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Un peu de lumière dans les ténèbres!

By 21 juillet 2014août 10th, 2014Lève-toi !

REPORTAGE. « A Sarcelles, il y avait des Arabes et des Africains dans la synagogue qui sont venus nous aider »

La grande synagogue de Sarcelles (Erez Lichtfeld)

Hier les Sarcellois ont joué l’union sacrée face aux émeutiers. Sur place, de nombreuses personnes témoignent de la solidarité des jeunes, et moins jeunes, issus de l’immigration africaine et maghrébine, envers la population juive locale. Dans la rue, et même dans la synagogue.

« La prochaine fois, ils nous ont dit qu’ils viendraient se battre avec nous, parce que les CRS n’ont pas fait la différence entre eux et les casseurs » explique un adolescent juif, hier face aux émeutiers, aujourd’hui entouré de quelques amis devant la Grande synagogue de Sarcelles.Eux, ce sont les « Arabes » des cités voisines dont il égrène les prénoms en montrant du doigt le lieu d’habitation, ou bien la scène où la veille, son camarade s’est livré à quelques actes héroïques, contre les émeutiers venus en nombre attaquer la synagogue de Sarcelles.

Forte présence de « Turcs »

Devant notre étonnement, l’adolescent explique : « on a grandi ensemble, qu’est ce que vous voulez, c’est comme ça. Et puis ils n’ont pas aimé que des types viennent d’en dehors de Sarcelles pour tout casser. Mais leur problème c’est que les flics ne font pas la différence entre eux et les casseurs, alors la prochaine fois, ils veulent venir avec nous, derrière les CRS ! ». Hier, leurs voisins sont venus les prévenir de l’avancée des émeutiers et, étrangement, leur ont signalé une forte présence de « Turcs », peut-être chauffés à blanc par le discours provocateur d’Erdogan comparant l’opération israélienne au massacre nazi.Dans un supermarché casher à deux mètres du Naouri incendié, flotte encore une odeur de charbon et de fumée. Les rayons sont vides de clients. Devant la caisse un homme d’origine africaine à la carrure très imposante monte la garde. « J’ai une société de sécurité, explique-t-il. Avant nous travaillions ici. Dès que j’ai vu ce qui s’est passé, je suis revenu à titre personnel, pour protéger mes amis » affirme-t-il en montrant du menton les caissiers. « Nous, nous sommes tous nés après la guerre, et nous avons grandi ensemble. Ces affaires là ne nous concernent pas », ajoute-il en évoquant sans y toucher le conflit israélo-palestinien.

L’alyah sur toutes les lèvres

L’union des Sarcellois s’est jouée jusque dans la synagogue où, affirme un responsable de la sécurité, « Arabes  et noirs sont venus nous prêter main forte » au cas les casseurs arriveraient à pénétrer dans l’édifice. L’esprit de village de Sarcelles est donc loin d’être un simple mythe.

Mais cette solidarité n’empêche pas la quasi-totalité des personnes que nous avons croisées d’envisager, à court ou moyen terme, un départ rapide de France.

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