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RETOUR AU PAYS

 

 

En venant de Lod Ben Gourion je regarde défiler les jeunes arbres

qui branlent un peu sous le vent.

 

Jeunes pousses, le Khamsin et la poussière brune vous environnent  de silence

et vous enturbannent d’étrange amnésie.

 

Tout semble soudain vous ravir au regard du passant.

Tout semble vouloir vous éloigner, vous oublier.

 

Je songe alors aux jeunes vies tombées ici dans des combats redoutables et coûteux.

Le prix du sang…

Jeunes existences décapitées, cyprès étêtés.

La beauté de jeunes vies perdues à jamais.

 

Mais le khamsin doux et menteur, le vent voleur de mémoire,

le châle des illusions s’enfuit soudain à l’horizon

comme bu par une nouvelle réalité, brutale, imminente.

Quelque chose de « Tagadang ! » qui tonne derrière le décor.

Mais quoi ? et qu’est-ce ?

Et que nous vole-t-on ?

 

Et que nous vole-t-on depuis Oslo ?

Main de fer dans un gant de poussière.

Khamsin de toutes les illusions.

Pleurez jeunes vies.

 Pleure mon pays bien–aimé.

 

Mais viens et lève l’œil, ton œil. Et vois car IL vient, LUI,

et la sève de chaque cyprès bouillonnera alors,

printemps éternel, volcans de joie,

en s’exaltant à l’unisson du cosmos apaisé.

Haïm Goël

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