcation entre ceux qui sont nés de Dieu et ceux qui ne le sont pas. C’est également là que se trouve le point qui intéresse le plus Satan. C’est ici qu’il suggère tous les mensonges qui ont donné naissance à tous les « ismes » d’ici-bas.

L’âme est le siège du sentiment de soi, de la personnalité. Elle comprend toutes les facultés intellectuelles et morales : la pensée, la volonté, les sentiments, le libre arbitre. « Au moment de la Chute, dit Murray, ce fut l’âme, le moi d’Adam qui fut en jeu. Ce MOI se soumettrait-il à l’esprit, et par lui à la Volonté de Dieu ? Ou bien, céderait-il aux sollicitations du visible ? En se refusant de suivre la loi de l’esprit, l’âme devint l’esclave du corps… » Et c’est parce que l’âme était tombée sous la puissance de la chair que Dieu déclara au sujet de l’homme peu de temps avant d’envoyer les eaux du déluge : « Il n’est que chair ». Désormais, l’âme aussi avec toutes ses facultés étaient devenue charnelle. « Et l’Éternel vit que toute l’imagination des pensées du cœur de l’homme n’était que mauvaise en tout temps. » (Genèse 6:5)

Voilà qui est clair. Chez l’homme naturel, le développement, l’emploi de la force psychique, implique le développement et l’emploi de toutes les facultés de l’âme dans sa condition de déchéance, donc sans Dieu, même si la chose n’est pas apparente. Que ceux qui sont nés de nouveau comprennent bien que la puissance psychique, la force psychique, a sa source dans l’âme, le moi, qu’elle ne procède pas de l’esprit, habitacle du Saint-Esprit. Or, Dieu ne se sert pas des facultés naturelles pour l’accomplissement de Ses desseins, et ce n’est que lorsqu’elles sont régénérées qu’Il peut les employer, et manifester Sa Vie par elles, en Son racheté.

Il est très important de le comprendre, car l’activité de l’âme non régénérée, AVEC SES PUISSANCES D’INTELLIGENCE ET DE VOLONTÉ, fait courir à l’individu et à l’Église les plus grands dangers. Même chez ceux qui se sont donnés à Christ, elle a si longtemps régné qu’ils s’attendent presque inconsciemment à son concours et à ses directions. Le moi est si subtil, si puissant, qu’il s’affirme encore chez celui qui sert le Seigneur. Il refuse de se laisser conduire uniquement par l’Esprit, et les inutiles efforts qu’il fait pour être bon, religieux, pour obéir à la loi divine, s’opposent en définitive à l’action de Dieu et éteignent l’Esprit. De sorte que ce qui avait commencé par l’Esprit dégénère rapidement pour faire place à une confiance uniquement charnelle.

En définitive, ce qui préoccupe notre correspondant c’est la vieille lutte que décrit l’apôtre Paul dans sa lettre au Galates : « La chair qui lutte contre l’Esprit, et l’Esprit contre la chair » (v. 17). Or, « l’entendement charnel » est toujours l’ennemi de Dieu (Romains 8:7, Colossiens 1:21). Il y a toujours antagonisme entre l’esprit et la chair, même lorsque celle-ci se manifeste sous les dehors de l’âme : comme pensée, volonté, choses inhérentes à l’homme naturel. Et nous trouvons dans la lettre au Galates une liste de fruits qu’elle produit : idolâtrie, sorcellerie (magie et tous les arts qui s’y rattachent. Conybeare), les haines, les querelles, les jalousies, les animosités, les disputes, les divisions, les sectes (Galates 5:19), toutes choses qui manifestent que l’âme est toujours dominée par la chair.

Mais nous voulons étudier ici la lutte au point de vue mondial et non plus dans l’expérience individuelle. Est-il exact de dire qu’en dernière analyse la guerre des siècles n’est autre chose qu’une bataille entre les puissances de l’âme (psukhê) et celle de l’esprit (pneuma) ?

Pour nous en rendre compte, nous retournerons au berceau de l’humanité. Essayons de comprendre ce qu’entraîna la Chute du premier homme et quel fut le but de Satan. C’est toujours ce même but qu’il se propose d’atteindre, celui que nous voyons se profiler sur un horizon tout proche. Avons-nous bien compris la portée, la profondeur et tout le tragique de la Chute ? Réalisons-nous que dans son état de perdition et séparé de Dieu, Adam conserva cependant les facultés reçues du Créateur, que celles-ci n’étaient plus accessibles à Dieu puisqu’il s’en était séparé, et qu’elles devenaient la propriété du Séducteur ?

Ce que Satan avait proposé à Eve, le piège doré qu’il lui présentait, c’était une augmentation de puissance et de connaissance. « Vous serez comme des dieux. » (Genèse 3:5) Et c’est bien là ce que se proposait aussi l’Éternel pour l’homme qu’Il venait de créer. Il semble effectivement qu’il y a dans le mot de Genèse 20:26 « demuth », traduit par « ressemblance », la pensée de « devenir comme » ; il implique le devenir. Ce qui indique chez le premier couple créé à l’image de Dieu de merveilleuses, d’extraordinaires potentialités appelées à se développer par un processus aboutissant en dernière analyse à la ressemblance de la créature avec son Créateur[3], pour la puissance et le gouvernement de toutes choses. Et qu’il est douloureux, qu’il est tragique, de penser que Dieu, qui seul pouvait développer harmonieusement l’usage des forces latentes déposées en l’homme, fut rejeté. Celles-ci du même coup devenaient accessibles à l’Ennemi, tombaient en la puissance de l’Adversaire.

Nous ne pouvons suivre à travers les siècles tous les développements de cet aspect particulier de la Chute. Les Écritures y font de fréquentes allusions : déclarations, défenses, lois, châtiments qui prouvent que, de tout temps, Satan sut réveiller ces forces latentes, les amener à l’action et les employer. Tous les siècles ont eu leurs sorciers, leurs nécromanciens, leurs magiciens, etc. dont le pouvoir anormal est lié à celui des puissances du Mal.

Il est réservé au temps de la Fin (qui est le nôtre) de réaliser l’objectif que poursuit Satan depuis les premiers jours de la race : s’emparer du gouvernement mondial. Les Écritures annoncent qu’il y réussira durant une courte période, au moyen d’un instrument, d’un surhomme, qu’il revêtira de force surnaturelle.

Mon correspondant voit donc juste lorsqu’il résume la crise actuelle comme UNE LUTTE DES FORCES DE L’ÂME QUI SE RASSEMBLENT POUR L’ASSAUT DÉFINITIF CONTRE CELLES DE L’ESPRIT. Car ce sont bien les facultés, les forces de l’âme sans Dieu, qui agissent sur le monde, sur l’entendement humain, pour préparer les hommes à accepter la domination de l’Antichrist.

Ceci implique un temps durant lequel Dieu sera exilé de l’univers. Les potentialités déposées en l’homme par le Créateur, et dont le développement devait amener la ressemblance avec Dieu dans ses fonctions de Gouverneur et de Dominateur, vont se développer dans une tout autre direction sous l’influence satanique. De sorte que l’homme, dans sa condition déchue, s’imaginera être comme Dieu. Les spirites affirment déjà que l’homme possède tous les attributs que jusqu’ici on n’accordait qu’à la Divinité. Et il y a plusieurs années que le docteur Grattoir Guinness a écrit « que l’apostasie s’accomplirait au moyen de la créature déchue, prétendant avoir ce qui n’appartient qu’à l’enfant de Dieu, à celui qui a été fait participant de la nature divine… »

Ces lignes jettent une vive lumière sur notre époque. Avec quelle rapidité l’apostasie de la foi n’a-t-elle pas gagné les conducteurs les plus en vue de l’Église professante ! Elle résulte de cette activité psychique mauvaise qui se développe à l’instigation insoupçonnée de l’Ennemi. Le grand thème du jour c’est la psychologie ; on découvre dans ce domaine des forces psychiques jusqu’ici ignorées. Et la pensée de l’homme est à ce point absorbée qu’il est positivement conduit çà et là par divers courants de doctrine, et sûrement attiré par l’erreur (Ephésiens 4:14). Il ne se doute pas qu’il aide ainsi à l’accomplissement du plan satanique qui donnera la domination mondiale au grand Ennemi de la race.

Nous ne pouvons démontrer ici que l’Adversaire – qui est un stratège de première force – a fait le siège 1° des hommes de sciences, 2° des hommes d’affaires, 3° des ecclésiastiques, et a conquis ceux-ci les uns après les autres. Comment ? En les amenant à étudier les phénomènes naturels classés sous l’étiquette de « sciences psychiques ». Un auteur qui a étudié les prophètes a dressé une liste de quelques-unes de ces découvertes psychiques[4]. Plusieurs autres pourraient y être ajoutées, contrefaçons psychiques de la vie divine dans l’esprit de l’homme, lesquelles frappent tous ceux qui connaissent cette vie. Et c’est le développement et l’emploi de ces puissances psychiques qui sont un danger pour les chrétiens spirituels, s’ils ignorent les forces latentes de l’organisme humain.



[1] Ces quelques lignes de Pember nous indiquent, peut-être, l’origine de quelques-unes des expériences du Sadhou. Avant sa conversion, Sundar Singh s’était initié aux méthodes de prière de sa nation.

[2] Relire la première partie de cette étude (L’âme : ses fonctions, la Chute).

[3] E. Mac Hardie.

[4] E. Mac Hardie : L’Apostasie.

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